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Lycée
Louis-le-Grand, à Paris
(Ve'
arrondissement).
- Cet établissement fut fondé en 1564, sous le nom de Collège
de Clermont, par les jésuites, dont
l'établissement à Paris venait d'être reconnu par le
Parlement. C'est de là que la fameuse société dirigea
le mouvement de la Ligue, c'est là que se tinrent les conciliabules
des Seize.
Après
l'attentat de Châtel, « tous les prestres et escholiers du
collége de Clermont et tous autres soy-disants de la compagnie de
Jésus furent condamnés comme corrupteurs de la jeunesse,
perturbateurs du repos public, ennemis du roy et de l'Estat, à sortir
dans trois jours de Paris et dans quinze jours du royaume.»
Ils rentrèrent en 1603, mais n'obtinrent
la permission d'enseigner qu'en 1618. Sous Louis
XIV, ils prirent le plus grand ascendant; leur collège fut agrandi
et déclaré de fondation royale; enfin, le roi étant
venu le visiter en 1682, ils lui donnèrent le nom de Louis-le-Grand.
Alors ce collège, par le choix de ses professeurs et l'excellence
de ses études, devint l'établissement d'instruction publique
le plus renommé de la France
: presque tous les jésuites célèbres en ont été
successivement élèves et professeurs, tels que Rapin, Bouhours,
Commire,
Hardouin, Brumoy,
Charlevoix,
Berruyer, Tournemine, etc. Presque tous les
hommes illustres du XVIIIe siècle
en sont sortis : nous n'en citerons qu'un seul, Voltaire.
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Le
lycée Louis-le-Grand, à Paris. ©
Photo : Serge Jodra, 2009.
Après la suppression de l'ordre
des Jésuites, le collège Louis-le-Grand
fut donné à l'Université, qui y établit ses
archives, son tribunal, sa bibliothèque,
y tint ses assemblées et y forma, au moyen de la suppression de
tous les petits collèges voisins, Narbonne, Beauvais, Reims, etc.,
un collège général. Celui-ci eut un grand succès
et réunit jusqu'à six cents élèves, parmi lesquels
il faut nommer Camille Desmoulins et Robespierre.
A l'époque de la Révolution,
le collège Louis-le-Grand survécut seul à tous les
établissements de l'ancienne université : il devint une institution
particulière, mais protégée et subventionnée
par le gouvernement, et il prit en 1793 le nom d'Institut de l'Égalité.
La Convention
le vit sans ombrage donner une même éducation aux enfants
de presque tous les hommes célèbres de cette époque,
girondins,
montagnards,
émigrés,
Vendéens, enfants dont l'État payait les pensions et qui
étaient au nombre de sept cent cinquante : on remarquait parmi eux
les fils de Brissot, de Carrier,
de d'Elbée, de Condorcet, de Dillon,
de Louvet, etc.
Sous le Directoire,
l'Institut de l'Égalité reçut une subvention de 200,000
francs et le nom de Prytanée français; la loi du 11 floréal
an X en fit le Lycée impérial; il reprit en 1814 son nom
de Louis-le-Grand, et forme depuis cette époque l'un des grands
lycées ou collèges de la capitale.. |
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