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On
nomme fonts baptismaux le grand vaisseau qui sert à conserver
l'eau du baptême. Ils étaient autrefois en dehors de l'église,
dans le baptistère; aujourd'hui on les place dans une chapelle
spéciale, appelée chapelle des fonts, placée
près de la grande porte d'entrée,
sur la gauche.
La bénédiction des fonts baptismaux se fait solennellement deux fois par an : la veille de Pâques et la veille de la Pentecôte. Ce qu'on bénit ainsi, c'est l'eau destinée aux baptêmes. Les cérémonies et les oraisons employées sont toutes relatives à l'ancien usage de baptiser les catéchumènes en ces jours-là.Lorsque l'Eglise ordonna d'administrer ce sacrement dans un lieu uniquement destiné à cet usage, des cuves spéciales furent consacrées à cette cérémonie. Le baptême par immersion, le plus fréquent à l'origine, nécessita de grandes cuves dans lesquelles le néophyte devait entièrement se plonger. Elles remplaçaient les piscines des anciens baptistères et devaient être de pierre, symbolisant ainsi le Christ, comparé dans la Bible Ce n'est que dans
le cas d'impossibilité d'avoir un vaisseau de pierre convenable
que le concile de Lérida Cette modification conduisit à diminuer la grandeur de la cuve : au XVe siècle on la divisa en deux parties, l'une pour contenir l'eau, l'autre pour servir de piscine et recueillir l'eau qui coulait sur le front du baptisé. Un trou qui traversait le pied de la cuve conduisait l'eau jusque dans la terre. Ce sont les fonts encore en usage de nos jours. Les fonts furent
de formes bien différentes. A l'origine on fit usage des cuves en
granit et en marbre qui dans l'antiquité
servaient aux bains publics. On dut même faire usage de sarcophages
antiques, sur lesquels furent copiés plus tard les fonts de forme
longue, comme ceux d'Amiens,
de Sainte-Trophime d'Arles,
de Saint-Caunat près d'Aix-en-Provence
Fonts baptismaux du XIIIe s. dans l'église Saint-Aubin de Limay (Yvelines). © Photo : Serge Jodra, 2009. On trouve aussi de grandes cuves antiques transformées en cuves baptismales, comme celles du baptistère de Saint-Jean-in-fonte de Rome. Il y en avait en forme de croix; d'autres étaient rondes, entourées de colonnettes, comme celles de Chartres; carrées, comme celles de Chignac (Dordogne); octogones, comme celles de Jugazan (Gironde). Les fonts reposaient directement sur terre. Ceux à pied, semblables à des vasques, tout aussi anciens, comme nous le montre l'antique peinture de Sainte-Pudentienne de Rome, furent cependant d'un usage restreint jusqu'au XVIe siècle. A ce moment les fonts
deviennent, en Allemagne Le fils de Napoléon
III fut baptisé dans une vasque de porcelaine de Sèvres,
large de 1,80 m. Dans beaucoup d'églises, les anciens fonts ont
été transformés en bénitiers, mais il est facile
de les reconnaître aux sculptures
symboliques dont ils sont généralement ornés (la passion
et le baptême de Jésus), et aux traces
de ferrures du couvercle qui a disparu lors de leur nouvelle destination.
(F.
de Mély).
Fonts baptismaux de l'église d'Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise). © Photos : Serge Jodra, 2009 - 2010. |
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