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Legouvé

Jean-Baptiste Legouvé est un avocat et littérateur français, né à Montbrison vers 1730, mort en 1782. Il se distingua comme jurisconsulte; très érudit, émule de Gerbier et de Target, il fut mis en lumière par l'affaire célèbre des frères Lioney contre la Compagnie de Jésus. Le grand succès qu'il obtint semblait lui promettre une carrière brillante, mais la délicatesse de sa santé l'obligea à renoncer à plaider : il se borna à être consultant. Il composa une tragédie qui ne fut pas jouée, nais parut en 1775 : Attilie. Ses mémoires et ses consultations écrites sont remarquables par la logique, la fermeté et la simplicité alors fort rare. Il vécut en homme de bien.
Gabriel-Marie-Jean-Baptiste Legouvé est un poète français, né à Paris en 1764, mort à Montmartre en 1812, fils du précédent. Héritier d'une belle fortune, il se consacra dès sa jeunesse à la littérature pour laquelle il avait une passion profonde. Il débuta par une traduction de Lucain et un recueil de vers composé avec Laya et publié sous le titre : Essais de deux amis (1786). En 1792, le Théâtre-Français représenta sa première pièce : la Mort d'Abel, tragédie pastorale que le critique du temps, Laharpe, maltraita. 

En 1793, Legouvé composa sa tragédie d'Epicharis; en 1795 parut Quintus Fabius; en 1799, Etéocle, qui réussit mal; en 1806, la Mort de Henri IV, qui eut du succès : cette pièce rompt un peu avec la tradition classique, et l'on pourrait y voir comme un timide essai du drame moderne. 

Legouvé a publié encore un volume de vers dont quelques pièces furent goûtées, tels que Souvenirs, Mélancolie, etc. Enfin, en 101, il avait fait paraître le Mérite des femmes, petit poème qui est resté son meilleur titre littéraire et qui obtint le plus franc succès : quarante éditions se succédèrent rapidement. 

Ses vers un peu incolores se relèvent de temps à autre par quelques inspirations assez heureuses, mais l'originalité et la force y font presque complètement défaut. Membre de l'Institut à partir de 1798, le poète fut nommé suppléant de la chaire de poésie latine de Delille. La mort de sa femme en 1810 l'affecta profondément; il tomba dans un tristesse noire qui altéra sa raison et sa santé; il mourut peu après dans une maison de santé de Montmartre. (Ph. B.).

Gabriel-Jean-Baptiste-Ernest-Wilfrid Legouvé est un littérateur français, né à Paris le 15 février 1807, mort le 14 mars 1903; fils du précédent. Après la mort de son père, son tuteur, Bouilly, lui fit faire ses études au collège Bourbon; dès sa jeunesse, il se sentit attiré par la poésie et la littérature. Sa première pièce fut la Découverte de l'imprimerie, qui obtint un pris de l'Académie française (1827). Ensuite, il publia un roman intitulé Max (1833), puis, l'année suivante, un poème : les Vieillards. Un de ses meilleurs romans, Edith de Falsen, publié en 1840, a été réédité à plusieurs reprises, notamment en 1869. Une vocation nouvelle se déclara chez lui en 1847 : celle de conférencier à laquelle il doit de nombreux et légitimes succès. Autorisé à cette époque à faire un cours libre au Collège de France sur l'Histoire morale des femmes, il conquit aussitôt son public; en 1848, il publia ses leçons.

La principale réputation de Legouvé vient de ses pièces de théâtre. Son premier drame, Louise de Lignerolles, composé en collaboration avec Prosper Dinaux, est resté au répertoire du Théâtre-Français. Il a collaboré ensuite avec Scribe à Adrienne Lecouvreur (1849), à Bataille de Dames (1851) et aux Contes de la reine de Navarre; les trois pièces furent représentées avec succès. Mis en relations avec Rachel qui avait joué Adrienne Lecouvreur, Legouvé composa pour la tragédienne Médée, pièce en cinq actes, qu'elle voulut jouer, puis qu'elle refusa; l'auteur lui fit un procès qu'il gagna, mais il abandonna les dommages-intérêts à la Société des gens de lettres. Cette tragédie a été traduite en italien par Montanelli en 1856 et jouée par Ristori dans toutes les grandes villes d'Europe avec un succès très brillant. 

Ces différents titres littéraires ouvrirent en 1855 à Legouvé les portes de l'Académie française, où il remplaça Ancelot. En 1855, il fit jouer avec bonheur Par Droit de conquête, puis le Pamphlet (1857), qui échoua; en 1858, les Doigts de Fée (en collaboration avec Scribe); en 1861, Béatrix, comédie en prose en cinq actes (Ristori joua la pièce à l'Odéon); en 1861, Un Jeune Homme qui ne fait rien, un acte en vers; en 1868, A Deux de jeu, un acte en prose (ces deux dernières pièces jouées au Théâtre-Français); puis Miss Suzanne, comédie en quatre actes; les Deux Reines de France, drame en vers interdit par la censure et joué seulement en 1872 au Théâtre-Italien avec musique de Gounod; en 1875, l'Amour africain, opéra-comique dont Paladilhe fit la musique; en 1876, la Cigale chez les Fourmis (en collaboration avec Labiche; en 1877, Une Séparation, drame en quatre actes, etc. 

En outre de ces nombreuses pièces, Legouvé a composé de nombreux romans, des essais de toutes sortes sur les questions du jour, des conférences toujours très goûtées par leur esprit fin et bienveillant. Il s'est surtout attaché à parler des femmes, de leur rôle dans la société et dans la famille; il parle aussi très volontiers de l'art de la lecture où il est passé maître, de l'escrime qu'il a continué à pratiquer malgré son grand âge. Un de ses livres les plus agréables et d'un véritable charme de bonhomie et de goût a paru sous le titre de Soixante Ans de souvenirs (1886-1887, 2 vol., et 1888, 4 vol.); ces mémoires sans prétention sont très vivants et pleins d'anecdotes sur les hommes et les choses. Parmi ses autres publications, nous citerons : les Morts bizarres (1832); Guerrero (1845); Béatrix (1860); la Croix d'honneur et les Comédiens (1863); la Femme en France au XIXe siècle (1864); Jean Reynaud (1864); les Pères et les Enfants au XIXe siècle (1867-1869, 2 vol.); Petit Traité de lecture à haute voix (1878), l'Art de la lecture (1878); Nos Filles et nos Fils (1878); la Question des femmes (1884); Une Dot (1888); Histoire de ma maison (1890), etc. 

Legouvé n'a jamais voulu occuper de fonctions publiques; il a refusé en 1876 de se porter au Sénat. Cependant le 31 octobre 1881 il a accepté la direction des études à l'Ecole normale de Sèvres pour l'enseignement des jeunes filles; à cette occasion, il avait été nommé inspecteur général de l'instruction publique. (Ph. B.).

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