États et Territoires
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Antilles Néerlandaises
Nederlandse Antillen

12 15 N, 68 45 W
Les Antilles néerlandaises constituent un territoire autonome au sein du royaume des Pays-Bas, situé dans l'archipel des Antilles. Elles sont formées de cinq îles principales répartie en deux groupes. Au Nord,  à proximité des Îles Vierges, et faisant partie des îles au-Vent (Leeward islands) on trouve Saba, Sint Eustatius (Saint-Eustache), and Sint Maarten (partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin); au Sud, au large des côtes du Vénézuela, et faisant partie des îles Sous-le-Vent (Windward Islands), on a Bonaire et Curaçao (Aruba, également possession néerlandaise, et qui faisait partie de ce groupe bénéficie d'une administration distincte depuis 1986). Les Antilles Néerlandaises totalisent une superficie de 960 km² et ont une population de 222 000 habitants environ (2007).

Îles au-Vent 
Saint-Martin, tout au Nord du territoire et proche d'Anguilla, est une île de forme triangulaire. Elle se termine par les pointes Basse-Terre, Blanche et Nord. On trouve à l'intérieur plusieurs lacs, et le point culminant est le Paradis (415 m); la superficie est de 99 km², dont 52 appartiennent à la France, dans la Nord et l'Ouest et 47 sont rattachés aux Antilles Néerlandaises, dans le Sud. Le sol est sableux, le climat salubre; mais l'eau est rare. La partie hollandaise (40 000 habitants) a pour capitale Philipsburg. La partie française forme une commune de la Guadeloupe, arr. de La Basse-Terre; le ch.-l. est Le Marigot.

Sint-Eustatius (Saint-Eustache) appartient comme Saint-Martin à la chaîne des Îles au Vent (Leeward islands); 1500 habitants. Longue de 8 kilomètres, large de 4 kilomètres, avec une altitude maxima de 594 m, elle a une superficie de 21 km². Volcanique, elle est dominée par le Punch Bowl, cratère profond de 300 m, éteint depuis le XVIIIe siècle et couvert de végétation. On n'y trouve pas de sources. La ville, appelée Saint-Eustache ou Ville d'Orange, n'a pour port qu'une rade ouverte. 

Saba est une petite île située au Sud-Ouest de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, au Nord-Ouest de Saint-Eustache; 1000 habitants. Elle est à l'extrémité Nord de l'arc régulier des Petites-Antilles. C'est un rocher circulaire qui culmine au mont Scenery (862 m), et est assez difficilement accessible, sauf au Sud, et d'une superficie de 13 km². Au XIXe siècle, on y a répandu à grands frais une couche de terre végétale, ce qui lui a permis de produire du coton et de l'indigo. Ch.-l. Leverock. La langue usuelle est l'anglais.

Îles sous-le-Vent.
Curaçao est la plus grandes des Antilles Néerlandaises; 126 000 habitants. C'est une île beaucoup plus longue que large, qui fait face à la côte du Venezuela et à la presqu'île de Paraguana. Elle est légèrement ondulée (le point culminant au Nord-Ouest à 365 m d'altitude), mais mal arrosée. Sa côte sud possède un bon port, presque entièrement abrité, et qui communique avec la mer par un chenal. Willemstad , la capitale, est bâtie sur ce chenal. L'île est riche en phosphates.

Bonaire (Buen-Ayre) se situe une trentaine de kilomètres à l'Est de Curaçao; 10000 habitants. Elle a 30 km sur 6 environ et 100 km de côtes; elle est haute et montueuse, quelque peu boisée, mais manque elle aussi d'eau douce. Cette île est riche en sel.

L'histoire des Antilles Néerlandaises. - Curaçao, découverte en même temps que les autres îles sous-le-vent (Windward islands)  en 1493 par Christophe Colomb, et fut occupée par les Espagnols à partir de 1527, puis par les Hollandais à partir de 1534, qui y rattachèrent leurs autres possessions de la région : l'île d'Aruba à l'Ouest, celle de Bonaire à l'Est, ainsi que les îlots d'Aves et le petit Curaçao, qui relevèrent toutes de Curaçao. Pendant les guerres de la République et de l'Empire, les Anglais prirent Curaçao, une première fois après la paix d'Amiens, une seconde fois après cette paix; ils la restituèrent définitivement en 1814. 

Les îles au-Vent (Leeward islands) ont été découvertes en 1499 par Alonso de Ojeda. Saint-Eustache fut plusieurs fois conquise et reconquise par les Français, les Anglais et, enfin les Hollandais; elle appartient à ceux-ci depuis 1814. Saint-Martin a d'abord, en 1639, une possession de la France, qui n'y a pas envoyé de colons. En 1648, débarquèrent à la fois des Hollandais et des Français qui se partagèrent l'île à l'amiable. La partie Nord revint à la France qui la rattacha ensuite administrativement à la Guadeloupe, la partie Sud aux Pays-Bas, qui en firent comme toutes les autres îles qu'ils possédaient aux Antilles une dépendance du gouvernement de Curaçao. 

Toutes ces îles furent utilisées par la Compagne de Indes Occidentales Néerlandaise comme des centres du commerce des esclaves jusqu'à ce que l'esclave y fût aboli en 1863. Curaçao, capitale de ce trafic, dut attendre les premières années du XXe siècle pour retrouver (avec sa voisine Aruba) la prospérité qu'elle avait perdue grâce à la construction de raffineries de pétrole afin de répondre aux besoins qu'avait créé la récente découverte de gisements au Venezuela.

En 1954, une autonomie complète fut accordée aux Antilles Néerlandaises (connues jusqu'alors sous le nom de Curaçao et dépendances); les Pays-Bas conservèrent seulement la responsabilité de la Défense et de la Diplomatie. Après la sécession d'Aruba, en 1986, la question du statut des autres îles a commencé à se poser. Elle a débouché, depuis 2000, à l'organisation de référendums sur chacune d'elles. Les électeurs de Saint-Martin (juin 2000) et de Curaçao (avril 2005) se sont prononcés majoritairement pour une statut propre (comparable à celui dont bénéficie Aruba); ceux de Bonaire (septembre 2004) et Saba (novembre 2004) ont donné leur préférence à un rapprochement accru avec les Pays-Bas; ceux de Saint-Eustache (avril 2005) ont opté pour le maintien d'une sorte de statu quo au sein de Antilles Néerlandaises. Les partisans de l'indépendance ont partout obtenu des scores très faibles.
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Carte des Antilles Néerlandaises.
Source : The World Factbook.

Dans le passé, l'agriculture était la principale ressource des Antilles Néerlandaises (tabac et canne à sucre à Saint-Eustache, coton et indigo à Saba,  bois de charpente et cochenille à Bonaire, et, à Curaçao, liqueur du même nom tirée d'une écorce d'orange, etc.). Mais les sols pauvres et les approvisionnements en eau insatisfaisants ont depuis toujours entravé le développement de ce secteur. Aujourd'hui, l'agriculture ne pèse plus que pur 1% dans le PIB; l'industrie (raffinage de pétrole principalement), représente 15 % du PIB, et c'est donc surtout sur des services (tourisme et activités financières offshore) que les Antilles Néerlandaises font reposer leur économie, qui dès lors se trouve étroitement liée à la conjoncture internationale. Malgré quelques fluctuations de leur PIB depuis la fin des années 1990, ces îles jouissent d'un haut revenu par habitant et d'infrastructures bien développées, en comparaison d'autres pays dans la région. Presque tous les biens de consommation et d'équipement sont importés; les États-Unis et le Mexique étant les fournisseurs principaux. Le principal problème rencontré est dû au vieillissement de la population qui requiert désormais une réforme des systèmes de santé et de retraite.


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