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Fonts baptismaux

On nomme fonts baptismaux le grand vaisseau qui sert à conserver l'eau du baptême. Ils étaient autrefois en dehors de l'église, dans le baptistère; aujourd'hui on les place dans une chapelle spéciale, appelée chapelle des fonts, placée près de la grande porte d'entrée, sur la gauche. 
La bénédiction des fonts baptismaux se fait solennellement deux fois par an : la veille de Pâques et la veille de la Pentecôte. Ce qu'on bénit ainsi, c'est l'eau destinée aux baptêmes. Les cérémonies et les oraisons employées sont toutes relatives à l'ancien usage de baptiser les catéchumènes en ces jours-là.
Lorsque l'Eglise ordonna d'administrer ce sacrement dans un lieu uniquement destiné à cet usage, des cuves spéciales furent consacrées à cette cérémonie. Le baptême par immersion, le plus fréquent à l'origine, nécessita de grandes cuves dans lesquelles le néophyte devait entièrement se plonger. Elles remplaçaient les piscines des anciens baptistères et devaient être de pierre, symbolisant ainsi le Christ, comparé dans la Bible à un rocher, non poreuses et fermées par un couvercle pour que l'eau s'y conservât pure. 
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Vatican : fonts baptismaux de la basilique Saint Pierre.
Fonts baptismaux de la basilique Saint Pierre, au Vatican. Source : The World Factbook.

Ce n'est que dans le cas d'impossibilité d'avoir un vaisseau de pierre convenable que le concile de Lérida, en 524, autorisa les prêtres à se servir de cuves en métal; il existe encore quelques-unes de ces dernières, en plomb et en bronze, qui datent du XIIe siècle. Lorsqu'on abandonna l'usage de plonger les catéchumènes dans un bassin et que le baptême par infusion fut passé dans les rites, on ferma la cuve par un couvercle, et à travers une étroite ouverture on puisa l'eau nécessaire au sacrement. 

Cette modification conduisit à diminuer la grandeur de la cuve : au XVe siècle on la divisa en deux parties, l'une pour contenir l'eau, l'autre pour servir de piscine et recueillir l'eau qui coulait sur le front du baptisé. Un trou qui traversait le pied de la cuve conduisait l'eau jusque dans la terre. Ce sont les fonts encore en usage de nos jours.

Les fonts furent de formes bien différentes. A l'origine on fit usage des cuves en granit et en marbre qui dans l'antiquité servaient aux bains publics. On dut même faire usage de sarcophages antiques, sur lesquels furent copiés plus tard les fonts de forme longue, comme ceux d'Amiens, de Sainte-Trophime d'Arles, de Saint-Caunat près d'Aix-en-Provence, d'Espondeillan, qui d'ailleurs rappelaient, par leur destination primitive, la sépulture mystique, symbolisée par le baptême. 
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Fonts baptismaux (Limay).
Fonts baptismaux du XIIIe s. dans l'église Saint-Aubin de Limay (Yvelines).
© Photo : Serge Jodra, 2009.

On trouve aussi de grandes cuves antiques transformées en cuves baptismales, comme celles du baptistère de Saint-Jean-in-fonte de Rome. Il y en avait en forme de croix; d'autres étaient rondes, entourées de colonnettes, comme celles de Chartres; carrées, comme celles de Chignac (Dordogne); octogones, comme celles de Jugazan (Gironde). Les fonts reposaient directement sur terre. Ceux à pied, semblables à des vasques, tout aussi anciens, comme nous le montre l'antique peinture de Sainte-Pudentienne de Rome, furent cependant d'un usage restreint jusqu'au XVIe siècle. 

A ce moment les fonts deviennent, en Allemagne principalement, de véritables monuments; le couvercle est en effet presque un édifice, haut souvent de plusieurs mètres. Quelques princes furent baptisés dans des baptistères spéciaux. Le vase qui a servi aux enfants de saint Louis et à d'autres enfants de France, actuellement au musée du Louvre, est un bassin arabe du XIIIe siècle. 

Le fils de Napoléon III fut baptisé dans une vasque de porcelaine de Sèvres, large de 1,80 m. Dans beaucoup d'églises, les anciens fonts ont été transformés en bénitiers, mais il est facile de les reconnaître aux sculptures symboliques dont ils sont généralement ornés (la passion et le baptême de Jésus), et aux traces de ferrures du couvercle qui a disparu lors de leur nouvelle destination. (F. de Mély).
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Fonts baptismaux (Auvers sur Oise).
Fonts baptismaux de l'église d'Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise).
© Photos : Serge Jodra, 2009 - 2010.
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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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