 |
L'optatif
(du latin optare = souhaiter) est
un mode de la conjugaison'
grecque,
ainsi appelé parce que très souvent il exprime le souhait,
le désir, le voeu. Il a pour signe caractéristique, à
l'actif des verbes en
w, la terminaison oimi
au présent, au futur,
à l'aoriste second et au parfait; aimi
à l'aoriste 1er; - au passif et
au moyen, oimhn
au présent et au futur; - eihn
à l'aoriste 1er et 2e
du passif; aimen
à l'aoriste 1er moyen, oimhn
à l'aoriste 2e. L'optatif manque
d'une forme spéciale au parfait passif et moyen. Dans les verbes
en mi, le
présent et l'aoriste 2e ont pour
caractéristiques à l'actif les terminaisons aien,
eihn,
oihn,
au moyen aimhn,
eimhn,
oimhn.
La terminaison oihn
caractérise assez souvent, surtout dans les verbes contractes, le
présent de l'optatif, et, dans toutes les conjugaisons, la terminaison
aimi
de l'aoriste 1er, actif est souvent remplacée
par eia
(eias, eie,
etc.).
L'optatif, employé
isolément, est représenté en français
quelquefois par le subjonctif du verbe
pouvoir conjugué interrogativement et suivi de l'infinitif,
et ordinairement par les circonlocutions plaise au ciel, plût
au ciel que, suivies du subjonctif. Outre cette signification qui,
lui a valu son nom, l'optatif exprime en général l'idée
de possibilité, de vraisemblance, et, par conséquent, celle
d'incertitude. Dans ce cas, il est très souvent accompagné
de la particule an
(ou ke en
poésie), et répond à notre conditionnel ou à
nos diverses formes dubitatives. Il exprime aussi, joint à la même
particule, une assertion, mais en la présentant sous forme de conjecture,
et par conséquent avec modestie et politesse; ou une conclusion,
à laquelle on donne ainsi un ton moins tranchant; une alffirmation
ayant rapport à l'avenir, mais qui se trouve ainsi adoucie; un impératif,
sous forme d'invitation polie.
Un des rôles
les plus importants de l'optatif est celui qu'il joue dans les propositions
subordonnées, lorsque celles-ci expriment une action appartenant
au passé, quel que soit d'ailleurs le temps
du verbe principal : "Il lui ordonna de se retirer,
et de ne point l'irriter, afin qu'il s'en retournât sain et sauf
chez lui." Aussi l'optatif s'emploie-t-il souvent après une proposition
dont le verbe est au présent historique ou de narration mis pour
le passé. Lorsque l'on rapporte ou allègue qu'une personne
a dit quelque chose, ou que l'on veut donner à entendre qu'elle
a eu telle ou telle pensée, l'optatif est encore employé.
On s'en sert enfin après les conjonctifs, lorsque ces mots se trouvent
dans une proposition exprimant une action réitérée.
En résumé,
l'optatif est une véritable variante du subjonctif;
il exprime l'idée de subordination, mais avec une nuance dubitative
un peu plus marquée. Ses temps sont
secondaires du subjonctif; car tous, même le présent,
le futur et le parfait; ont les signes des temps
secondaires, tandis qu'au subjonctif l'aoriste
même a les formes des temps principaux. Ainsi, dans leurs rapports
les plus généraux avec le français, les temps de l'optatif
correspondent à l'imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif
de cette langue. (P.). |
|