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Le Bourgeois
gentilhomme, comédie-ballet en cinq actes et en prose, de Molière,
musique de Lulli, représentée à
Chambord
le 14 octobre 1670, et à Paris,
sur le théâtre du Palais-Royal ,
le 29 novembre suivant. Dans cette pièce, comme dans lesPrécieuses
ridicules
et les Femmes savantes ,
l'immortel comique a livré aux rires du parterre cette prétention,
si commune à la richesse roturière, de vouloir figurer avec
la noblesse et en singer les manières. L'unique désir de
M. Jourdain, un bourgeois enrichi, est, en effet, de passer pour un parfait
gentilhomme et d'élever à la hauteur d'une si belle ambition
son air, ses manières, son langage, son éducation et toute
sa maison. Il prend des maîtres d'armes, de musique et de danse,
voire un maître de philosophie,... afin d'apprendre l'orthographe.
A force de vouloir passer pour noble, M. Jourdain a fini par se persuader
qu'il l'est réellement. Dès lors, on le conçoit, sa
hauteur et son ambition n'ont fait que s'accroître; aussi n'est-on
pas étonné de le voir refuser la main de sa fille au jeune
Cléonte, parce que celui-ci n'est pas gentilhomme : M. Jourdain
veut avoir un marquis pour gendre. Le dénouement de cette intrigue
est une farce plus réjouissante que vraisemblable, mais à
laquelle nous a préparés l'extravagance du bonhomme, aussi
crédule que vaniteux. Covielle, valet de Cléonte, imagine
une mascarade, au moyen de laquelle il espère faire consentir M.
Jourdain au mariage de sa fille avec Cléonte. Pour flatter les prétentions
nobiliaires du bourgeois, il se déguise et lui annonce que le fils
du Grand Turc est amoureux de sa fille, et vient la lui demander
en mariage. Bientôt, Cléonte luimême entre, métamorphosé
en Turc, et cette fois, grâce à son faux titre, il obtient
facilement ce qu'on lui a d'abord refusé tout net. Loin de soupçonner
qu'il puisse être l'objet de quelque mystification, M. Jourdain s'estime
très heureux d'une si haute alliance, et il a en outre, pour mettre
le comble à ses voeux, l'insigne honneur d'être nommé
mamamouchi, dignité aussi peu connue à la cour du Grand Seigneur
qu'à celle de Louis XIV. Les premières
scènes, où paraissent le maître de musique,
le maître de danse, le philosophe-grammairien
qui apprend à M. Jourdain qu'il doit prononcer les voyelles et les
consonnes de telle ou telle façon, et qu'il fait de la prose
sans le savoir, leurs querelles sur la prééminence de leur
art, provoquent un rire irrésistible. Dans cette pièce, Molière
a su tirer des moindres choses des sources inépuisables de comique,
et il est pas jusqu'à la cérémonie burlesque du mamamouchi
qui ne soit des plus divertissantes. M. Jourdain est devenu un type. (NLI). |
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