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Sonnet,
petite pièce de vers composée de deux quatrains, sur deux
rimes, et de deux tercets, sur d'autres rimes. Boileau,
dans son Art poétique, en a tracé les règles.
Il paraît certain que le sonnet remonte au temps des trouvères,
bien que Pétrarque passe pour en être
l'inventeur : mais le sonnet, à cette époque, n'était
qu'une pièce de vers en stances ou coblas, qu'on accompagnait au
son d'un instrument. Le véritable sonnet, dont la forme poétique
est due peut-être à l'influence des Arabes, n'apparaît
en Sicile qu'au XIIIe siècle : ce
n'est qu'au XVIe que nos poètes,
Mellin de Saint-Gelais, Joachim Du Bellay et Pontus
de Tyard, l'empruntèrent aux Italiens. La règle à
laquelle ont toujours cru devoir s'astreindre les poètes italiens,
de terminer le sonnet par un trait brillant, est peut-être une des
causes de ces concetti qu'on leur reproche. En France, le sonnet ne fut
dans toute sa vogue que sous Louis XIII et
au commencement du règne de Louis XIV.
Les deux factions qui, sous le nom d'Uranistes et de Jobelins, divisèrent,
en 1651, la cour et la ville, à l'occasion des sonnets assez médiocres
de Voiture et de Benserade,
montrent quelle importance on attachait alors à ce genre de poésie.
Desbarreaux, Malleville, Hesnault, s'y distinguèrent.
C'est l'époque enfin où Boileau proclamait le sonnet sans
défaut égal à un long poème. Le sonnet du Misanthrope
fut
la première protestation; et, dès ce moment, la vogue du
sonnet déclina de plus en plus jusqu'au XVIIIe
siècle, où il fut totalement abandonné. Quelques-uns
au XIXe siècle ont essayé
de le rajeunir : Sainte-Beuve, entre autres,
a pris chaleureusement sa défense dans un sonnet où sont
rappelés les noms de tous ceux qui s'y sont distingués; et
c'est le motif qui nous détermine à le citer :
Ne
ris point du sonnet, ô critique moqueur.
Par
amour autrefois en fit le grand Shakespeare;
C'est
sur ce luth heureux que Pétrarque soupire,
Et
que Le Tasse aux fers soulage un peu son coeur.
Camoëns
de son exil abrège la longueur;
Car
il chante en sonnets l'amour et son empire
Dante
aime cette fleur de myrte, et la respire,
Et
la mêle au cyprès qui ceint son front vainqueur.
Spencer,
s'en revenant de l'île des Féeries,
Exhale
en longs sonnets ses tristesses chéries;
Milton,
chantant les siens, ranimait son regard.
Moi,
je veux rajeunir le doux sonnet en France.
Du
Bellay, le premier, l'apporta de Florence,
Et
l'on en sait plus d'un de notre vieux Ronsard.
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En
librairie - Collectif, Soleil du
Soleil, anthologie du sonnet français de Marot
à Malherbe, Gallimard, 2000. - Le
sonnet en France (1631-1800), Publications Langues'O / Inalco (Mezura
n° 48). - Bénédicte Mathios, Le sonnet espagnol à
l'époque franquiste : fixité, transtextualité,
métatextualité, Presses universitaires du septentrion, 2000.
- Jean Orizet, Les plus beaux sonnets de la langue française,
Le Cherche-midi, 1999. - André Gendre, Evolution du sonnet français,
PUF, 1998. - J. Roubaud, La forme du sonnet français de Marot
à Malherbe, Publications Langues'O / Inalco. |
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