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Ferdinand Ier, d'Aragon

Ferdinand ou Fernando I,  le Juste,  est un roi d'Aragon et de Sicile, né en 1373, et mort le 2 avril 1416. Il était le second fils du roi de Castille, Juan Ier, et de Leonor d'Aragon. A la mort de son frère aîné, Enrique III le Maladif (25 décembre 1407), il refusa la couronne, mais fut chargé de la tutelle de son neveu, Juan II, avec la reine mère doña Catalina. Ferdinand repoussa partout les incursions des Maures grenadins, prit Zahara (1407), ravagea le pays jusqu'à Malaga, vainquit les Musulmans auprès d'Antequera, leur tua 15,000 hommes, assiégea la ville et s'en empara (1110). C'est à cette occasion que l'infant prit le nom de Ferdinand d'Antequera. Le roi de Grenade vaincu fit la paix avec la Castille. 

A la mort de Martin d'Aragon, en qui finit la maison de Barcelone (1410), les Aragonais offrirent le trône à l'infant de Castille, attirés par son grand renom de vaillance et de justice. Les neuf arbitres, nommés par les trois Etats, Aragon, Catalogne et Valence, se réunirent au château de Caspe, et, après avoir entendu les envoyés des divers prétendants et discuté leurs droits, se prononcèrent en faveur de Ferdinand d'Antequera. Son élection fut annoncée au peuple assemblé par le dominicain San Vicente Ferrer (1412). Un seul des compétiteurs refusa de reconnaître la décision des trois Etats, Jayme II, comte d'Urgel, qui n'avait obtenu que deux voix seulement. Vaincu dans plusieurs rencontres, assiégé dans Balaguer, il dut se rendre à merci (1413) et mourut prisonnier au château de Jàtiva. Ses terres étaient confisquées par le roi. 

Ferdinand victorieux fut couronné à Saragosse (11 février 1414) et gouverna sagement. Blanca de Navarre, régente de Sicile, avait été chassée de Palerme par Bernardo Caprera dont elle avait refusé la main; le roi d'Aragon intervint, la rétablit; Caprera fut banni de Sicile et forcé d'aller se justifier en Espagne. Jusqu'au concile de Constance, l'Aragon avait reconnu Benoît XIII (Alvaro de Luna), le pape d'Avignon, mais, après la déposition de Jean XXIII et l'abdication de Grégoire XII, Ferdinand l'abandonna. Il avait été le visiter dans Perpignan en même temps que l'empereur d'Allemagne, Sigismond, espérant obtenir de lui une renonciation qui devait mettre fin au schisme et rendre la paix à l'Eglise. Benoît XIII fut intraitable et le menaça de la colère divine, après quoi il s'enferma dans sa forteresse de Peñiscola. 

Ferdinand mourut au retour de cette entrevue, à Igualada, près de Barcelone, au moment où il allait partir pour la Castille et chercher à la détourner de l'obéissance qu'elle avait encore pour le pape d'Avignon. Ferdinand laissait quatre fils de sa femme Leonor d'Albuquerque, dont deux régnèrent, Alonso V le Magnanime qui lui succéda, et Juan II, d'abord roi de Navarre par son mariage avec la reine Blanca, puis roi d'Aragon, après la mort de son frère aîné. 

Du temps qu'il n'était qu'infant de Castille, Ferdinand avait institué, à Medina del Campo, le jour de l'Ascension 1403, un ordre de chevalerie, l'ordre du Vase des Lis, en l'honneur de la Vierge Marie. Cet ordre était destiné à défendre la religion chrétienne contre les infidèles. (Lucien Dollfus).

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Dictionnaire biographique
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