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| Arrière-plans | ||
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| Entendu au sens large, le
nom de Somalie s'applique presque à tout le grand triangle que forme
la Corne de l'Afrique, c'est-à-dire à l'Etat actuel de la
Somalie (réunion de l'ancien Somaliland britannique et de
l'ancienne Somalia italienne), à l'Etat de Djibouti
(ancienne Côte française des Somalis) et à la province
de l'Ogaden, qui appartient l'actuelle Ethiopie Pendant longtemps, l'histoire de la Somalie
s'est surtout écrite le long de ses côtes. On peut la faire
sans doute remonter à celle du pays de Pount (Punt) mentionné
par les Egyptiens Dans les années
1880,
les Européens, principalement la France, le Royaume-Uni et l'Italie
commencent à prendre pied dans la région, qu'ils se partageront
jusqu'en 1960,
date de la création de la République somali. Depuis 1990,
ce pays a sombré dans d'incessants troubles intérieurs.
Dates clés : Dès 3000 av. J.-C. - Pays de Pount au Nord de la Corne. |
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| Jalons
chronologiques
Le pays de Pount.
On on a trouvé mille objets qui
témoignent d'un commerce considérable avec toutes les régions
de l'Océan Indien qu'unit le va-et-vient annuel de la mousson :
émaux et verres, poteries vernissées, vases de pierre et
d'albâtre, perles et pierres précieuses prouvent que les ancêtres
des Somalis étaient alors en relations avec les peuples industrieux
et riches de tout l'Orient. Les buttes funéraires dressées
à ces époques lointaines sont nombreuses dans certaines parties
du pays : ce sont en général des entassements pyramidaux
de pierres, parsemés de coquillages, d'os de poissons, d'instruments
remontant au Néolithique. Les tombeaux fouillés dans les
environs de Zeïla paraissent être d'origine galla, et dans le
voisinage une tradition a gardé la mémoire de l'emplacement
d'une « ville immense » qui aurait également appartenu
à des Galla; pourtant les villages de leurs tribus les plus rapprochées
se trouvent maintenant à 200 kilomètres de distance dans
le pays de Harrar Les routes commerciales.
Les produits naturels
du pays sont traditionnellement expédiés par les ports du
littoral où ils arrivent par les diverses routes des caravanes.
Au tou début du XXe
siècle encore, les routes commerciales
anglaises vers l'Abyssinie 1° la route de Zeïla, qui rejoint à l'intérieur, à quelques journées de la côte, celle de Djibouti (dont le chemin de fer vers Addis Abeba a été mis en chantier par les Français à partir de 1898);Il était aussi question à cette époque d'une ligne ferrée partant de Berbéra pour Harrar L'irruption des
Européens.
En 1887,
l'Angleterre établit un protectorat sur la côte somalie, et
elle en fixa, par un accord avec la France (3 février 1888),
la limite occidentale. En 1891
(24 mars, 14 avril) et 5 mai 1894,
un traité avec l'Italie partageait entre les deux puissances toute
la région englobant le Harrar Les ambitions de l'Italie dans la région
ont été durables et le pays et expliquent son engagement,
en 1915, dans la Première guerre
mondial aux côtés des Alliés, engagement en echange
duquel elle espérait des compensations territoriales dans la Corne.
L'accord n'eut pas de suite après le conflit, mais en 1935,
Mussolini parvint à obtenir de Pierre Laval, mandété
par la France, la promesse de la cession de la Côte française
des Somalis. Lors de la Seconde guerre mondiale, l'Italie, cette fois opposée
aux Alliés, lança une nouvelle offensive en Ethiopie Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, on retrouvera quelques années une situation proche du statu quo ante. La côte des Somalie est rendue à la France, le Somaliland reste britannique et l'ONU confie à l'Italie l'administration du territoire qu'elle occupait auparavant. Mais l'heure de la décolonisation commence à sonner dès 1960, avec le départ des Britanniques du Somaliland et des Italens de la Somalie italienne. Ces deux territoires se réunissant pour former la République Somali actuelle. La Côte française des Somalis, devenue en 1967, Territoire français des Afars et des Issas (d'un nom de ses deux composantes démographiques) devra pour sa part attendre 1977 pour devenir la République de Djibouti, où la France conserve une importante base militaire. Avec l'indépendance de la Somalie
sont également apparues les aspiration nationalistes à une
Grande Somalie, supposée rassembler La République Somali,
Djibouti, l'Ogaden et le Nord du Kenya (jadis occupé par l'Allemagne).
D'où la série de guerres (guerre de l'Ogaden contre l'Ethiopie Modes de vie traditionnels Les Somalis représentent une population assez homogène du point de vue culturel, et en particulier linguistique, mais on peut y reconnaître trois grands groupes de populations, grandes conférdérations claniques, elles-mêmes divises en de nombreuses tribus (lignages patrilinéaires) appélées rer ou fakida : 1° les Rahanwin entre l'Onebi Chebeli et la Djenba;On les divise aussi, d'après leur situation géographique, en Somalis du Harer, Somalis de la côte du Nord, Somalis de l'Ogaden et Somali de la côte orientale. Parmi ces populations vivent certains indigènes qu'y y sont regardées comme les parias du pays et dans lesquels on a voulu voir les restes d'anciennes populations autochtones : les Yebir ( = amuseurs), les Midgan ( = chasseurs) et les Tomal ( = forgerons), mais groupes peuvent plus probablement être considérés seulement comme des classes sociales particulières. La constitution politique traditionnelle des Somalis est patriarcale. Ils vivent sous des chefs sans grande autorité qui, dans le passé et peut-être encore aujourd'hui dans la situation chaotique où se trouve le pays, se réunissent parfois pour faire la guerre et se séparent de nouveau après. La majeure partie
du sol est aride, et les dattiers ne sont pas cultivés; les caféiers
le sont un peu dans l'intérieur. On recueille la gomme des acacias,
qui poussent sur les collines ainsi que les arbres à encens et à
myrrhe (olibanum), notamment dans la Medjourtine et moins fréquemment
chez les Ouarsanguélis. Les nomades possèdent de nombreux
troupeaux qui leurs assurent une relative prospérité, dans
les lieux herbeux, vallées et embouchures des cours d'eau. Les animaux
domestiques, chameau, cheval, âme, bœuf, chèvre, brebis, sont
très répandus. Jadis, la chasse procurait les dents des éléphants Les Somalis sont restés dans leur majorité éleveurs et propriétaires de troupeaux. Ils possèdent des chameaux, des ânes, des autruches, des chevaux, des boeufs, des moutons et des chèvres. Ils se nourrissent surtout de lait et de graisse, de gâteaux faits de millet d'Afrique, de doura et de ri; rarement ils mangent de la viande et ils ont horreur de certains aliments, tels que les poulets (ils n'en élèvent pas), les oeufs, les poissons, le gibier et le sang frais. Ils ne fabriquent pas non plus de fromage. Les Somalis sont musulmans; la connaissance de la langue arabe semble être assez répandue, au moins parmi la population des villes. L'esclavage était inconnu dans le Nord; mais il semble cependant avoir persisté jusqu'au XXe siècle dans les parties méridionales. Le vêtement traditionnel des Somalis est principalement constitué d'un espèce de chemise ou de manteau de coton appelée marro. Les femmes donnent à ce vêtement la forme d'une longue chemise qu'elles serrent d'une ceinture à la taille. Aux pieds on porte des sandales. Hommes et femmes sont surchargés de bijoux, de boucles d'oreilles, de bracelets, de colliers faits de plomb ou d'étain. On se suspend des amulettes au cou, des morceaux d'ambre et des perles de verre. Dans les cheveux on porte une aiguille de bois de 12 à 15 centimètres de longueur. Les femmes portent sur la poitrine une espèce de plaque ornée, en métal, qui est souvent très joliment travaillée et descend du cou jusqu'à la poitrine. Les hommes ne se couvrent pas la tête; les jeunes filles portent les cheveux flottants, les femmes se les couvrent avec une espèce de mouchoir de coton noué en chignon. On demeure dans des huttes en forme de ruche, qu'on couvre de nattes et de peaux. Dans les villes, on construisait des huttes de pierre et de tuiles. Les nomades demeurent dans des huttes qui ressemblent beaucoup à des tentes. Le village somali se compose de quelques huttes basses entourées d'une haie d'épines. En général, il n'y a que cinq ou six huttes, chacune habitée par une famille et obéissant à un chef. Les Somalis sont polygames, mais d'une manière très restreinte. Tout le monde se marie, vieux garçons et vieilles filles sont des êtres inconnus. On veille jalousement à la chasteté des jeunes filles et des femmes mariées, aussi n'y a-t-il presque pas de prostitution, à laquelle ne se livrent que les femmes divorcées. On se marie de très bonne heure, les garçons à quinze ans, les filles à treize. Il semble que c'est souvent la jeune fille qui choisit son époux, mais celui-ci est quand même obligé d'acheter sa femme. D'ordinaire, c'est le père du jeune homme ou les amis de ce dernier qui demandent pour leur client la main de la future fiancée aux parents de celle-ci. Le mariage entre proches parents est défendu. Le prix d'une femme varie beaucoup (10 à 150 chamelles, 10 à 15 chevaux, chez les pauvres 10 à 20 chèvres qu'on vole au besoin). Comme armes, on a traditionnellement employé des lances et des sagaies, des boucliers ronds en cuir et, des poignards en forme de sabre. On ne faisait pas généralement usage de flèches empoisonnées qui n'étaient connues que des Ogadens et des parias. (A. Dirr). |
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