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Ballades de
Robin Hood (ou Robin des Bois), groupe de ballades et poésies
populaires anglaises composés sur Robin Hood, du XIIe
au XVe siècle. Robin est représenté
généralement comme le chef d'une bande d'outlaws (c'est-à-dire
de hors-la-loi), réfugiés dans les forêts
du Yorkshire ( La Criminalité
au Moyen âge ).
Habile archer, protecteur des laboureurs et des faibles, galant et courtois
envers les femmes, et quoique fort pieux, ennemi des prêtres et surtout
du haut clergé, il eut une popularité énorme. Il personnifiait
surtout la réaction contre la rigueur excessive des lois forestières.
Robin Hood devint de bonne heure un des
personnages des fêtes du jour de Mai .
Il
fut le partenaire de la dame de Mai, Maid Marion (Marianne), et se dépouillant
peu à peu de son caractère sauvage, se transforma en ce Robin
des Pastourelles
dont Adam de La Halle ( le
Jeu
de Robin et Marion, ci-dessous) a tracé un si joli portrait.
Les ballades de Robin Hood, en grande faveur au XVIe
siècle, dédaignées depuis le XVIIe,
attirèrent de nouveau l'attention quand Joseph Ritson en eut publié
la plus grande partie en 1795, avec une sorte d'épopée qui
a pour titre Lyttle Geste of Robin Hode, et dont le franc archer
est aussi le héros. On voit dans cette pièce - l'une des
plus importantes et intéressantes écrites sur le sujet -
un Robin Hood protégeant un chevalier contre les exactions de l'abbé
de Sainte-Marie d'York. Il tue l'abbé, et après des démêlés
avec le shérif de Nottingham, est poursuivi par le roi Edouard en
personne qui, charmé de sa bonne grâce et de ses talents d'archer,
finit par lui accorder son pardon et le fait entrer dans sa suite.
Robin ne tarde pas à reprendre l'existence
indépendante du coureur de bois; mais, attiré dans un piège
par ses ennemis, il y est mis à mort. Sur ce thème sont venus
se greffer mille épisodes que le cinéma hollywoodien a rendus
familiers, mais que déjà Walter Scott
a utilisés dans la composition de plusieurs chapitres d'Ivanhoe,
qui ont servi à Southey dans son poème
inachevé de Robin Hood (Édimbourg ,
1847, in-8) et qui ont fourni la matière de plusieurs pièces
de théâtre, dont la Chute du comte d'Huntingdon, d'Anthony
Munday et Henry Chettle, est la plus connue. Dans cette version, Robin
né vers 1160, était comte de Huntingdon : après avoir
perdu son patrimoine par ses prodigalités et par l'injustice d'un
shérif et d'un abbé, il voua une haine implacable à
la noblesse normande et au clergé, recruta quelques aventuriers
avec lesquels il vécut au milieu de la forêt ,
et, se donna la mission de redresser les torts, et de venger la servitude
populaire.
Aujourd'hui encore on montre des pierres
où il se serait assis, des citernes où il aurait bu. Son
cor n'était pas moins célèbre que celui de Roland
en France; on conserva un arc qu'on lui attribuait et une de ses flèches
supposées à Fountains-Abbey jusqu'à la fin du XVIIIe
siècle, et une tombe lui fut assignée dans le cimetière
de Hathersage. Les noms de ses lieutenants vivent aussi dans la mémoire
du peuple : on remarque surtout Arthur, tanneur de Nottingham, et Petit-Jean
(Little John). -
Combat
de Robin des Bois (à droite) et du tanneur.
Mais quel crédit accorder à
ces légendes? Le thème du brigand (plus ou moins) vertueux
est assez commun dans le folklore européen. On peut par exemple
rapprocher de la geste de Robin des Bois, celle de Stenka Razine ,
en Russie, qui a donné lieu elle aussi à de nombreuses ballades.
Razine a bien existé, mais quid de Robin? Certains auteurs ont ainsi
cherché à assimiler Robin Hood aux nains
et aux géants
des légendes populaires. D'autres ont voulu en faire un mythe
solaire .
De fait, l'identification originelle de ce personnage, dont le nom est
proprement traduit en français par Robin des Bois, avec un
esprit de la forêt
(ce qui en ferait l'analogue du Sylvain
italique) est loin d'être absurde. Ses noces avec la printanière
Marion, semblent même revendiquer hautement un héritage lié
à d'anciennes fêtes pré-chrétiennes célébrant
le renouveau de la végétation. Cela n'a pas empêché
quelques historiens de se risquer à affirmer l'existence du personnage.
Le hic, c'est qu'ils ne sont pas d'accord sur l'époque où
il vécut. On fait parfois Robin des Bois un contemporain de Richard
Ier, fils d'une fille noble victime
d'un séducteur et obligée d'accoucher dans les bois, plus
tard créé comte et mort en 1198 ou 1247. Le docteur Stukeley
a fabriqué une ridicule généalogie qui fait descendre
Robin Hood de Ralph Fitz-Oath, compagnon de Guillaume
le Conquérant. D'autres voient en lui le chef des partisans
proscrits de Simon de Montfort révolté
contre Henri III. Augustin
Thierry place dans la forêt de Sherwood le centre de ses exploits
et voit en Robin «
le héros des serfs, des pauvres et des
petits, en un mot de la gent anglo-saxonne »; tandis que Walter
Scott montre le «
chef des outlaws » aussi redoutable
aux Saxons qu'aux Normands.
Encore faut-il remarquer que les histoires
contemporaines qui donnent les noms des plus célèbres outlaws
saxons ne mentionnent jamais Robin Hood, qui ne commence à apparaître
que dans la chronique de Fordun, chanoine d'Aberdeen (1377) et dans celle
de Bower, abbé de Sainte-Colombe (1450). Enfin J. Hunter (1852)
identifie le héros populaire avec un contemporain d'Edouard II,
qui assista le comte de Lancastre dans son insurrection de 1322. Il est
vrai qu'un document de l'Echiquier (1324) mentionne un Robyn Hode valet
ou porteur de chambre de la maison royale, mais le nom était assez
commun à l'époque, et rien ne permet d'affirmer qu'il s'agisse
ici du chef des outlaws. Ce ne sont que des hypothèses qui ne s'appuient
sur aucune preuve sérieuse. (R. S.).
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En
bibliothèque - Aug. Thierry,
Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands; Barry,
Sur
le cycle de Robin Hood, thèse, Paris, 1832; Mathew Gutch,
The
Robin Hood garlands and ballads, with the tale of the Lyttle Geste,
Londres, 2 vol., 1850; J. Hunter, The great hero of the ancient minstrelsy
of England, Robin Hood, ibid., 1852; L. Étienne, Les ballades
du cycle de Robin Hood, dans la Revue des Deux Mondes, 1er octobre
1854. |
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Le Jeu de Robin et Marion,
pièce pastorale
du poète d'Arras ,
Adam
de La Halle. On y voit figurer dix personnages, Robin, Marion, un chevalier,
six bergers et une bergère. Le chevalier rencontre Marion et cherche
à la séduire; mais il perd son temps et ses paroles, et se
retire fort peu satisfait. Arrive Robin, à qui son amie apprend
tout : le pauvre berger, craignant le retour de son rival, court appeler
d'autres bergers qui s'arment de bâtons. Cependant le chevalier revient,
insulte Robin, et emmène de force Marion, que son amoureux n'ose
défendre; elle se délivre enfin elle-même, de l'importun
chevalier, et, après divers jeux et divertissements, la pièce
se termine par le mariage de Robin avec Marion. Ce Jeu
ne fut pas
représenté du vivant de l'auteur; il paraît, d'après
le prologue dont il est précédé, qu'il fut donné
sur la scène pour honorer sa mémoire. (H. D.).
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En
bibliothèque - Ce texte été
publié par Monmerqué dans son
Théâtre français
au moyen âge, et par Renouard, Fabliaux et Contes, Paris, 1829.Histoire
littéraire de la France, t. XX. |
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