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Marot (Clément),
fils unique Jean Marot qui avait été lui-même un poète
au service de Louis XII, puis de François
Ier, et
dont il a éclipsé la réputation, né à
Cahors
en 1495, fut amené à Paris à 10 ans, et destiné
d'abord à la profession d'avocat; mais entraîné par
son goût pour la poésie, et par l'amour du plaisir, il entra
en qualité de page chez le seigneur de Villeroy, puis passa, en
qualité de valet de chambre, au service de la duchesse d'Alençon ,
soeur de François Ier. Il suivit
ce prince à Reims et à Ardres
en 1520, accompagna le duc d'Alençon au camp d'Attigny
en 1521, suivit de nouveau le roi dans son expédition d'Italie ,
assista à la bataille de Pavie, y fut blessé et fait prisonnier.
De retour en France ,
accusé de partager les nouvelles opinions, il fut enfermé
dans les prisons du Châtelet ,
et n'en sortit qu'en 1516, lorsque François Ier
recouvra lui-même sa liberté. Mais bientôt les sentiments
connus de Marot lui suscitèrent, malgré ses désaveux
et la protection du roi, de nouvelles persécutions. Ses papiers
et ses livres furent saisis. Il se sauva en Béarn, ensuite à
la cour de la duchesse de Ferrare ,
Renée de France, puis à Venise ,
où il obtint son rappel à la condition d'une abjuration solennelle,
qu'il fit à Lyon entre les mains du cardinal de Tournon.
Ayant obtenu la permission de reparaître
à la cour, il entreprit la traduction en vers des Psaumes
de David ,
à la sollicitation de Vatable, et cette traduction eut le plus grand
succès. François Ier
chantait ces psaumes avec un grand plaisir, ainsi que les seigneurs et
dames de la cour. Mais la faculté de théologie signala des
erreurs dans cette traduction, en porta plainte au roi, et finit par défendre
la vente de l'ouvrage. Marot, craignant les suites de ce nouvel orage,
s'enfuit à Genève, quitta cette ville l'année suivante,
et se fixa à Turin ,
où il mourut dans l'indigence en 1544.
"Le
nom de Marot, dit La Harpe, est la première
époque vraiment remarquable dans l'histoire de notre poésie,
bien plus par le talent qui lui est particulier que par les progrès
qu'il fit faire à notre versification. Ce talent est infiniment
supérieur à tout ce qui l'a précédé,
et même à tout ce qui l'a suivi jusqu'à Malherbe."
Marot recueillit et donna le premier une édition
correcte des poésies de Villon. (A19).
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Anciennes
éditions - On a de lui un grand
nombre de poésies, dont les meilleures éditions anciennes
sont : Lyon, 1538; Niort, 1596, in-16, rare et recherchée; Elzevir,
2 vol. in-16; La Haye, 1731, 4 vol. in-4, et 6 vol. in-12. Paul Lacroix
en a publié une bonne édition, avec des note, historiques
et critiques, et un glossaire, 1824, 3 vol, in-8.
En
librairie - Clément Marot,
Oeuvres
complètes, Slatkine, 1980. - La mort n'y mord, La Différence,
1996. - L'adolescence Clémentine, Gallimard, 1987.
Collectif,
Soleil
du Soleil, anthologie du sonnet français de Marot à
Malherbe,
Gallimard, 2000. - Tom Conley, L'inconscient graphique, essai
sur l'écriture de la renaissance (Marot, Ronsard,
Rabelais,
Montaigne),
Presses universitaires de Vincennes, 2000. - Michel Simonin et Gérard
Defaux, Clément Marot, "prince des poètes français",
1496-1996, Honoré Champion, 1997. - Gérard Defaux, Marot,
La génération Marot, poètes français et néo-latins
(1515 - 1550), Honoré Champion, 1997. - Du même, Le
poète en son jardin, étude sur l'adolescence clémentine
et Clément Marot, Honoré Champion, 1996. - Du même,
Rabelais, Montaigne, l'écriture comme présence, Honoré
Champion, 1987. Jean-Luc Dejean, Clément Marot, Fayard, 1990.
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