 |
L'aoriste
(du grec a négatif, et oristos,
limité), un des temps passés
de la conjugaison grecque, exprimant toujours
un fait accompli en lui-même et absolument : de là vient qu'il
s'emploie dans les narrations, et qu'il est le temps historique par excellence.
Ce temps correspond au passé défini et au passé indéfini
français, souvent au passé
antérieur et au plus-que-parfait; au parfait, et quelquefois au
plus-que-parfait des Latins.
Dans les trois phrases
suivantes : « Mon père vint ici le mois passé; mon
père est venu me voir plusieurs fois; quand mon père fut
venu, » la triple forme du verbe venir se rend en grec par l'aoriste.
Lorsque notre plus-que-parfait
est employé abusivement pour un passé défini ou indéfini,
c.-à-d. sans aucun rapport marqué avec une autre action passée,
comme dans « Je vous l'avais bien dit; je vous l'avais commandé,
pourquoi ne l'avez-vous pas fait? Je croyais qu'on vous avait prévenu,
mais je vois qu'on ne l'a pas fait, , etc., c'est l'aoriste qui le représente
en grec.
Dans ce vers de La
Fontaine (II, 9, le Lion et le Moucheron)
Comme
il sonna la charge, il sonne la victoire,
l'usage permettrait
l'emploi du plus-que-parfait avait sonné. Dans ce dernier
cas comme dans le premier, il faudrait traduire par l'aoriste. (P.). |
|