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| Lope Felix de Vega
Carpio est un poète né à Madrid
le 25 novembre 1562, de parents nobles, originaires de la vallée
de Carriedo, mort à Madrid le 27 août 1635. Lope de Vega fit
ses études à Madrid et à Alcalà. Poète
et auteur dramatique d'une précocité extraordinaire, il dictait
des vers à cinq ans, avant de savoir écrire, et il composa
sa première comédie, El verdadero amante, entre douze
et treize ans. Il eut pour premier protecteur, dans cette période
de son existence, l'évêque d'Avila A cette même date également,
il devint premier secrétaire du duc d'Albe, don Antonio Alvarez
de Toledo y Beaumont. En 1585, à la suite d'une satire et d'un duel,
il fut emprisonné, puis forcé de s'exiler à Valence
où il trouva accueil dans un cénacle d'hommes de lettres
distingués, parmi lesquels Guillén de
Castro. En 1588, il s'engagea pour l'expédition projetée
en Angleterre, et ce fut à bord dû galion le San Juan qu'il
écrivit son poème dans le genre de l'Arioste,
La
hermosura de Angelica, imprimé seulement en 1602.. Après
le désastre de la Gran Armada, Lope revint à Cadix Malgré une ordonnance qui, de 1597
à 1600, avait prohibé les comédies, la période
de 1588 à 1600 fut pour Lope de Vega celle de ses plus brillants
succès au théâtre. En 1600, il quitta le marquis de
Sarria et se rendit à Séville auprès de son oncle,
l'inquisiteur don Miguel del Carpio. C'est une époque agitée
de sa vie. Il réside tantôt à Madrid,
tantôt à Tolède, tantôt à Séville.
En même temps, il a une liaison amoureuse avec une dame qu'il a appelée
Lucinda, et qui fut, ou doña Antonia Trillo qu'il avait déjà
aimée, ou plutôt doña Maria de Lujan, et de ces relations
naissent deux filles, Mariana et Angela (vers 1601-3). A la fin de 1603,
il publia un roman d'aventures, en prose et vers, El peregrino en su
patria, où sont intercalés quatre autos et les titres
des 233 pièces de théâtre déjà composées
par l'auteur. A cette époque, il se brouille avec Cervantes;
avec lequel il devait se réconcilier plus tard, puis se brouiller
de nouveau. En 1604 on le retrouve, à Grenade,
en voyage avec sa Lucinda; mais cette année même, il rompt
avec elle et se marie avec doña Juana de Guarda y Collantes et se
fixe à Tolède où il devait résider jusqu'en
1610. De ce mariage naquit en 1605 un fils, Carlos Félix, mort à
sept ans; mais à peine, remarié, Lope avait noué ou
renoué une liaison avec Maria de Lujan, qui en 1605 lui donna une
fille, Marcela (entrée en religion en 1621, morte en 1688), et en
1606 un fils, Lope Felix, mort adolescent en 1634. En 1604 parut la première
partie des Comedias del famoso poeta Lope de Vega Carpio, l'édition
princeps, dont on ne connaît pas d'exemplaire, fut imprimée
à Valence, et réimprimée l'année même
à Madrid, Valladolid et Saragosse.
En 1605 paraissait un recueil poétique;
Rimas, où
Lope avait inséré son Arte nuevo de hacer comedias en
este tiempo, où il dit avoir écrit déjà
483 pièces de théâtre. C'est à cette même
date, à l'occasion d'un voyage à Madrid, qu'il entra en relations
avec le duc de Sessa, don Luis Fernandez de Cordoba, Cardona y Aragon En 1609 paraît la seconde partie
des Comedias et un poème épique en vingt chants :
Jerusalen
conquislada. Vers cette époque le sentiment religieux semble
se développer chez Lope : en 1608, il est déjà familier
du Saint-Office de l'Inquisition En 1616, vers le 24-26 juin, Lope de Vega
quitte subitement Madrid pour se rendre à Valence. Le prétexte
apparent était d'y voir un de ses fils naturels, Fernando Pellicer,
devenu franciscain sous le nom de Fray Vicente. Il semble bien qu'en réalité
Lope allait rejoindre une actrice, qu'il appelait la Loca, peut-être
Jeronima de Burgos, et qui revenait de Naples
avec la troupe de comédiens du comte de Lemos. Ce fut sans doute
un caprice passager, car à la fin de cette même année
le poète, de retour à Madrid, contractait une liaison adultère,
de notoriété publique, avec doña Marta de Nevares
Santoyo, femme d'un petit propriétaire campagnard, Roque Fernandez
de Ayala. Lope eut de doña Marta une fille, Antonia Clara, qui naquit
le 12 août 1617. Doña Marta devint veuve en 1618-19; un peu
plus tard, elle perdit subitement la vue et après avoir été
folle quelque temps, elle mourut entre 1630 et 1633. Lope a raconté
lui-même, avec quelques déguisements poétiques, l'histoire
de ses amours avec Marta, qu'il a chantée sous le nom d'Amarilis,
dans une églogue imprimée en 1633. Poète et littérateur
jusque dans ses effusions amoureuses, lui-même autorisait sa fille
Marcela à recueillir ses lettres à doña Marta et à
les remettre au duc de Sessa qui récoltait avec un soin pieux tout
ce qu'écrivait son ami et son protégé. Malgré
cette conduite peu sacerdotale, Lope, grâce au duc, avait été
nommé, en 1616, procureur fiscal de la chambre apostolique de l'archevêché
de Tolède, et, tout en imprimant de 1617 à 1623 les parties
sept à dix-neuf de ses comédies, il écrivait en 1617
le Triunfo de la Fé en los Reynos del Japon En 1625 fut éditée la vingtième
partie des comédies, la dernière parue du vivant de Lope.
Cette même année, il entrait dans la congrégation des
prêtres originaires de Madrid,
destinée à secourir et à enterrer les ecclésiastiques
pauvres, et dont il devint premier chapelain en 1628. Il composait dans
la même période des recueils de poésies pieuses, les
Triunfos
divinos et le Romancero espiritual, et il donnait une nouvelle
édition augmentée des Soliloquios amorosos de un alma
a Dios (1626), qu'il disait traduits d'originaux latins d'un Père
Gabriel Padecopeo dont le nom est l'anagramme de Lope de Bega Carpio. En
1627, c'est un poème historique : Corona tràgica, vida
y muerte de la Serenissima Reyna de Escocia, Maria Estuardo, puis en
1630 son célèbre
Laurel de Apolo où il a fait
le dénombrement et l'éloge des poètes espagnols et
portugais. En 1632, il fit imprimer sa Dorotea, histoire de ses
premières amours, que suivit l'année d'après le récit
de sa dernière passion : Amarilis. Ce furent avec une élégie Toujours infatigable producteur dans le
genre dramatique, il avait écrit, en 1631, sa quinze centième
pièce, La moza de cantaro. Comme on avait donné au
public, de 1630 à 1633, des éditions non autorisées
des 22e, 24e
et 25e parties de ses Comedias, il s'était
mis à préparer une édition des 21e
et 22e parties lorsque la mort l'arrêta,
le 27 août 1635, après quatre jours de maladie. Son gendre,
Luis de Usàtegui, acheva la publication des 21e
et 22e parties, et imprima la 23e
en 1638. Les parties 24 et 25 ne furent éditées qu'en 1644
et 1647. Il faut mentionner encore un recueil lyrico-dramatique posthume,
La
vega del Parnaso, et un livre écrit en son honneur par les poètes
espagnols à la demande de Juan Perez de Montalvàn : Fama
postuma a la vida y muerte det Doctor Frey Lope Félix de Vega Carpio
y elogios panegiricos a la inmortalidad de su nombre... (1636). Cervantes
qualifiait Lope de Vega de monstruo de naturaleza, monstre de la
nature. Le fait est que personne ne l'a égalé en fécondité
et en imagination créatrice. Nous avons signalé au passage
ses principaux poèmes. Plus célèbre encore comme auteur
dramatique, il avait composé plus de 1 800 pièces, dont une
centaine furent écrites en vingt-quatre heures, et 400 autos, loas
et entremeses. De cette oeuvre si nombreuse, il subsiste environ 800 drames
ou comédies, dont 500 ont été publiés et une
quarantaine d'autos C'est Lope de Vega qui a créé le type achevé de la comédie de cape et d'épée et établi la coutume de la division en trois actes ou,jornadas. Parmi ses comédies, drames et pièces religieuses, on peut citer : La hermosa fea; Dineros son calidad; Las bizarrias de Belisa; La esclava de su galan; El perro del hortelano; El acero de Madrid; La noche de San Juan; La niña boba; El premio de bien hablar; La dama melindrosa; El anzuelo de Feniza; El ruyseñor de Sevilla; Por la puente Juana; El mejor alcalde el Rey; El castigo sin venganza; La estrella de Sevilla; El principe perfecto; Los caballeros comendadores de Cordoba; Roma abrasada; El Nuevo Mundo de Cristobal Colon; El ultimo Godo; Las mocedades de Bernardo; El casamiento en la muerte; Et bastardo Mudarra; El sabio en su casa; La doncella Teodora; Los cautivos en Argel; El nacirniento de Christo; La creacion del mundo; San Isidro de Madrid. (H. Leonardon).
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