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James

James (Thomas). - Navigateur né vers 1593, mort vers 1635. Capitaine et armateur, il fut chargé, en 1631, par les marchands de Bristol, de diriger une expédition pour découvrir le passage Nord-Ouest. Parti le 3 mai sur l'Henriette-Marie, il parvenait le 4 juin sur la côte de Groenland. Il doubla le cap Farewell, celui de la Désolation et après avoir aperçu le 5 juillet l'île Salisbury, il dut, à cause des glaces, revenir vers le Sud. Il découvrit le 20 août une terre qu'il nomma «nouvelle principauté de South Wales», le 3 septembre le cap Henriette-Marie, le 6 octobre l'île Charleston où il fut forcé d'hiverner. Après avoir éprouvé de grandes souffrances, il était de retour à Bristol le 22 octobre 1632. Au total, il avait navigué au Nord jusqu'à 65° 30' de latitude, exploré la partie Sud de la baie d'Hudson (qui garda son nom), et nia la possibilité du passage au Nord-Ouest.

En 1633, Thomas James fut nommé au commandement d'un navire chargé de réprimer la piraterie dans le canal de Bristol et sur les côtes d'Irlande. Il a laissé de son voyage un journal extrêmement intéressant : The Strange and dangerous Voyage of captain Thomas James in his intended discovery of the North-West passage into the South Sea (1633, in-4, plus. fois réimpr.). (R. S.).

James (Robert). - Médecin né en 1705 dans le comté de Stafford (Angleterre), mort en 17 76. Il est l'inventeur d'une poudre fébrifuge qui reçut son nom. Ses principaux ouvrages sont : Dictionnaire de médecine, 3 vol. in-fol., fait en collaboration avec le docteur Johnson, son élève, et qui a été traduit en français par Diderot, Eidous et Toussaint, 6 vol. in-fol., et Pratique de la médecine, 2 vol. in-8.
James, Sir Henry (1803-1877) - savant topographe et géodésien anglais, né à Rosemundi, près de Sainte-Agnès (Cornouailles) en 1803, mort à Southampton le 14 juin 1877. Élève de l'Académie militaire de Woolwich, il entra, en 1825, dans le génie et fut attaché en 1827 à l'Ordnance Survey dont il devint directeur général le 11 juillet 1854. Il s'y occupa passionnément du lever de la carte topographique du royaume et employa la photographie (c'était alors une nouveauté) pour la réduction des plans. Nommé le 22 août 1857 directeur du département de la topographie et de la statistique au ministère de la guerre, James présida au raccordement des triangulations entre l'Angleterre, la Belgique et la France. 
Jonction géodésique de la France avec l'Angleterre - Avant 1861, le travail de jonction des triangulations de la France avec l'Angleterre, par-dessus le détroit du Pas-de-Calais, avait été plusieurs fois entrepris par des géodésiens de ces deux nations, mais sans succès, parce que les signaux ordinaires ne pouvaient être nettement aperçus d'une rive du détroit à l'autre rive. Dans les années 1861 et 1862, cette jonction fut opérée séparément et simultanément, en se servant de l'héliotrope de Gauss, par deux Commissions composées, l'une d'ingénieurs anglais, notamment H. James et M. Clarke, l'autre d'officiers français, dont le chef, Levret, eut Perrier pour collaborateur le plus actif. Des travaux de ces deux Commissions, il est résulté la mesure d'un nouvel arc de la méridienne de France, ayant 13° et s'étendant de Dunkerque aux îles Shetland. (Lebon, 1899).
Parmi ses nombreux travaux originaux, il faut mentionner l'application de la photozincographie au tirage des cartes, qui fut par la suite adoptée par tous les gouvernements d'Europe.

Il a laissé beaucoup d'ouvrages, entre autres : On the Figure, dimensions, and mean specife gravity of the Earth (1856, in-4); Principal Triangulations of the Earth (1858, 2 vol. in-4); Photozincography (Southampton, 1860, in-8); The Astragalus of Tin (Londres, 1863, in-8); Notes on the great Pyramid of Egypt and the cubits used in ils design (Southampton), Photozincography and other photographic processes (1870, in-4), etc. James avait été promu lieutenant général le 21 novembre 1874. (R. S.).

James (William), philosophe né à New York le 11 janvier 1842. Il étudia d'abord les sciences physiologiques et médicales, et prit en 1869 le grade de docteur en médecine (Harvard). Il devint successivement professeur adjoint de physiologie à Harvard (1876), professeur adjoint (1880), puis professeur de philosophie (1885). Une lettre adressée par lui aux rédacteurs de la Critique philosophique (1878, t. XII, p. 407, Quelques Considérations sur la méthode subjective), puis de curieuses et pénétrantes études sur la Caractéristique intellectuelle de l'homme (1879), sur le Sentiment de la rationalité (1880), enfin sur le Sentiment de l'effort (1881), toutes publiées dans la Critique philosophique, signalèrent son nom à l'attention des lecteurs français, et firent dès lors concevoir à tous ceux qui ont le souci des questions philosophiques les grandes espérances que W. James a réalisées depuis. D'autres travaux tels que les Grands Hommes, les grandes pensées et le Milieu (1881); Action réflexe et théisme (1882); Rationalité, activité et foi (1882); le Dilemme du déterminisme (1881), parurent dans le même recueil. Diverses études publiées dans le Mind, dans le Journal of speculative philosophy, dans le Scribners' Magazine, sont devenues des chapitres du grand ouvrage de W. James, The Principles of Psychology (New York, 1890, 2 vol.).

Ce livre de W. James est certainement une des oeuvres les plus considérables de la fin du XIXe siècle. Admirablement au courant de tous les travaux accomplis dans l'ordre des recherches physiologiques et psychologiques, en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, James a pu donner un tableau très exact et très complet de l'état de la science au moment où il l'écrivait. Physiologiste et médecin, devenu un psychologue de premier ordre, James est aussi un philosophe qui a abordé les grands problèmes et pris parti sur les questions qui divisent l'esprit humain.

Sa pensée présente certaines affinités avec celle de Renouvier; il a adopté quelques-unes des thèses du criticisme néo-kantien, et c'est à l'un des représentants de cette école, F. Pillon, qu'il a dédié les deux volumes des Principles of Psychology, "en témoignage d'affection et de reconnaissance pour ce qu'il doit à la Critique philosophique". Toutefois, la doctrine de James s'écarte sur bien des points importants de celle de ses amis français. Dans son livre de psychologie notamment, le seul ouvrage dont nous puissions parler ici, le philosophe américain se place à un point de vue strictement positiviste; il veut traiter de la psychologie comme d'une science naturelle, et écarte résolument tout ce qui se rattache à la métaphysique ou même à la critique générale. Toute science, dit-il, a certaines données qu'elle adopte sans les discuter : ces données sont pour la psychologie la pensée et les sentiments, l'existence du monde dans le temps et l'espace, la connaissance que nous en avons. Quand nous avons analysé ces données, et déterminé empiriquement leurs rapports avec certaines conditions définies du cerveau, l'oeuvre de la psychologie en tant que science naturelle est achevée. Il n'y a pas lieu de s'occuper d'entités placées sous les phénomènes, telles que Ame, Moi transcendantal, Idées, Unité élémentaire de conscience. Le spiritualisme et l'associationnisme sont renvoyés dos à dos. C'est faire tort à la métaphysique et méconnaître la grandeur de sa tâche que de la mêler inconsidérément aux recherches psychologiques

L'ouvrage de James est conçu sur un plan nouveau. Les premiers chapitres sont consacrés aux fonctions du cerveau et aux conditions indispensables de son activité, à l'habitude considérée physiologiquement, à la théorie de l'automatisme et à celle du mind-stuff : les théories et hypothèses les plus récentes sont discutées avec la plus grande liberté d'esprit et le plus vif souci de l'exactitude scientifique. Les pensées et les sentiments étant, comme on l'a vu, les données de la psychologie, l'auteur étudie d'abord les pensées, et examine successivement l'attention, la conception, la comparaison, l'association des idées, la perception du temps, la mémoire, la sensation, l'imagination, la perception des choses et de l'espace, le raisonnement; vient ensuite l'étude du mouvement, de l'instinct, des émotions, de la volonté. Deux chapitres enfin sont consacrés à l'hypnotisme et à l'origine des vérités nécessaires.

Nous devons nous borner ici à ce rapide aperçu des questions traitées dans ce beau livre : il faut renoncer à indiquer même en passant tout ce qu'on y trouve d'analyses ingénieuses et de vues originales et profondes. Signalons toutefois le chapitre si curieux sur la conscience et sur la question de savoir si elle est un épiphénomène, les chapitres sur la perception de l'espace et sur les émotions. Il n'est que juste d'ajouter que, par la vigueur de la pensée et la clarté de l'exposition, ce livre est jusqu'ici sans égal, et qu'il assure au penseur américain une place éminente parmi les philosophes du XIXe siècle. (Victor Brochard).

James (Henry). - Romancier né à New York en 1843. Fils du Rév. H. James, qui a laissé une réputation méritée de philosophe et de théologien, il fut élevé autant en Europe qu'en Amérique et devint promptement un des écrivains les plus appréciés des revues et magazines publiés aux États-Unis et en Angleterre. Ses principaux romans sont : A Passionate Pilgrim, A Bundle of Letters, Confidence, Diary of a Man of Fity, Washington Square, Daisy Miller, Tales of Three Cities, Princess Casamassima. On a aussi de lui des études curieuses comme : The French Poets and Novelists, The Americans, The Europeans, A Little Tour in France, etc. Il était le chef de l'école analytique dans la littérature anglaise. (B.-H. G.).
James (Frank-Linsly). - Explorateur né à Liverpool le 21 avril 1851, mort le 21 avril 1890. Fils d'un riche commerçant, doué du goût des voyages, il pénétra, en 1877-78, dans le Soudan jusqu'à Berber, traversa le désert et revint à Dongola. Après un voyage dans l'Inde, il retourna dans le Soudan, d'où il rapporta un fort intéressant volume : Wild Tribes of the Soudan (1883, in-8). Il visita le Mexique en 1882-83 et en 1884 entreprit une exploration dans le pays des Somalis. Il y pénétra plus avant que n'avaient pu le faire Burton et Speke et publia le récit de son voyage : The Unknown Horn of Africa (1888; 2, éd., 4890). En 1890, il remonta le Niger et fit une série d'expéditions sur la côte Ouest d'Afrique. Il fut tué par un éléphant qu'il avait blessé. (R. S.)
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