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La Cité
de Dieu, célèbre ouvrage de St
Augustin, commencé l'an 411, et publié successivement
en 22 livres jusqu'en 427. Le but de l'auteur était de réfuter
les païens, qui, après la prise de Rome par Alaric,
rejetaient ce malheur sur la religion chrétienne, et qui faisaient
valoir contre cette religion la grandeur de Rome, et la perpétuité
de ses prospérités attachée à la perpétuité
du paganisme. Après avoir fait voir que les Barbares, par le seul
respect du nom de Jésus ,
ont épargné ceux qui s'étaient retirés dans
les églises; que la corruption des moeurs a toujours régné
à Rome, et que les dieux y excitaient aux vices par leurs exemples;
que ces dieux n'ont jamais préservé de tous malheurs le peuple
romain, et ne furent pas la cause de ses succès; que la théologie
des païens est erronée, fabuleuse et ridicule, St Augustin
explique l'origine de la Cité de Dieu
et de la Cité de Satan ,
c.-à-d. le bien et le mal, par la différence des bons et
des mauvais anges, différence qui ne vient pas de leur nature, parce
que Dieu n'a rien créé que de bon et de parfait, mais de
l'usage qu'ils ont fait de leur liberté. L'homme, créé
bon et libre, peut choisir entre les deux Cités : le premier homme
a imité Satan, et, en tombant comme lui, il a entraîné
dans sa chute toute sa descendance; mais la providence
suscite à l'homme un Sauveur. L'Incarnation du Verbe est la raison
d'être du genre humain et en même temps le flambeau de l'histoire,
qui doit se diviser en deux périodes l'une préparant le règne
du Christ, l'autre en développant les effets. La Cité
de Dieu est le premier monument d'une philosophie de l'histoire au
point de vue chrétien; elle inspira l'Histoire de Paul
Orose, et le Traité de SalvienDu
gouvernement de Dieu, et l'on y trouve la pensée première
du Discours sur l'histoire universelle de Bossuet.
Une traduction française en a été donnée, avec
une remarquable Introduction, par Saisset,
Paris, 1855, 4 vol. in-18. (A19). |
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La Cité du Soleil,
nom donné par Campanella à l'utopie
sociale et politique qu'il a composée en latin, à l'exemple,
et en grande partie à l'imitation de la République
de Platon et de l'Utopie de Th.
More. La Cité du Soleil a moins d'originalité
dans l'ensemble que de bizarrerie dans quelques détails. En voici
le sujet :
Un capitaine de vaisseau génois
raconte au grand maître des Hospitaliers comment ses voyages l'amenèrent
un jour dans un pays inconnu, où, rencontré par une troupe
d'hommes et de femmes armés, il fut conduit à la Cité
du Soleil. Cette ville est formée de sept enceintes, pour correspondre
aux sept planètes. Au centre est le temple, tout rempli d'emblèmes
astronomiques, où brillent continuellement sept lampes d'or, et
desservi par quarante-neuf prêtres (7 X 7). Le chef de ces prêtres
est le souverain et le magistrat suprême des Solariens. Ils l'appellent
HOH, "mot qui, dans leur langue, signifie Soleil, et que nous traduirions
par Métaphysicien." Trois chefs l'assistent, Pon, Sin et Mor,
c'est-à-dire Puissance, Sagesse et Amour. Puissance s'occupe de
la guerre et de la paix, des armées, des fortifications, etc.; Sagesse,
des arts, des sciences, des écoles; Amour, de la nourriture, de
l'éducation, nous ne disons pas des mariages, en raison de la communauté
des femmes. Les magistrats inférieurs, qui, comme leurs supérieurs,
sont investis du caractère sacerdotal, portent également
le nom des différentes vertus : Magnanimité, Courage, Justice,
etc.
La communauté des biens est la base
du système social. Les principaux points de son organisation sont
: une éducation commune aux enfants des deux sexes, et dirigée
en vue de la manifestation des aptitudes; un travail obligatoire et modéré,
dans lequel l'agriculture tient le premier rang; une vie simple et commune;
un costume uniforme; des repas au réfectoire; un ensemble de règles
assez douces, mais inflexibles, et qui ne tiennent aucun compte de la liberté
individuelle.
Le gouvernement de la Cité est un
mélange de démocratie et de théocratie. Les quatre
premiers magistrats, élus sous de certaines conditions par le peuple,
choisissent les magistrats inférieurs. Le pouvoir de chacun d'eux
est presque absolu. Le Soleil lui-même peut bien faire grâce,
mais non pas casser les jugements des autres magistrats. En fait de justice
criminelle, le talion est le grand principe. Quand il s'agit d'un crime
capital, ce sont, suivant les cas, le peuple, les témoins, l'accusateur
qui ont mission d'exécuter la sentence, ou bien le coupable est
mis en demeure de mourir de sa propre main. Campanella, comme la plupart
des utopistes, se console d'ailleurs de ces dures nécessités
par l'espoir que les vertus des Solariens ne donneront que bien rarement
l'occasion d'y recourir. C'est également par amour de la paix qu'il
prétend donner une puissance redoutable à l'établissement
militaire.
Les dernières pages de la Cité
du Soleil sont consacrées à l'exposition du système
religieux et philosophique des Solariens. Sur le premier point, les dogmes
fondamentaux et même certaines pratiques du catholicisme
(la confession ,
par exemple) se trouvent bizarrement unis au culte des astres et aux croyances
astrologiques .
La philosophie des Solariens est naturellement celle de Campanella lui-même.
Les êtres inférieurs procèdent de deux principes, l'un
mâle, l'autre femelle : le Soleil
et la Terre .
Le monde est un être animé. Ils admettent aussi deux principes
métaphysiques : l'Être, c'est-à-dire Dieu, et le néant,
d'où provient le péché comme d'une cause déficiente.
L'immortalité des âmes n'est pas douteuse, non plus que le
libre
arbitre. (Brisbarre).
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En
bibliothèque - La Cité
du Soleil, appendice d'un ouvrage plus étendu (Realis Philosophia,
Francfort, 1620 et 1623), a été publiée à part,
Utrecht, 1643. La traduction française par J. Rosser a été
donnée dans une édition des Oeuvres choisies de Campanella
par Mme L. Collet, Paris, 1844. M. Dareste en a fait le sujet d'une thèse
distinguée, Thomas Morus et Campanella, Paris, 1843. |
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