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Confession

La confession, ou aveu des péchés fait à un approuvé, est une des trois conditions nécessaires pour recevoir d'une manière efficace le sacrement de pénitence. L'aveu des fautes était pratiqué, sous différentes formes dans les religions antiques de la Perse, de l'Inde et d'Extrême-Orient.

En Inde, par exemple, la confession publique ou auriculaire paraît remonter à une très haute antiquité; les lois de Manou l'imposent dans certains cas graves. On la trouve également chez les Jaïnistes, avec un caractère rédempteur plus marqué, car elle se complète de l'absolution. La confession a été érigée en institution dogmatique par le bouddhisme. Dans le Vinaya se trouve une formule détaillée de confession devant l'assemblée des religieux. Elle avait exclusivement un caractère d'expiation, mais n'effaçait pas les péchés; on lui donna ensuite une très grande efficacité pour obtenir le salut. C'est sous cette forme qu'on la trouve encore au Tibet, en Chine et au Japon (Shinto). Nulle part, d'ailleurs, dans ces pays, la confession n'est obligatoire pour les laïques.

L'aveu des péchés était certainement imposé, dans une certaine mesure, à ceux qui se faisaient initier aux mystères d'Eleusis et de Samothrace. Mais, nulle part, il ne se présente à nous avec la rigueur que lui a donnée la religion catholique. Le principe de la confession est renfermé dans ces paroles que Jésus a adressées à ses apôtres (Jean, XX, v. 22) : 

Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.
Le pouvoir de juger les péchés suppose pour le ministre de Jésus le droit de les connaître et, pour le pénitent, le devoir d'en faire l'aveu. C'est ce qu'a compris et pratiqué dès les permiers jours l'Eglise chrétienne. Ceux qui avaient commis des fautes graves étaient exclus de la communauté des fidèles, mais ils pouvaient y rentrer' après avoir fait pénitence. Or la première des conditions imposées au pénitent était la déclaration de sa faute, faite en public dans les premiers temps, en secret dans la suite.

C'est d'après cet aveu que le pécheur était soumis à celui des canons pénitentiaux qui regardait sa faute. Il est à remarquer que les Grecs et toutes les sectes orientales, les arméniens, les coptes, les monophysites et les nestoriens, en se séparant de l'Eglise catholique, ont conservé la confession.

La confession doit être humble, c'est-à-dire accompagnée de repentir et faite en vue de recevoir l'absolution; orale, c'est-à-dire prononcée distinctement par les lèvres; complète, c'est-à-dire comprenant tous les péchés, au moins mortels, dont le pénitent se souvient. L'omission volontaire d'une faute grave rend la confession sacrilège, si elle a été suivie de l'absolution. Une impossibilité physique, comme une infirmité, peut autoriser le pénitent à se confesser par signes ou par écrit.

Une confession est dite publique, quand elle a des témoins ; secrète ou auriculaire, quand elle est faite au prêtre seul. La confession auriculaire est seule imposée aux fidèles. On nomme confession générale celle qui contient l'aveu des fautes de toute une vie; particulière, celle qui ne remonte que jusqu'à la dernière absolution reçue. E a toujours été admis dans l'Eglise que le chrétien qui avait commis une faute grave devait la déclarer au plus tôt; de plus, les fidèles se confessaient avant de communier et dans le temps de pénitence, comme le carême. Le quatrième concile de Latran (1216) ordonna à tout fidèle de l'un et l'autre sexe, qui aurait atteint l'âge de raison, de se confesser au moins une fois l'an et de communier au temps de Pâques, sous peine d'excommunication durant sa vie et de privation de la sépulture chrétienne après sa mort. Mais les fidèles sont exhortés à se confesser beaucoup plus souvent. Car, aux yeux de l'Eglise, les avantages de la confession suivie de l'absolution, c'est, outre la grâce sacramentelle, l'apaisement des remords pour le passé, l'amendement pour l'avenir, le relèvement moral de l'individu, une garantie de sécurité pour la société par l'extinction des haines et la réparation des torts.

Luther, après Wiclef, rejeta l'institution divine et l'obligation de la confession, mais il en permit l'usage aux enfants et aux jeunes gens. Calvin fut plus radical et abolit complètement tout aveu des péchés fait à un homme. Cependant, à plusieurs reprises, et en particulier à Nuremberg en 1552, à Strasbourg en 1670, des synodes protestants ont réclamé le rétablissement de la confession. En Angleterre, un mouvement si puissant s'est dessiné en ce sens parmi les puséistes que cent évêques anglais, réunis à Londres en 1878, ont cru devoir faire appel à toute leur autorité pour y mettre obstacle.

Sceau de la confession.
On nomme sceau de la confession l'obligation rigoureuse imposée au confesseur de ne rien dévoiler, sans la permission du pénitent, de ce qui a été dit dans une confession sacramentelle. Le prêtre qui aurait manqué à ce devoir, un des plus graves de son ministère, serait destitué de ses fonctions. Aucune raison : ni la sécurité de l'Etat, ni le bien de l'Eglise, ni le péril personnel du confesseur, ne peut jamais autoriser la révélation de péchés accusés au confessionnal. On sait que saint Jean Népomucène aima mieux mourir que de faire connaître à l'empereur Wenceslas la confession de l'impératrice Jeanne.

Billet de confession. 
On appelle ainsi le billet que le confesseur donne à son pénitent pour attester qu'il l'a entendu en confession. Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, ce billet fut exigé des calvinistes nouvellement convertis; il fut encore imposé, après la publication de la bulle Unigenitus, à tous ceux qui étaient soupçonnés de jansénisme. Actuellement, en France, il est demandé aux futurs époux qui se présentent devant leur curé pour contracter mariage.

Denier de confession. 
On désignait de ce nom une offrande en argent que les pénitents remettaient autrefois à leur confesseur et qui faisait partie du casuel. Cet usage, depuis longtemps, est aboli dans l'Eglise catholique; il a persisté parmi les luthériens, pour qui, cependant, la confession n'est qu'une pratique tolérée.

Confession des martyrs.
Dans les auteurs anciens, ce mot indiquait le lieu où le corps d'un martyr avait été inhumé ; il fut plus tard appliqué à l'autel bâti audessus de ce tombeau dans la crypte des anciennes églises, comme ceux que l'on voit encore à Rome dans les chapelles souterraines de Saint-Prisque, de Saint-Sylvestre et de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Enfin, ce même nom fut encore donné à l'autel élevé dans la basilique même et indiquant à tous les regards, par ses vastes proportions, le point précis de la crypte où reposaient les ossements du martyr. Dès le IIe siècle, une confession avait été érigée au-dessus du tombeau des apôtres saint Pierre et saint Paul, au Vatican; plusieurs fois transformée, elle est maintenant comprise dans la basilique de Saint-Pierre. Chez les écrivains ecclésiastiques, les mots confession des martyrs ont souvent pour synonymes les expressions memoria ou martyricum; on les trouve parfois employés pour désigner, par extension, la basilique elle-même qui contient le corps du martyr. (NLI).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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