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Martres-Tolosane
est un village de la Haute-Garonne, situé à 60 km au Sud-Ouest
de Toulouse ;
population : 2200 habitants. De l'ancienne Angonia, dont Martres-Tolosane
paraît occuper l'emplacement, il est longtemps resté un fossé
(aujourd'hui comblé), au Nord de la ville. - On a découvert
à proximité, les restes (recouverts après les fouilles)
d'une villa gallo-romaine, la Villa de Chiragan, occupée
entre les Ier et Ve
siècles de notre ère, située dans une enceinte couvrant
16 hectares, et dont une salle renfermait un grand nombre de statues,
de bas-reliefs et de bustes, actuellement
déposés au musée Saint-Raymond de Toulouse. C'est,
après la Villa d'Hadrien ,
la plus luxueuse villa antique connue.
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Plan
de la villa de Chiragan établi par Léon Joulin en 1901.
Le centre-ville de Martres-Tolosane est
circonstcrit à l'intérieur des restes des remparts circulaires
remontant au Moyen-Age .
On y admire l'église du XIVe
avec un clocher octogonal de style toulousain,
terminé par une belle flèche reconstruite au XIXe
siècle; à l'intérieur, chapelle
romane de Saint Vidian (XIIIe s.); fonts
baptismaux formés d'un beau sarcophage supporté par
4 colonnettes. Non loin de là se trouvent une grosse tour
carrée (le Donjon), ainsi que
les restes d'un prieuré du XIe siècle.
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Martres-Tolosane
: son clocher, son donjon... © Serge
Jodra.
A l'extérieur du village, on peut
voir la Fontaine de Saint Vidian, but de
pèlerinage
et d'une procession, le dimanche de la Trinité ,
qui est aussi l'occasion d'une reconstitution de bataille médiévale,
inspirée d'une chanson de geste.
La
légende de Saint-Vidian - L'émir d'Huesca
assiégeait Angonia; Charlemagne chargea
Vidian, l'un de ses plus braves compagnons, de le chasser de l'Aquitaine .
Celui-ci accourt, repousse, en effet, les Sarrasins
et les poursuit. Son cheval l'emporte, et il reçoit de cruelles
blessures; mais l'ennemi est défait et le preux revient vers Angonia.
A une médiocre distance de la ville, une fontaine
épanche dans le fleuve son eau fraîche et pure; Vidian s'arrête
sur ses bords et lave les plaies profondes qu'il a reçues dans le
combat. Sa redoutable épée est appendue à un arbre
ainsi que son casque.
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Une
reconstitution de la bataille de Saint Vidian. (ca.
1900).
A ce
moment une nombreuse troupe d'Arabes, réfugiés dans l'épaisse
forêt couvrant la plaine, sort de cette retraite et fond sur lui
à l'improviste; privé de ses armes, Vidian ne peut d'abord
se défendre, mais bientôt il arrache un cimeterre à
l'un des Sarrasins qui l'environnent, et il jonche la terre des cadavres
du plus grand nombre d'entre eux; le reste épouvanté prend
la fuite; mais le héros a reçu de nouvelles et plus dangereuses
blessures, son sang ruisselle sur le sol qu'il a défendu avec tant
de valeur, et il expire. On montre dans les rochers voisins la place où
il se reposa; la pierre s'est, dit-on, amollie sous son corps et en a moulé
les formes athlétiques. ( Le
Chevalier Vivien et la bataille d'Aleschans ).
On connaît également Martres-Tolosane
pour ses faïences, dont la fabrication
est attestée sans interruption depuis le XVIIIe
siècle, grâce à la présence, à proximité,
de carrières d'argile propres à cette activité. La
plus ancienne faïence de Martres-Tolosane conservée remonte
à 1739; c'est un plat à barbe dû à Joseph
Delondre. Huit ou neuf faïenceries existent encore aujourd'hui, perpétuant
les techniques traditionnelles du "grand feu", et de la décoration
à la main; les décors sont de styles divers : motifs floraux
(dont le Vieux-Martres), ibis, grotesques, etc.
Vieux
Martres. Source : Faïencerie
Jodra.
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