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| Ballades de
Robin Hood (ou Robin des Bois), groupe de ballades et poésies
populaires anglaises composés sur Robin Hood, du XIIe
au XVe siècle. Robin est représenté
généralement comme le chef d'une bande d'outlaws (c'est-à-dire
de hors-la-loi), réfugiés dans les forêts -
Robin Hood devint de bonne heure un des
personnages des fêtes du jour de Mai Robin ne tarde pas à reprendre l'existence
indépendante du coureur de bois; mais, attiré dans un piège
par ses ennemis, il y est mis à mort. Sur ce thème sont venus
se greffer mille épisodes que le cinéma hollywoodien a rendus
familiers, mais que déjà Walter Scott
a utilisés dans la composition de plusieurs chapitres d'Ivanhoe,
qui ont servi à Southey dans son poème
inachevé de Robin Hood (Édimbourg
Robin des Bois et Petit-Jean (gravure du XIXe s.). Aujourd'hui encore on montre des pierres
où il se serait assis, des citernes où il aurait bu. Son
cor n'était pas moins célèbre que celui de Roland Mais quel crédit accorder à
ces légendes? Le thème du brigand (plus ou moins) vertueux
est assez commun dans le folklore européen. On peut par exemple
rapprocher de la geste de Robin des Bois, celle de Stenka Razine
Robin des Bois (XVIe s.). Ses noces avec la printanière Marion, semblent même revendiquer hautement un héritage lié à d'anciennes fêtes pré-chrétiennes célébrant le renouveau de la végétation. Cela n'a pas empêché quelques historiens de se risquer à affirmer l'existence du personnage. Le hic, c'est qu'ils ne sont pas d'accord sur l'époque où il vécut. On fait parfois Robin des Bois un contemporain de Richard Ier, fils d'une fille noble victime d'un séducteur et obligée d'accoucher dans les bois, plus tard créé comte et mort en 1198 ou 1247. Le docteur Stukeley a fabriqué une ridicule généalogie qui fait descendre Robin Hood de Ralph Fitz-Oath, compagnon de Guillaume le Conquérant. D'autres voient en lui le chef des partisans proscrits de Simon de Montfort révolté contre Henri III. Augustin Thierry place dans la forêt de Sherwood le centre de ses exploits et voit en Robin « le héros des serfs, des pauvres et des petits, en un mot de la gent anglo-saxonne »; tandis que Walter Scott montre le « chef des outlaws » aussi redoutable aux Saxons qu'aux Normands. Encore faut-il remarquer que les histoires
contemporaines qui donnent les noms des plus célèbres outlaws
saxons ne mentionnent jamais Robin Hood, qui ne commence à apparaître
que dans la chronique de Fordun, chanoine d'Aberdeen (1377) et dans celle
de Bower, abbé de Sainte-Colombe (1450). Enfin J. Hunter (1852)
identifie le héros populaire avec un contemporain d'Edouard II,
qui assista le comte de Lancastre dans son insurrection de 1322. Il est
vrai qu'un document de l'Echiquier (1324) mentionne un Robyn Hode valet
ou porteur de chambre de la maison royale, mais le nom était assez
commun à l'époque, et rien ne permet d'affirmer qu'il s'agisse
ici du chef des outlaws. Ce ne sont que des hypothèses qui ne s'appuient
sur aucune preuve sérieuse. (R. S.).
Les joyeuses retrouvailles de Robin des Bois et de Richard Coeur de Lion dans la forêt de Sherwood. (Tableau de Daniel Maclise, XIXe s.).
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Le Jeu de Robin et Marion,
pièce pastorale du poète
d'Arras,
Adam
de La Halle. On y voit figurer dix personnages, Robin, Marion, un chevalier,
six bergers et une bergère. Le chevalier rencontre Marion et cherche
à la séduire; mais il perd son temps et ses paroles, et se
retire fort peu satisfait. Arrive Robin, à qui son amie apprend
tout : le pauvre berger, craignant le retour de son rival, court appeler
d'autres bergers qui s'arment de bâtons. Cependant le chevalier revient,
insulte Robin, et emmène de force Marion, que son amoureux n'ose
défendre; elle se délivre enfin elle-même, de l'importun
chevalier, et, après divers jeux et divertissements, la pièce
se termine par le mariage de Robin avec Marion. Ce Jeu
ne fut pas
représenté du vivant de l'auteur; il paraît, d'après
le prologue dont il est précédé, qu'il fut donné
sur la scène pour honorer sa mémoire. (H. D.).
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