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l'imitation des choeurs qui servaient d'entractes dans le théâtre
grec, par exemple les choeurs d'Oedipe Roi de Sophocle
et d'Iphigenie d'Euripide, les anciens
théâtres français, italiens et espagnols, donnaient
de petites pièces, soit entre les actes d'un même ouvrage,
soit entre deux grandes pièces jouées dans la même
soirée. C'est ce qu'on appelait intermède. En France ,
l'origine de ce genre remonte aux premières représentations
des mystères, dont des acteurs entremêlaient
les différentes phases d'hymnes et de
psaumes ayant un caractère religieux.
Les ballets
ou cérémonies de Molière,
Monsieur de Pourceaugnac ,
le Malade imaginaire ,
le Bourgeois gentilhomme ,
etc., demeurent les modèles de l'intermède. Parfois, l'intermède
se rattachait à l'action et ajoutait à l'effet, comme les
choeurs d'Esther, d'Athalie, du Paria, etc. Sous Louis
XIV, on donnait aussi ce nom aux danses
exécutées entre le dîner et le souper. L'intermède
était encore en usage au temps de Regnard et de Dancourt
(les Divertissements de Sceaux); plus tard il se transforma en pièce
complète, mais très courte et ne dépassant jamais
un acte, comme la Maîtresse servante ou le Devin de village,
et correspondant à ce que de nos jours on appelle lever de rideau.
L'ancien théâtre
italien et espagnol possèdent un répertoire complet d'intermèdes;
ce sont de courtes compositions, sortes de farces
le plus souvent insignifiantes. En Italie
on en a fait un genre déclamatoire; on y rencontre même parfois
des traits de génie; et il se pourrait bien que l'opéra bouffe
où se sont illustrés plus tard les Rossini,
les Donizetti, etc., ait pris naissance dans
les farces des groteschi. En Espagne ,
les bouffonneries des graciosos; en Angleterre ,
les exercices funambulesques, les pitreries des clowns
et les exercices des gymnasiarques tennaient lieu d'intermèdes.
Dans la littérature
française, ce genre, tel qu'il existait autrefois, est absolument
tombé en désuétude. L'intermède est généralement
remplacé par de la musique symphonique.
Au XVIIIe siècle, Diderot
voulut le remettre à la mode en l'améliorant. Dans ce but,
il exposa toute une théorie de scènes mimées remplissant
le vide des entractes en faisant part au spectateur de ce qui se passe
dans la coulisse. Cette théorie, essentiellement nuisible à
la surprise et à l'intérêt, fut jugée impraticable
et n'a pas été renouvelée. (Arthur Bernède). |
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