.
-

Histoire du Venezuela

Le Venezuela précolombien

Premiers habitants.
Les premières traces de peuplement au Venezuela remontent à environ 15 000 ans. Ces premiers habitants étaient des chasseurs-cueilleurs nomades qui se sont progressivement installés dans différentes régions du pays.

Cultures précolombiennes.
Arawaks.
Principalement situ√©s dans les r√©gions c√īti√®res et les plaines, les Arawaks √©taient des agriculteurs s√©dentaires. Ils cultivaient du ma√Įs, du manioc et d'autres plantes. Ils √©taient √©galement connus pour leurs comp√©tences en poterie et en tissage.

Caribes.
Originaires des √ģles des Cara√Įbes et des r√©gions c√īti√®res du Venezuela, les Caribes √©taient des guerriers redout√©s. Ils √©taient connus pour leurs raids et leur expansion dans d'autres territoires. Les Caribes √©taient semi-nomades et se d√©pla√ßaient fr√©quemment √† la recherche de nouvelles terres.

Timoto-Cuicas.
Situ√©s dans les Andes v√©n√©zu√©liennes, les Timoto-Cuicas √©taient des agriculteurs s√©dentaires vivant dans des villages fortifi√©s. Ils ma√ģtrisaient l'irrigation et construisaient des terrasses pour cultiver leurs terres montagneuses. Ils avaient √©galement un syst√®me social complexe avec des chefs et des pr√™tres.

Waraos.
Habitant le delta de l'Orénoque, les Waraos étaient des pêcheurs et des chasseurs-cueilleurs. Ils construisaient leurs maisons sur pilotis pour s'adapter aux conditions marécageuses de leur environnement. Leur mode de vie était étroitement lié aux ressources fluviales.

Culture sociale et matérielle.
Les structures sociales et politiques variaient d'un groupe à l'autre. Certains groupes, comme les Timoto-Cuicas, avaient des systèmes hiérarchiques avec des chefs et des prêtres, tandis que d'autres, comme les Arawaks, avaient des structures plus égalitaires.

Les économies étaient basées sur l'agriculture, la pêche, la chasse et la cueillette. Le commerce entre les différents groupes indigènes était courant, ce qui permettait l'échange de produits tels que la poterie, les textiles, les outils et les denrées alimentaires.

La poterie, les textiles, la sculpture sur bois et les bijoux étaient courants et souvent décorés de motifs symboliques. Les objets d'artisanat servaient non seulement à des fins utilitaires mais aussi à des fins cérémonielles et commerciales.

Le Venezuela de l'arrivée des Espagnols à 1900

Atteint par Christophe Colomb en 1498, le Venezuela fut explor√© l'ann√©e suivante par Ojeda et Amerigo Vespucci. Son nom de "Petite Venise" lui vient des habitations lacustres des Indiens du Maraca√Įbo. En 1527, Juan de Ampuez fonda Coro, mais Charles-Quint inf√©oda le pays, pour vingt ans, √† des banquiers d'Augsbourg, les Weltzen, qui ne firent que l'exploiter. En 1547, Juan Perez de Tolosa r√©tablit au Venezuela l'autorit√© de la couronne; la conqu√™te s'acheva, les premi√®res villes se fond√®rent. Au XVIIe si√®cle, le flibustier l'Olonais (David Nau) ravagea Maraca√Įbo. Au XVIIIe si√®cle, la colonie prit, quelque importance, gr√Ęce √† la culture et au commerce du cacao, foment√©s par la Compagnie guipuzcoane de Caracas (1728-1765). Erig√© en capitainerie g√©n√©rale en 1777, pourvu d'une audience en 1786, le Venezuela, apr√®s plusieurs tentatives infructueuses (1797-1806), se souleva en 1810 contre les Espagnols, et le capitaine g√©n√©ral dut remettre ses pouvoirs √† une junte insurrectionnelle. Les provinces firent cause commune avec la capitale. Le 5 juillet 1811, un congr√®s proclama l'ind√©pendance du Venezuela.
-
Simon Bolivar.
Simon Bolivar (Statue √©questre, √† Paris). ¬© Photo : Serge Jodra, 2010.

En 1812, les Espagnols, command√©s par Monteverde, reprirent l'offensive et forc√®rent le vieux g√©n√©ral Miranda √† d√©poser les armes. En 1813, une arm√©e n√©o-grenadine (Histoire de la Colombie), conduite par Simon Bolivar, battit les Espagnols √† Valencia et entra, au mois d'ao√Ľt, √† Caracas. Monteverde, r√©fugi√© √† Puerto Cabello, en ressortit en 1815, pour reconqu√©rir presque tout le pays. D√®s 1817, Bolivar rentrait en sc√®ne. Le 10 mai 1819, le congr√®s proclamait √† nouveau l'ind√©pendance du Venezuela, et, quelques mois plus tard, la r√©publique s'unissait √† la Nouvelle-Grenade, sous le nom de Colombie. La victoire de Carabobo (1821) consomma la d√©faite de l'Espagne. Bolivar, partisan de la f√©d√©ration des Etats am√©ricains, ne put faire pr√©valoir ses id√©es au congr√®s de Panama (1826) et, d√®s 1830, le Venezuela se s√©para de la Nouvelle-Grenade.

Il fut d'abord gouvern√© par le parti oligarchique, form√© de riches cr√©oles. Paez, Vergas et Soublette se partag√®rent la pr√©sidence (1830-1815). A l'expiration de la pr√©sidence de Soublette, un parti plus d√©mocratique, suscit√© par un journaliste, Leocadio Guzman, pr√©tendit s'emparer du pouvoir. Paez lui opposa la force et fit donner la pr√©sidence √† un conservateur, Tadeo Monagas; mais ce dernier ne supporta pas longtemps la tutelle de Paez, le frappa d'exil (1850) et gouverna avec les d√©mocrates. La pr√©sidence de son fr√®re Gregorio fut d√©sastreuse : la concussion envahit les services publics, des difficult√©s financi√®res s'√©lev√®rent avec l'√©tranger, un tremblement de terre ruina Cumana, l'abolition de l'esclavage m√©contenta les propri√©taires. Tadeo Monagas, r√©√©lu en 1855, ne put r√©tablir la confiance et dut se d√©mettre (1858). 

De 1855 √† 1870, unitaires et f√©d√©ralistes se firent une guerre sans rel√Ęche. Paez reparut sur la sc√®ne et dut abdiquer d√©finitivement le pouvoir, le 15 juin 1863. Son successeur, le f√©d√©raliste Falcon, se maintint pendant quatre ans et fut renvers√© √† son tour par l'unitaire Tadeo Monagas (1867). D√®s le mois d'ao√Ľt 1869, les lib√©raux reprirent l'offensive et rentr√®rent √† Caracas le 28 avril 1870. Le vainqueur √©tait le fils de Leocadio Guzman, le g√©n√©ral Guzman Blanco, homme intelligent et ferme, qui, en deux ans, r√©prima les derniers soul√®vements du parti vaincu et donna au Venezuela vingt ans de tranquillit√© et de prosp√©rit√© √©conomique. 

A Blanco et √† ses amis succ√©da, en 1890, un alcoolique, le Dr Palacio, et, d√®s 1892, le d√©sordre reparaissait dans les finances et l'anarchie dans l'Etat. Apr√®s une lutte terrible, le g√©n√©ral Crespo r√©ussit √† chasser Palacio et resta au pouvoir jusqu'en 1897; la r√©publique fut menac√©e de perdre le delta de l'Or√©noque, revendiqu√© par l'Angleterre; une intervention du pr√©sident des Etats-Unis, Cleveland, d√©cida la Grande-Bretagne √† accepter l'arbitrage de la Russie. Les relations diplomatiques du Venezuela avec l'Angleterre, rompues depuis plusieurs ann√©es, furent r√©tablies le 19 mars 1897. Les ratifications d'un trait√© de fronti√®res entre les deux pays furent √©chang√©es √† Washington (14 juin). Le successeur de Crespo, le g√©n√©ral Andrade, ne suit pas triompher des difficult√©s r√©sultant des fautes politiques et des erreurs √©conomiques commises avant lui. En septembre 1899, une nouvelle r√©volution porta √† la pr√©sidence le g√©n√©ral Cipriano Castro, dont l'administration allait √™tre d√©sastreuse pour le pays. L'arbitrage russe rendit le delta de l'Or√©noque au Venezuela, mais l'anarchie politique fut bient√īt √† son comble; une crise terrible s√©vit sur l'exportation du caf√© et du b√©tail, le service de la dette fut suspendu, une nouvelle constitution r√©tablit le f√©d√©ralisme; le Venezuela, d√©chir√© par la guerre civile, rompit avec la Colombie et sa marine dans un conflit avec l'Angleterre et l'Allemagne.

En 1900, les directeurs de la Banque de Caracas et de la Banque du Venezuela sont arr√™t√©s et emprisonn√©s √† Maraca√Įbo avec d'autres n√©gociants notables; le commerce est paralys√© En mars, un parti de rebelles est dispers√© pr√®s de Ciudad Bolivar, et l'agent consulaire anglais √©tait assassin√©. En juillet, la paix est officiellement proclam√©e, les prisonniers rel√Ęch√©s; trois mois apr√®s, tous droits sont abolis sur les marchandises anglaises import√©es.

Le 29 octobre, un tremblement de terre cause de grands dommages à Caracas. Le président Cipriano Castro se casse la jambe en sautant du second étage du palais du gouvernement. Pendant toute l'année 1901, le Venezuela est, comme la Colombie, dans une situation troublée. Le président Castro, issu d'un mouvement révolutionnaire, passe pour nourrir l'ambitieux projet de reconstituer en un seul Etat le Venezuela, la Colombie et l'Equateur; de là des révoltes intérieures, des accusations réciproques. LeVenezuela est accusé d'envahir la Colombie, la Colombie le Venezuela; des rencontres à main armée s'ensuivent.

Ces difficult√©s int√©rieures ne suffirent pas √† occuper l'activit√© du pr√©sident Castro, qui en suscita comme √† plaisir avec plusieurs autres puissances. En 1901, l'Allemagne se plaignait des mauvais traitements inflig√©s √† un de ses nationaux et de l'inex√©cution par le Venezuela de ses obligations envers des banquiers allemands. Les Etats-Unis, l'Angleterre, la France et l'Italie formulaient des r√©clamations analogues. Il en r√©sulte, en 1902, une action conjointe des marines anglaise et allemande en vue du blocus des c√ītes v√©n√©zu√©liennes. Les ministres des deux puissances √† Caracas pr√©sentent un ultimatum, se rendent √† La Guayra et s'embarquent sur des croiseurs de leur pays. Le pr√©sident Castro n'ayant pas r√©pondu, quatre navires v√©n√©zu√©liens sont saisis dans le port; le pr√©sident veut emprisonner des Anglais et des Allemands que le ministre des Etats-Unis fait remettre en libert√©.

Le 13 décembre, Cipriano Castro demandait à Washington de proposer un arbitrage à l'Angleterre et à l'Allemagne. Les Etats-Unis et l'Italie avaient envoyé aussi des navires devant La Guayra, la France se tenant en dehors du conflit par suite d'une convention d'arbitrage intervenue dès le mois de février (1902) entre Paris et Caracas. L'Angleterre et l'Allemagne acceptaient la proposition de Castro, à la condition que le président Théodore Roosevelt fut l'arbitre, mais celui-ci proposa le recours au tribunal de La Haye, ce qui fut accepté. Le blocus fut levé le 13 février (1903), après la signature d'une convention des puissances avec Bowen, ambassadeur des Etats-Unis à Caracas, à qui Castro avait confié ses intérêts. Le Venezuela cédait 30% des produits mensuels des douanes de La Guayra et de Puerto Cabello; de nouveaux arrangements donnaient satisfaction aux porteurs de titres; un traité de commerce et d'amitié était conclu, le blocus levé et les relations rétablies. Les réclamations des puissances, formellement présentées en septembre (1903), s'élevaient, pour les Etats-Unis, à 10 900 000 dollars, pour la Grande-Bretagne à 2 500 000, pour la France à 16 040 000, pour l'Italie à 9 300 000, pour l'Allemagne à 1 417 300, pour la Belgique à 3 003 000, pour l'Espagne à 600 000, pour le Mexique à 500 000, pour la Hollande à 1 048 500, pour la Suède à 200 000. Le tribunal de La Haye accorda aux puissances bloquantes le droit de priorité qu'elles réclamaient sur les 30% des recettes de douanes pour le paiement de leurs créances.

Mais Castro ne prit aucun souci des engagements acceptés et des signatures données. Il soulèva au contraire de nouvelles difficultés avec les puissances, les unes après les autres, les Etats-Unis y compris. Le 29 décembre 1904, les Etats-Unis, à la demande des représentants de l'Italie et de l'Allemagne, adressèrent à Caracas une sorte d'ultimatum; un délai de soixante jours était fixé au président Castro pour exécuter le protocole de 1903, faute de quoi une flotte s'emparerait des douanes des ports de La Guayra, Puerto-Cabello et Maracaibo. L'Angleterre fit parvenir à Caracas une note du même genre.

Le 20 janvier 1905, Castro rompit les n√©gociations non seulement avec Bowen, repr√©sentant des Etats-Unis √† Caracas, mais avec les repr√©sentants des puissances europ√©ennes qui pr√©sentaient des revendications analogues √† celles des Etats-Unis. Il s'attaque notamment √† la Compagnie fran√ßaise des c√Ębles, qu'il accuse de ne s'√™tre pas conform√©e aux clauses de son contrat de concession et d'avoir, en outre, favoris√© les communications du chef insurrectionnel Matos. Il fiit fermer les bureaux de la Compagnie et expulser le directeur. En m√™me temps, il refusait tous rapports officiels avec Taigny, le charg√© d'affaires de France, sous pr√©texte que celui-ci avait adress√© au gouvernement de Caracas une note insultante.

Le 14 janvier 1906, comme Taigny, chargé d'affaires de France à Caracas, s'était rendu à bord du navire français la Martinique pour y prendre le courrier de la légation, dans le port de La Guayra, défense lui fut faite de débarquer par les autorités vénézuéliennes, sous prétexte qu'il ne pouvait quitter sans permission officielle le territoire vénézuélien. Au reçu de cette nouvelle, le ministre français des affaires étrangères fit remettre ses passeports à Maubourguet, chargé d'affaires du Venezuela à Paris, en l'invitant à quitter dans les vingt-quatre heures le territoire français. Taigny rentre en France par Washington. Le président Castro augmente les garnisons et les munitions dans les ports. Le ambassadeur du Brésil, doyen du corps diplomatique, proteste contre le traitement infligé à Taigny, attendu qu'un agent diplomatique ne peut perdre ce caractère par le seul fait de la rupture des relations, sans que les formalités ordinaires aient été remplies. Taigny avait donc le droit de se rendre sans permission légale à bord de la Martinique. (NLI).

Le XXe siècle

Pendant la majeure partie de la premi√®re moiti√© du XXe si√®cle, le Venezuela a √©t√© gouvern√© par des hommes forts militaires qui ont promu l'industrie p√©troli√®re et permis certaines r√©formes sociales. Les gouvernements d√©mocratiquement √©lus dominent depuis 1959, bien que la r√©√©lection en 2018 de l'actuel pr√©sident contest√© Nicolas Maduro lors d'une √©lection boycott√©e par la plupart des partis d'opposition ait √©t√© largement consid√©r√©e comme frauduleuse. 

La dictature de Juan Vicente Gómez.
Dans les premiers jours d'avril 1906, le président Castro remit sa démission temporaire, laissant les fonctions au vice-président Gomez. Gómez gouvernera de manière autoritaire jusqu'à sa mort en 1935. Malgré son régime dictatorial, Gómez apporte une certaine stabilité politique et économique au pays. Il développe les infrastructures, comme les routes et les télécommunications, et encourage les investissements étrangers, notamment dans le secteur pétrolier. La découverte de vastes réserves de pétrole au Venezuela dans les années 1920 transforme l'économie du pays. Les entreprises pétrolières étrangères, principalement américaines, commencent à exploiter ces ressources, faisant du Venezuela un des principaux producteurs de pétrole au monde.

Transition et réformes.
Apr√®s la mort de G√≥mez en 1935, le Venezuela traverse une p√©riode de transition. Plusieurs pr√©sidents se succ√®dent, essayant de r√©former le pays. √Čl√©azar L√≥pez Contreras, successeur de G√≥mez, initie des r√©formes pour moderniser l'administration et ouvrir le pays politiquement. Il r√©duit la r√©pression et encourage la participation politique. √Člu en 1941, Isa√≠as Medina Angarita poursuit les r√©formes entam√©es par L√≥pez Contreras. Son gouvernement est marqu√© par l'adoption de lois favorisant le d√©veloppement social et √©conomique, ainsi que par l'am√©lioration des relations avec les √Čtats-Unis.

La Révolution d'octobre et le gouvernement démocratique
En octobre 1945, un coup d'√Čtat men√© par des jeunes officiers et des membres du parti Acci√≥n Democr√°tica (AD) renverse Medina Angarita. Ce mouvement est connu sous le nom de R√©volution d'octobre. Leader d'Acci√≥n Democr√°tica, R√≥mulo Betancourt devient chef du gouvernement provisoire. Son administration met en place des r√©formes importantes, telles que l'√©largissement du droit de vote et la promulgation d'une nouvelle constitution en 1947. Les premi√®res √©lections pr√©sidentielles d√©mocratiques ont lieu la m√™me ann√©e, et R√≥mulo Gallegos, un c√©l√®bre √©crivain et membre d'AD, est √©lu pr√©sident.

Le retour à la dictature.
En novembre 1948, un nouveau coup d'√Čtat militaire renverse le gouvernement d√©mocratique de Gallegos. Le g√©n√©ral Marcos P√©rez Jim√©nez devient le chef de facto du pays. P√©rez Jim√©nez instaure un r√©gime militaire autoritaire, marquant la fin de l'exp√©rience d√©mocratique initi√©e par Acci√≥n Democr√°tica. Marcos P√©rez Jim√©nez devient officiellement pr√©sident en 1952 apr√®s des √©lections truqu√©es. Il instaure un r√©gime dictatorial caract√©ris√© par la r√©pression politique, la censure et la corruption. P√©rez Jim√©nez m√®ne cependant des projets ambitieux de modernisation et de d√©veloppement des infrastructures, financ√©s par les revenus p√©troliers. Le pays conna√ģt une croissance √©conomique importante, mais au prix d'une grande in√©galit√© sociale. En janvier 1958, une r√©volte populaire et un soul√®vement militaire forcent P√©rez Jim√©nez √† fuir le pays. Il s'exile en R√©publique dominicaine.

Le Pacto de puntofijo.
Apr√®s la chute de P√©rez Jim√©nez, les principaux partis politiques (Acci√≥n Democr√°tica, COPEI et URD) signent le Pacto de puntofijo, un accord pour garantir la stabilit√© d√©mocratique et partager le pouvoir. √Člu en 1958, R√≥mulo Betancourt met en place des r√©formes pour stabiliser la d√©mocratie et r√©duire l'influence militaire. Son gouvernement se concentre sur la diversification √©conomique et la redistribution des richesses. Dans les ann√©es 1960, le Venezuela fait aussi face √† des mouvements de gu√©rilla influenc√©s par la R√©volution cubaine, mais le gouvernement parvient √† les contenir.

D√©mocratie et p√©trole. 
En 1969, Rafael Caldera du COPEI (Comit√© de Organizaci√≥n Pol√≠tica Electoral Independiente, de centre droit) est √©lu pr√©sident, marquant la premi√®re transition d√©mocratique pacifique de l'histoire du Venezuela. Il continue les politiques de ses pr√©d√©cesseurs et accorde une amnistie aux gu√©rilleros. Dans les ann√©es 1970, sous la pr√©sidence de Carlos Andr√©s P√©rez (AD), le Venezuela b√©n√©ficie d'un boom p√©trolier gr√Ęce √† la nationalisation de l'industrie p√©troli√®re en 1976. Le pays conna√ģt une prosp√©rit√© √©conomique sans pr√©c√©dent. Mais dans les ann√©es 1980, la chute des prix du p√©trole provoque une crise √©conomique s√©v√®re. Le gouvernement de Luis Herrera Campins (COPEI) et son successeur, Jaime Lusinchi (AD), doivent faire face √† une dette ext√©rieure croissante et √† une inflation galopante.

Montée de l'instabilité.
En f√©vrier 1989, une s√©rie de manifestations et d'√©meutes, connues sous le nom de Caracazo, √©clatent √† Caracas en r√©ponse aux mesures d'aust√©rit√© impos√©es par Carlos Andr√©s P√©rez lors de son second mandat. La r√©pression des manifestations fait des centaines, voire des milliers de morts. En 1992, deux tentatives de coup d'√Čtat sont men√©es par des militaires, dont un jeune lieutenant-colonel nomm√© Hugo Ch√°vez. Bien que ces tentatives √©chouent, elles r√©v√®lent un profond m√©contentement au sein de la population. En 1993, Carlos Andr√©s P√©rez est destitu√© pour corruption. Rafael Caldera revient au pouvoir en 1994 dans un contexte de crise √©conomique et politique.

L'ascension de Hugo Ch√°vez.
En d√©cembre 1998, Hugo Ch√°vez est √©lu pr√©sident avec un programme de r√©forme radicale et de redistribution des richesses. Son √©lection marque un tournant dans la politique v√©n√©zu√©lienne. Ch√°vez organise un r√©f√©rendum pour adopter une nouvelle constitution, qui est approuv√©e en d√©cembre 1999. Cette constitution refonde la R√©publique en tant que R√©publique bolivarienne du Venezuela et accro√ģt les pouvoirs pr√©sidentiels.

Le début du XXIe siècle

La présidence de Chávez.
Hugo Ch√°vez, √©lu en 1998, continue √† renforcer son pouvoir et √† mettre en oeuvre des politiques socialistes sous le nom de R√©volution bolivarienne. Il est r√©√©lu en 2000 sous la nouvelle constitution et entreprend des r√©formes pour nationaliser des industries cl√©s, notamment le secteur p√©trolier. En avril 2002, Ch√°vez est bri√®vement renvers√© par un coup d'√Čtat militaire soutenu par des factions de l'opposition et des secteurs √©conomiques. Cependant, il est r√©tabli au pouvoir deux jours plus tard gr√Ęce √† la mobilisation populaire et √† la loyaut√© de certains segments de l'arm√©e.

Ch√°vez lance de nombreux programmes sociaux appel√©s misiones pour combattre l'analphab√©tisme, am√©liorer les soins de sant√© et r√©duire la pauvret√©. Il utilise les revenus p√©troliers pour financer ces initiatives. Il sera r√©√©lu en 2006 avec une large majorit√©. Son gouvernement continue √† renforcer le contr√īle de l'√Čtat sur l'√©conomie et √† approfondir les relations avec d'autres pays d'Am√©rique latine sous des gouvernements de gauche. Mais, malgr√© les programmes sociaux, la gestion √©conomique commence √† montrer des faiblesses avec des taux d'inflation √©lev√©s, des p√©nuries de biens de consommation et une d√©pendance excessive aux exportations p√©troli√®res. En 2013, Hugo Ch√°vez meurt d'un cancer. Son d√©c√®s marque la fin d'une √®re et laisse un h√©ritage controvers√©.

La présidence de Maduro.
Nicolás Maduro, ancien vice-président de Chávez, lui succède et remporte l'élection présidentielle de 2013. Son mandat est marqué par une crise économique de plus en plus profonde. La chute des prix du pétrole à partir de 2014 exacerbe la crise économique. Le Venezuela fait face à une hyperinflation, des pénuries de nourriture et de médicaments, et une chute brutale de la production économique.

L'opposition remporte les √©lections l√©gislatives de 2015, ce qui m√®ne √† des tensions accrues entre l'Assembl√©e nationale et le gouvernement de Maduro. Le pr√©sident de cette assembl√©e, Juan Guaido, va √™tre reconnu par plusieurs pays (dont les √Čtats-Unis) comme pr√©sident par int√©rim du Venezuela. Mais en 2017, Maduro cr√©e une Assembl√©e constituante domin√©e par ses partisans, r√©duisant le pouvoir de l'Assembl√©e nationale. De grandes vagues de protestations contre le gouvernement √©clatent en 2014, 2017 et 2019, souvent r√©prim√©es violemment par les forces de s√©curit√©. La d√©t√©rioration des conditions de vie a pouss√© plus de 6 millions de V√©n√©zu√©liens √† migrer. Ils se sont install√©s principalement dans les pays voisins. Les √Čtats-Unis ont impos√© des sanctions financi√®res et sectorielles au r√©gime Maduro depuis 2017. 

Adaptations.
Caracas a depuis assoupli certains contr√īles √©conomiques pour att√©nuer l'impact de sa crise √©conomique, par exemple en autorisant une plus grande flexibilit√© des devises et des importations pour les particuliers et les entreprises. Mais la pand√©mie de covid-19, √† partir de 2020, aggrave encore la situation √©conomique et humanitaire. Le syst√®me de sant√©, d√©j√† affaibli, est mis √† rude √©preuve. Les √©lections parlementaires de 2020, boycott√©es par l'opposition principale et critiqu√©es par la communaut√© internationale pour des irr√©gularit√©s, renforcent le contr√īle de Maduro sur le gouvernement. Des tentatives de n√©gociations entre le gouvernement et certaines factions de l'opposition ont lieu sporadiquement, mais avec peu de r√©sultats concrets. Le Venezuela continue de faire face √† des d√©fis √©conomiques et humanitaires s√©v√®res, avec une population qui souffre de pauvret√© g√©n√©ralis√©e, de manque de services de base et de droits humains restreints. Maduro reste au pouvoir malgr√© la pression nationale et internationale. Les violations des droits humains, les crimes violents end√©miques et la corruption font partie des probl√®mes actuels du pays. 

.


[Histoire politique][Biographies][CartothŤque]
[Aide][Recherche sur Internet]

¬© Serge Jodra, 2007 - 2024. - Reproduction interdite.