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Les
gens
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| Properce
(Sextus Propertius), poète latin, naquit entre 54 et 43 av.
J.-C. dans une ville de l'Ombrie, qui, d'après la description qu'il
en donne, confirmée d'ailleurs par la découverte d'inscriptions
funéraires locales, ne peut être qu'Assise Properce avait à
peu près dix-huit ans, lorsqu'il rencontra une femme, belle et galante,
nommée Hostia (probablement petite-fille du poète Hostius,
ou qui se donnait comme telle), et s'éprit pour elle d'un amour
passionné; c'est la « Cynthia » de ses Elégies Le premier livre
de ses élégies, le seul, apparemment, qu'il ait publié
lui-même, parut à cette époque, et tout de suite le
rendit célèbre. Le jeune poète fut admis dans le cercle
de Mécène, qui semble l'avoir logé chez lui, aux Esquilies;
il trouvait là d'autres poètes en renom, se lia intimement
avec Ovide, connut probablernent Virgile.
Le commerce de Properce et de Cynthie, jusqu'à une seconde rupture
(définitive ? ou ne saurait l'assurer, mais que devait suivre, quelque
temps après, la mort de Cynthie), dura plus de cinq ans. Ses amours
finies, Properce, entraîné lui-même par ce courant épique
et patriotique que favorisait la politique d'Auguste
( Passé l'an 16, auquel il est fait allusion dans les Élégies VI, 6 et 11, on perd toute trace de Properce; et sa vie ne dut pas s'étendre beaucoup au delà de cette date. En tout cas, il est certain qu'il mourut jeune, célibataire, à Rome : et la plus grande partie de ses poésies virent le jour après lui. Properce forme, avec
Tibulle
et Ovide (rien ne nous étant resté
de Gallus, qui fut le premier en date), la triade
des grands élégiaques latins. Comme Tibulle, et davantage
peut-être, il a emprunté à l'élégie alexandrine,
outre sa forme rythmique, plus d'un lieu commun mythologique ou érotique;
mais cette imitation tout extérieure ne saurait atténuer
le caractère très romain de l'oeuvre et la personnalité
très vivante du poète. Properce, il est vrai, n'a point l'aisance
spirituelle et l'agréable abondance
Cynthia prima fuit, Cynthia finis erit. Et, de fait, cet amour éteint, il s'est tu pour l'amour. Si Properce ne représente ni le plus amusant, ni le plus poète des élégiaques classiques, on doit du moins l'estimer pour le plus Romain, de tous et le plus homme. Ajoutez que, pour la technique du mètre élégiaque, Properce, dans sa première manière - réformée dans le quatrième livre sous l'évidente influence d'Ovide - a réalisé la structure idéale du distique latin, suffisamment assoupli, du reste plus libre et plus varié que le distique élégant, mais sautillant et monotone, que le renom d'Ovide imposa au génie même de son ami, comme à tous les élégiaques ultérieurs. Les poésies de Properce sont comprises en quatre livres, dont les trois derniers, sans doute posthumes, nous sont parvenus dans un assez grand désordre. Lachmann a imaginé de porter ce nombre à cinq, en dédoublant le quatrième livre; et ce remaniement inutile, fondé sur des raisons très contestables, a été pourtant suivi par la plupart des éditeurs récents. Le texte de Properce résulte de deux familles de manuscrits :1° le Neapolitanus (extrême XIIe siècle) le plus ancien et le meilleur de tous, qui demeure à la base de la recension, ensemble le Vossianus et Ie Laurentianus; 2° le Daventriensis et le Vaticanus. Les diverses questions
auxquelles donnent lieu la vie et les oeuvres du poète ont été
traitées, entre autres philologues, par Postgate, Select Elegies
of Propertius (Londres, 1881), et par Fr. Plessis, auteur d'un excellent
volume d'Études critiques sur Properce et ses Élégies
(1884). (G. Doncieux).
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.