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Les
gens
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| Tabarin
(Jean Salomon, dit). - Charlatan né sans doute à
Paris Grâce à
lui tout au moins, son surnom est devenu un nom commun. Son habillement
se composait d'une blouse et d'un pantalon de toile blanche avec un manteau
de même étoffe et un chapeau de feutre gris, auquel il faisait
prendre toute sorte de formes; il portait une barbe en trident de Neptune Doué d'un
fort embonpoint, aimant à boire, il était sans cesse appelé
par Mondor « gros porc; gros âne,
gros lourdaud, grosse masse de chair ». Il jouait le rôle d'un
personnage assez niais et bouffon, mais ses plaisanteries fréquemment
très grossières étaient fines parfois. Il improvisait
ses calembredaines et il lui arrivait d'en trouver d'étourdissantes.
Aussi dès 1619 lui attribuait-on toute espèce de pamphlets.
On a même pu penser qu'il n'a pas été sans quelque
influence sur Molière et sur La
Fontaine. Non seulement La Fontaine, mais Boileau,
Tallemant des Réaux, Voltaire ont cité
son nom.
Tabarin et Mondor sur scène. Son Adieu au peuple
de Paris date de 1623, année où il demeurait dans l'île
de la Cité On possède ses oeuvres, qu'il n'a pas publiées lui-même et qu'ont fait imprimer des anonymes. Le Recueil général des rencontres et questions tabariniques avec leurs réponses commença à paraître en 1622 (108 feuillets), au prix de 6 sous; l'Inventaire universel des oeuvres de Tabarin (124 feuillets) est une publication différente, à peine postérieure. Mais antérieurement, il y avait en des publications partielles de pièces facétieuses, imprimées séparément sous le nom ou à l'occasion de Tabarin et non comprises, du reste, dans les deux premières éditions collectives, comme n'étant sans doute pas, du moins pour la plupart, de l'invention de Tabarin, alors même qu'elles étaient de son répertoire : la principale de ces pièces a pour titre les Amours de Tabarin et d'Isabelle. Des éditions
suivantes, publiées jusqu'en, 1625, servent à compléter
celles de 1622. Il a paru en 1858 deux éditions des Oeuvres complètes
de Tabarin, comprenant avec ses questions ou facéties dialoguées,
des bouffonneries dites rencontres,
inventions, fantaisies, farces : la première,
publiée par G. Aventin [A. Veinant], en 2 vol. in-18, plus complète;
la seconde, par G. d'Harmonville [Émile Laurent, dit Colombey, et
Paul Lacroix], en 4 vol. in-18 (Cf. polémique entre les deux éditeurs
dans le Bulletin du Bibliophile, 1858, pp. 1262-1269, et 1859, pp.
194-203). On a une estampe d'Abraham Bosse,
qui représente ce charlatan, son contemporain; Fernand Fau, vers
1910 le représente (façon Robin-des-Bois |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.