| Agneau.
- Un des nombreux symboles de Jésus-Christ
et qui symbolise aussi les chrétiens. Le nimbe
est un attribut exclusivement réservé à l'Agneau de
Dieu, mais il ne paraît guère sur les monuments que vers le
commencement du Ve siècle. - L'agneau, symbole des chrétiens,
est fréquemment représenté dans des mosaïques
sur lesquelles on voit des agneaux sortant de deux cités et se dirigeant
vers l'Agneau de Dieu placé au sommet d'une montagne. Les deux cités
sont Jérusalem et Bethléem,
le troupeau sortant de la première de ces villes figure les chrétiens
issus du judaïsme, celui qui sort de Bethléem
symbolise les chrétiens issus du paganisme.
Aigle.
- Cet animal symbolise la résurrection, aussi voit-on fréquemment
cet oiseau représenté sur les tombeaux chrétiens.
Il est probable que ce symbole a été créé par
suite du verset d'un psaume où il est dit :
«
Ma jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle; renovabitur
ut aquilae juventus mea. »
Alpha
et Omega. - Ces deux lettres, dont l'une est la première et
l'autre la dernière de l'alphabet grec, symbolisent la vie terrestre
qui a un commencement et une fin; elles symbolisent aussi Dieu,
qui est le commencement et la fin de toutes choses.
Ancre.
- Symbole de l'espérance. On voit fréquemment parmi les symboles
chrétiens une ancre accostée de deux poissons.
Les archéologues sont loin d'être d'accord sur le sens de
ce symbole; quelques-uns le considèrent comme l'espérance
dans des existences nouvelles; d'autres, comme l'emblème de la fidélité
conjugale; et cependant on a retrouvé des poissons séparés
par une ancre sur des tombeaux de personnes censées vierges, ce
qui exclurait toute idée de mariage.
Ancre
nautique. - Voy. Dauphin.
Ane.
- Emblème de la patience et de la sobriété, mais aussi
de la paresse et de l'entêtement.
Aviron.
- Symbole de l'effort que le chrétien doit faire pour vivre honnêtement
dans cette vie, afin d'acquérir la vie éternelle.
Balance.
- La balance symbolise le jugement dernier,
parce que ce jour-là les âmes seront jugées suivant
leurs actes; les balances représenteraient donc la pesée
des âmes, comme on le voit souvent sur les
bas-reliefs,
notamment dans le tympan du portail de l'église
d'Autun.
Basilic.
- Symbole du génie du mal et de la débauche. C'est un animal
fantastique qui a la tête, le col et la poitrine du coq greffés
sur le corps d'un lézard à huit pattes. Vincent
de Beauvais le définit ainsi :
Habet
caudam ut coluber, residuum vero corporis ut gallus; «il a la partie
antérieure du corps comme un coq et se termine par une queue comme
un serpent. »
Ce monstre
serait sorti d'un oeuf de coq couvé par un crapaud. Sa vue seule
causait la mort de l'homme; mais si celui-ci l'apercevait le premier, il
n'avait rien à craindre du basilic. Il était un moyen de
se défaire de cet animal : c'était de lui présenter
un miroir; s'il s'y regardait, son regard seul le foudroyait lui-même.
Bélier.
- Symbole du Verbe, qui signifie aussi force créatrice. Souvent
on confond ce symbole avec l'agneau; le bélier
guide par sa voix le troupeau dont il est le chef.
Bouc.
- Le bouc symbolise Jésus-Christ, qui,
bien que pur et sans péché, se chargea des impuretés
et des péchés du monde. Dans le sens tropologique, cet animal
symbolise les passions sensuelles.
Centaure.
- Le centaure symbolise la rapidité de l'existence, la force des
instincts, et particulièrement l'adultère.
Cerf.
- Cet animal symbolise des idées morales assez diverses : on le
considère tantôt comme le symbole du Christ,
des apôtres, des fidèles, des docteurs
et des pénitents ; le cerf est également l'emblème
du baptême, parce que cet animal ne peut voir de l'eau sans s'y désaltérer
et même sans s'y plonger; tel était le désir des nouveaux
chrétiens à l'égard du baptême après
lequel ils devaient aspirer ardemment avant de recevoir ce sacrement.
Chauve-souris.
- Emblème de l'idolâtrie et de l'ignorance, qui, fuit la lumière
de la science.
Cheval.
- Le cheval symbolise à la fois les hommes simples et confiants
soumis à la volonté de Dieu, comme le cheval est soumis aux
volontés de son maître, ainsi que les instincts grossiers
et les appétits matériels, les vices, enfin l'adultère.
Chèvre.
- Symbole de la vie contemplative et de l'ubiquité du regard de
Dieu.
Chimère.
- Cet animal, à la fois chèvre et lion, symbolise, en même
temps que la ruse, les mystères chrétiens.
Colombe.
- Symbole de la pureté, de la candeur, de l'humilité, de
la charité et de la prudence; la colombe symbolise également
le Saint-Esprit. Quand on voit sur des tombeaux des colombes avec un rameau
d'olivier au bec, cette représentation signifie : paix à
l'âme fidèle qui repose dans ce tombeau; elle remplace la
formule requiescat in pace. - Deux colombes buvant dans une même
coupe, ce qui se voit très souvent, symbolisent la douceur et les
vertus chrétiennes.
Coq.
- Symbole de la vigilance. Quand il figure sur les tombeaux, il indique
l'espérance et la résurrection.
Dauphin.
- Emblème de la vélocité, de la diligence, de l'amour;
on trouve souvent le dauphin enlacé à une ancre; les premiers
chrétiens portaient souvent ces deux signes réunis sur un
anneau : c'est ce qu'on nomme ancre nautique, mais on ignore la signification
exacte de ces signes; sont-ils même un symbole?
Démon.
- Génie du mal, esprit qui s'est révélé au
premier homme, d'après la religion chrétienne, sous la forme
d'un serpent; les imagiers l'ont souvent reproduit
ainsi. Alfred Maury, dans son Histoire des religions, nous dit que
les Pères de l'Église ont donné
aux démons les mêmes caractères que ceux que l'on rencontre
chez les platoniciens, et cet auteur ajoutait :
Ces
écrivains (les Pères de l'Église) puisent dans les
livres des Grecs; ils empruntent leurs paroles, ils s'arment de leur autorité,
ils partagent toutes leurs superstitions, et c'est en se référant
à Platon qu'ils déclarent l'univers livré au culte
des démons, d'êtres méchants et pervers qui inondent
l'atmosphère, entrent dans le corps humain, parlent par les oracles,
suggèrent les pensées mauvaises et les actions coupables,
habitent enfin dans les idoles que le vulgaire prend pour l'image de la
Divinité, et se nourrissent du sang des victimes et de la fumée
des sacrifices. [...] Tandis que les chrétiens réservent
aux diables confondus avec les démons tous les caractères
des démons du néoplatonisme, ils appliquent aux anges ce
que les philosophes avaient rapporté au rôle bienfaisant des
démons. Ils en font même des génies psychopompes qui
président à la distribution et à la formation des
âmes. L'héritage de Platon passa donc entièrement dans
les dogmes chrétiens qui firent de sa démonologie une arme
puissante pour renverser complètement le polythéisme dont
elle avait déjà ébranlé la base.
L'imagerie
médiévale reproduit souvent le démon sous des formes
qui rappellent tantôt les reptiles, tantôt le dragon ou même
le crocodile.
Dragon.
- Cet animal symbolise souvent le démon, le diable.
C'est un reptile ailé aux replis tortueux qui emprunte des pattes
tantôt au cheval ou au lion; quelquefois il est armé des serres
d'un oiseau de proie, de griffes puissantes, sa tête et son corps
sont hérissés de crêtes aiguillonnées; il fascine
et foudroie de son regard; sa gueule vomit des flammes; il empeste l'air
de son haleine fétide. Cet animal fantastique
est également tiré de la mythologie païenne; le jardin
des Hespérides, la toison
d'or, la fontaine de Castalie, étaient
gardés par des dragons. - Dans certains monuments romano-byzantins
où sont représentés des dragons, cet animal est l'emblème
de la peste, de la famine et du poison; il est aussi donné comme
attribut à saint Jacques le Majeur, à saint Philippe l'apôtre,
à saint Victor, à saint Patrice, ainsi qu'aux deux saintes
Marguerite et Marthe; mais on nomme plutôt le dragon de cette dernière
sainte la Tarasque, d'où le nom de Tarascon (Bouches-du-Rhône)
donné à une ville de France qui est placée sous le
patronage de sainte Marthe. Du reste, suivant les villes ou localités,
le nom du dragon est variable; ainsi on le nomme : la Lézarde, à
Provins
; la Gargouille, à Rouen; le Gravuilly,
à Metz; la Grand-Gueule ou la Bonne-Sainte-Vermine,
à Poitiers.
Gargouille.
- Ce terme est synonyme de Dragon. (Voy. ci-dessus.)
Griffon.
- Cet animal fantastique, au corps de lion ailé,
à la tête d'aigle, symbolise, quand
il est pris en bonne part, le Sauveur ; en mauvaise part, le démon
et les hypocrites. Un magnifique type de griffon peut se voir sur la la
frise (zoophore) du temple d'Antonin
et de Faustine, à Rome.
Guivre,
Wivre ou Givre. - Cet animal fantastique est une sorte de dragon,
de grosse couleuvre, de serpent ou de vipère, à queue ondulante,
au corps rugueux, papelonné d'écailles, avec les ailes de
chauve-souris, et qui symbolise donc le démon ou le diable. Il porte
quelquefois des pattes de pourceau.
Harpies.
- Femmes aux allures étranges qui symbolisent le démon et
le repentir. Il existe également des harpies en forme d'oiseaux.
Hibou.
- Symbole du Christ, le nycticorax des bestiaires
latins, le nicorace du bestiaire divin de Guillaume, le trouvère
normand. Chez les Athéniens, le hibou était le symbole de
la prudence et de la sagesse, l'oiseau d'Athéna.
Hippo-centaure.
- Cet animal, moitié cheval et moitié homme, symbolise les
instincts grossiers et brutaux, la dégradation la plus abjecte où
puisse précipiter la débauche.
Hippo-Cerf.
- Cet être fanstastique est, comme l'indique son nom, moitié
cheval et moitié cerf; il personnifie l'homme pusillanime qui se
jette sans réflexion dans des voies incertaines et qui se désole
bientôt de s'y être engagé.
Hirondelle.
- Le symbolisme chrétien a fait de ce charmant oiseau l'emblème
de l'orgueil et de la conversion.
Laurier.
- Emblème de la victoire et de la gloire.
Licorne
ou Unicorne. - Symbole de la chasteté et de la puissance.
Lièvre.
- Symbole de la course rapide de la vie. On le retrouve assez fréquemment
reproduit sur les monuments de l'antiquité chrétienne, tels
que lampes, pierres gravées, pierres sépulcrales, etc. |
Limaçon.
- Symbole de la paresse et de la résurrection.
Lion.
- Symbole de la force, de la vigilance et de la noblesse, parce que cet
animal est réputé dormir les yeux ouverts ce qu'Alciat
(Embl., v) exprime nettement dans le distique suivant :
Est
leo, sed custos, oculis quia dormit apertis;
Templorum
idcirco ponitur ante fores.
(C'est
un lion, mais un gardien, parce qu'il dort les yeux ouverts;
c'est
pourquoi on le place devant les grandes portes des temples).
En plaçant
des lions devant la porte de ses temples, le christianisme
ne faisait, du reste, qu'imiter l'Antiquité
dans les âges les plus reculés, puisque nous voyons en Égypte
les palais et les temples précédés par des avenues
peuplées de statues de lions et de sphinx.
Salomon
fit également sculpter, à l'exemple des Égyptiens,
des lions pour placer devant le temple de Jérusalem.
Loup.
- Cet animal symbolise le démon ; il est aussi l'emblème
de la cruauté et de la colère.
Lyre.
- Cet instrument symbolise les âmes sensibles, qu'un rien fait vibrer.
On le voit quelquefois représenté sur des pierres sépulcrales
renfermant les corps de jeunes filles.
Manicore
ou Manicora. - Symbole de la triple concupiscence, de la violence
des tentations et des insinuations perfides. Cet animal
hybride, à tête humaine, au corps globuleux, avec des pattes,
se termine en queue de serpent. Une manicore se trouve sur le portail des
Libraires à la cathédrale de Rouen,
si riche en imagerie du Moyen âge.
- A Souvigny, la manicore est un quadrupède à tête
de femme coiffée d'une sorte de bonnet phrygien. Ce monstre se retrouve
assez fréquemment sur les bas-reliefs
des églises romano-byzantines.
Moines.
- Dans les bas-reliefs des édifices le l'époque gothique,
surtout aux XIVe et XVe siècles, on voit des moines et des hommes
dans les tuniques à capuchon qui ont des figures grotesques et qui
se trouvent. sou vent dans des poses plus qu'équivoques.
Bien
des archéologues ont vu dans ces charges, dans ces caricatures,
l'antagonisme des laïques et du clergé séculier contre
le clergé régulier. Nous ne le pensons pas; nous supposons
simplement que les imagiers aimaient, comme tous les artistes, à
plaisanter et à rire; aussi, bien souvent, quand ils voyaient passer
un moine dans des conditions bouffonnes, ils eu faisaient un croquis qu'ils
reproduisaient ensuite sur leurs images. Nous devons ajouter aussi que
les moines n'étaient pas les seuls au Moyen âge à porter
le froc à capuchon; les hommes de la campagne et les pauvres habitants
des villes avaient un costume analogue.
Quelques
auteurs ont cru voir dans un des nombreux bas-reliefs du portail des Libraires
de, la cathédrale de Rouen,
dans un moine avec la tête et le corps d'un pourceau qui joue de
la vielle à archet, une satire contre l'intempérance bien
connue des moines. Nous serions porté à croire que la satire
est plutôt dirigée contre l'intempérance non moins
célèbre des ménestrels.
Ce n'est pas que nous voulions excuser la lubricité des moines d'alors,
qui s'est perpétuée jusqu'au milieu du XVIIe siècle
dans la personne de Mathurin Picard, directeur d'un couvent de religieuses
de Rouen; mais nous pensons que dans cette
caricature le personnage est plutôt un ménestrel qu'un moine.
Nous ferons remarquer également combien dans cette image la position
des doigts, aussi bien de la main qui tient l'archet que de celle qui travaille
sur les cordes, est parfaitement indiquée.
Monstres
hybrides. - Ces monstres symbolisent des idées fort complexes;
ils expriment, en général, les vertus et les vices inhérents
à chacun des animaux qui concourent à la formation du monstre
hybride, qui a presque toujours une signification dans l'iconographie chrétienne.
Noix.
- Symbole de la perfection. La noix est aussi un des symboles du Christ.
Certains Pères de l'Église, notamment
saint
Augustin et son contemporain saint Paulin, expliquent d'une façon
bien subtile, selon nous, ce dernier symbolisme, en disant que la noix
a dans son corps trois substances : le brou, la coquille, et l'amande;
le brou représente la chair; la coquille les os, et l'amande l'âme;
d'où saint Augustin tire cette conclusion :
«
Le brou de la noix signifie la chair du Sauveur, laquelle a eu en soi l'âpreté
et l'amertume de la passion; l'amande montre la douceur intérieure,
de la Divinité, qui fournit la nourriture, et remplit l'office de
la lumière ; quant à la coquille, elle représente
le bois de la croix qui, par son interposition, a séparé
notre âme de notre corps, mais qui aussi a réuni, par l'imposition
du bois sacré, les choses terrestres et célestes. »
(S. Aug., Serm. de temp. dom. ant. Nativ.)
Obscena.
- Les sujets obscènes qu'on voit en si grand nombre sur les bas-reliefs
qui décorent les façades des édifices religieux seraient,
suivant l'opinion de divers archéologues, la personnification des
vices, des passions et des péchés. Ils seraient là,
dit Caumont (Abécédaire d'archéologie);
«
pour avertir les fidèles qu'ils doivent entrer dans le temple le
coeur pur, et laisser à l'extérieur toutes les passions qui
souillent l'âme. »
Selon
d'autres auteurs, ces représentations n'auraient aucune signification
et ne seraient que des ornements créés par le caprice des
imagiers. Les figures grotesques et les obscena en particulier déplaisaient
à certains Pères de l'Église.
Voici
ce qu'écrit à leur sujet saint Bernard (lettre à Guillaume,
abbé de Saint-Thierry, apud Mabillon, inter opera sancti Bernardi,
cap. XIX, n° 29 , t. I, p. 53, Paris, 1690) :
«
A quoi bon tous ces monstres grotesques en peinture et en sculpture? A
quoi sert une telle difformité, ou-cette beauté difforme?
Que signifient ces singes immondes, ces lions furieux, ces centaures monstrueux,
etc.? »
Oiseaux.
- Les oiseaux, suivant leurs espèces et leurs formes vraies ou fantastiques,
symbolisent des vertus ou des vices divers; en général, les
palmipèdes sont l'emblème du baptême, parce que ces
oiseaux sont aquatiques. Voy., dans le présent article, les divers
oiseaux décrits à leur rang, colombe, coq, hibou, paon, phénix,
etc.
Palme.
- Symbole du martyre; aussi la palme du martyre est un terme usuel dans
la liturgie romaine.
Paon.
- Symbole de la résurrection, parce que chaque année, à
la fin de l'automne, cet oiseau perd ses plumes et qu'au printemps il lui
en pousse de nouvelles. - Saint Augustin considère
aussi le paon comme le symbole de l'immortalité, parce que, du temps
de l'évêque d'Hippone, on supposait bien à tort que
la chair de cet animal était incorruptible. (De Civ. Dei,
XXII, 4).
Pavot.
- Cette plante, dont la graine fournit une liqueur, une huile soporifique,
est le symbole de la mort; aussi retrouve-t-on souvent le pavot représenté
sur des tombeaux concurremment avec des torches renversées.
Pélican.
- Un des symboles de Jésus-Christ. - Le
pélican est aussi considéré comme le symbole de l'amour
paternel, parce que des auteurs, A. de Musset
entre autres, ont écrit que le pélican se perçait
les flancs pour nourrir ses enfants de son propre sang, ce qui est faux.
Phénix.
- Le phénix, qui se consume en concentrant dans son corps les rayons
solaires et qui renaît ensuite de ses cendres, représente
Jésus
mourant sur la croix et ressuscitant le troisième jour; c'est donc,
comme le paon, un symbole de résurrection.
Porc.
- Cet animal symbolise la gourmandise et la luxure.
Sagittaire.
- Sorte de centaure qui, à l'aide d'un arc, lance des flèche.
Il symbolise le Dieu vengeur qui punit tardivement peut-être, mais
avec l'instantanéité de la foudre.
Salamandre.
- Reptile qui ressemblait au dragon et qui symbolise le feu,
parce qu'on supposait que la salamandre vivait au milieu des flammes.
Sanglier.
Voy. ci-dessus Porc; car l'iconographie chrétienne ne paraît
pas avoir établi une distinction symbolique entre ces deux animaux.
Serpent.
- Symbole du mal. La Vierge est représentée
souvent écrasant la tête du serpent.
Singe.
- Symbole de la malignité, de la méchancetés de l'orgueil
stupide et de l'avarice.
Sirène.
- Femme dont le corps se termine en queue de poisson ou d'un animal aquatique.
Souvent le corps des sirènes est terminé par une double queue;
ce monstre symbolise les trois concupiscences; il est aussi considéré
comme l'emblème de la volupté.
Stryge.
- Sorte de lutin, de méphistophélès
à figure caustique ou grimaçante; il symbolise le mal; c'est
une des formes que prend le diable pour nuire aux mortels. Un stryge bien
connu est celui qui, décore l'angle de l'une des tours de Notre-Dame
de Paris, qu'une eau-forte de Méryon, souvent reproduite, a
rendu populaire.
Truie.
- La truie symbolise le mal, l'impureté, la gourmandise et la fécondité.
Vices.
- Les vices sont symbolisés non seulement par les animaux, bouc,
basilic, griffon, porc, serpent, vipère, etc., mais encore par des
personnages dont l'attitude, l'action, la manière d'être,
caractérisent le vice spécial à ces personnages, hommes
ou femmes. C'est antérieurement au XIIIe siècle que les imagiers
médiévaux ont représenté sous des formes hideuses
les vices; à partir du XIIIe siècle, au contraire, les sculpteurs
ont mis plus de recherche pour caractériser les passions humaines,
et souvent ils ont opposé dans leurs compositions les vices aux
vertus, par exemple, le désespoir à l'espérance, l'idolâtrie
à la foi, l'avarice à la charité, etc. Ces compositions
sont ordinairement encadrées dans des médaillons à
quatre lobes, et les interprétations sont quelquefois fort curieuses.
On voit, par exemple, l'idolâtrie figurée par un homme adorant
un singe; l'avarice, par une femme assise près d'un coffre-fort
: elle compte et considère les pièces d'or qu'elle en a sorties;
l'injustice est figurée par un homme qui parle bas à un juge
et qui cherche à le corrompre; la folie, par une femme qui marche
sur des pierres rondes et roulantes, elle en porte dans ses mains et en
reçoit sur la tête; la présomption, par un cavalier
qui se précipite avec son coursier dans un abîme; la peur
laisse échapper un glaive de sa main et fuit un ennemi imaginaire
qu'elle croit voir sortir d'un buisson; la discorde est figurée
par un homme et une femme qui se battent, etc.
Vigne.
- On voit aussi fréquemment la vigne sur des monuments chrétiens;
elle est accompagnée de grappes de raisin. |