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Le nom de vaudeville
fut donné, au XVe siècle,
à des chansons joyeuses ou malignes.
Olivier Basselin, maître foulon de Vire
en Normandie ,
composa des poésies de ce genre, qui coururent tout le val de Vire,
et qui, se propageant plus loin, continuèrent d'être appelés
vaux-de-vire. Une édition en a été donnée par
J. Travers, Avranches ,
1833, in-18. Un avocat de Vire, Jean Le Houx, en écrivit aussi à
la fin du XVIe siècle. Le mot vau-de-vire
fut défiguré par l'ignorance : un musicien de l'Anjou ,
Jean Chardavoine, fit imprimer, en 1575 et 1578, des voix de ville, et
Jacques de Callières, dans son ouvrage Des mots à la mode
et des nouvelles façons de parler (Paris, 1690 et 1693, in-12),
nous apprend que le mot vaudeville date du XVIIe
siècle.
On employa bientôt ce mot pour désigner
autre chose que des chansons satiriques, grivoises ou politiques : ainsi,
les comédies de Dancourt,
faites sur des événements du jour et sur des anecdotes qui
couraient, étaient appelées vaudevilles. Les vaudevilles
furent ensuite des pièces de théâtre
dans lesquelles entraient des couplets; ces compositions dramatiques, qui
prirent naissance vers 1700, aux foires Saint-Germain
et Saint-Laurent, et auxquelles se livrèrent principalement Fuselier,
d'Orneval et Lesage, étaient rimées,
pour le dialogue comme pour les couplets.
Puis, on mêla de la prose avec les
vers, afin de mieux lier les couplets, et le vaudeville devint, vers la
fin du XVIIIe siècle, ce qu'il est
resté jusqu'à nos jours, une petite comédie
dont le dialogue en prose est entremêlé de couplets. II se
distingua de la comédie à ariettes, appelée opéra-comique,
en ce que ses couplets furent adaptés à des airs vulgaires
et connus. Les couplets qui terminent quelques comédies de Picard
et le Mariage de Figaro
de Beaumarchais ne font pas, de ces
pièces, des vaudevilles dans le sens récent de ce mot. Le
vaudeville se prête à tous les tons : comédies intriguées,
scènes de boudoir, pièces villageoises, tableaux de circonstance,
parodies, tout a été de son
domaine. (B.). |
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