Thai tsou (1368-1398),
nom de temple de Tchou Yuen tchang. Né d'une famille obscure en
1328, ce personnage était bonze,
quand éclatèrent les troubles qui mirent fin à la
dynastie mongole
des Yuen (
Koubilaï
et les Khaqan de Chine
).
Il servit d'abord sous les ordres d'un des révoltés, Koo
Tseu hing, et, à la mort de celui-ci (1355), fut choisi par les
soldats pour le remplacer ; il s'empara bientôt de Nankin, qui fut
désormais sa capitale, soumit plusieurs des autres chefs rebelles
et put enfin chasser l'empereur Choen ti, qui se réfugia en Mongolie.
Alors Tchou Yuen tchang prit le titre d'empereur et donna à ses
années de règne le nom de Hong oou. Il acheva de pacifier
son empire, repoussa les pirates japonais
réorganisa l'administration, divisa ses États en treize provinces.
Il laissa le trône au fils de son fils aîné qui était
mort précédemment.
Hoei ti (1399-1402), bientôt
détrôné par un de ses oncles, le prince de Yen, se
retira dans une bonzerie, puis résida dans diverses parties de l'empire;
il mourut en 1440; ses années de règne portent le nom de
Kien oen.
Tchheng tsou (1403-1424), parfois
appelé Thai tsong, prit pour son règne le nom de Yong lo.
Il transporta sa résidence à Pékin
,
qui avait été la capitale des empereurs mongols
: la ville fut rebâtie sur un plan grandiose, et elle est restée
à peu près ce qu'elle était alors. Les Japonais
sur mer, les Mongols dans leurs steppes furent tenus en respect; contre
les derniers, l'empereur, qui prenait habituellement le commandement des
expéditions, fit élever des fortifications au Nord et à
l'Ouest de Pékin; une guerre entreprise au Tonkin (1406-1411), avec
un médiocre succès, amena cependant la reconnaissance de
la suzeraineté chinoise. Des expéditions maritimes conduites
par Tchen-Ho, Ma Pin, etc., explorèrent les côtes de l'Indochine,
de Java, de Sumatra et s'avancèrent jusqu'au Bengale
.
Jen tsong (1425, année Hong
hi), fils de Tchheng tsou, régna moins d'un an; il eut pour successeur
son fils Siuen tsong.
Siuen tsong (14261435, années
Siuen te) lutta avec succès contre son oncle révolté
et contre les Mongols
.
Ying tsong (1436-1449, années
Tcheng thong) succéda à son père, mais le gouvernement
fut dirigé jusqu'en 1443 par l'impératrice mère. A
la mort de celle-ci, l'eunuque Oang Tchen domina facilement l'empereur,
le gouvernement s'affaiblit; les Mongols
profitèrent de cette situation et s'avancèrent jusqu'auprès
de Pékin
;
l'empereur prit le commandement de ses troupes; il fut battu et fait prisonnier.
Les Mongols voulaient le rendre contre une forte rançon; mais l'impératrice
et les ministres refusèrent la somme que l'on exigeait et mirent
sur le trône King ti.
King ti ou Tai tsong (1450-1456,
années King thai), était le frère cadet de Ying tsong.
Aidé de son ministre Yu Khien, il repoussa les Mongols et, en 1451,
paya la rançon de son frère, qui rentra à Pékin
et reçut le titre de thai chang hoang (empereur suprême retiré
des affaires). King ti étant tombé gravement malade, le pouvoir
fut rendu, non sans opposition, à Yang tsong (1457-1464, années
Thien choen), qui éloigna des affaires la plupart des conseillers
de son frère, y compris Yu Khien.
Hien tsong (1465-1487 années
Tchheng hoa) fils de Ying tsong, lui succéda ; il s'entoura d'abord
d'hommes de valeur, mais au bout de quelques années, il se laissa
dominer par les eunuques et le clergé bouddhique
.
Les Miao tseu et les Yao tseu, populations du Sud-Ouest de la Chine
,
qui harcelaient les agriculteurs de la région, durent être
réduits par les armes (1467). Les Mongols
furent battus, mais ils battirent à leur tour les Chinois ; on poursuivit
la construction des fortifications du Nord.
Hiao tsong (1488-1505, années
Hong tchi), fils du précédent, sut se soustraire à
l'influence des eunuques et des bonzes;
il choisit de bons ministres et s'efforça de gouverner pour le bien
du pays; il tint les Mongols
en respect.
Oou tsong (1506-1521, années
Tcheng te), son fils, passa son temps en chasses et en fêtes; il
prit lui-même le commandement des troupes pour faire le simulacre
d'une expédition contre les Mongols
,
afin de s'amuser d'un genre de vie nouveau pour lui; la révolte
d'un prince du Kiang si fut réduite et les rebelles furent mis à
mort. L'empereur n'ayant pas laissé de postérité,
Chi tsong, son cousin, lui succéda.
Chi tsong (1522-1566, années
Kia tsing). - Sous son règne la population de Tourfan, qui avait
envahi le territoire chinois, fut repoussée et céda Hami
à l'empire. En 1547, une muraille
de 800 li de longueur fut construite au Nord de Pékin
.
Deux places, Siuen hoa et Ta thong, furent désignées comme
marchés ouverts aux Mongols
(1551); mais le manque d'honnêteté de ceux-ci força
bientôt à suspendre les relations commerciales. Les pirates
japonais
ravagèrent en 1550 l'embouchure du Yang tseu et en 1562 les côtes
du Fou kien. C'est sous ce règne que les Portugais
,
qui avaient depuis 1516 essayé de nouer des relations avec la Chine
,
s'établirent à Macao
(1553 ou 1557).
Mou tsong (1567-1572, années
Long khing), fils du précédent, déploya un grand luxe;
d'ailleurs, il rechercha les hommes de valeur et, en accueillant et soutenant
des réfugiés mongols
,
il fit reconnaître sa suzeraineté par quelques tribus.
Chen tsong (1573-1619, années
Oan li), fils de Mou tsong, monta sur le trône à l'âge
de dix ans; Tchang Kiu tcheng exerça la régence avec beaucoup
de sagesse; mais, après sa mort, l'empereur se lança dans
des dépenses exagérées et le trésor se trouva
bientôt vide; on chercha à pourvoir à ces difficultés
financières en établissant des octrois et de nouvelles taxes.
Ce règne fut marqué par l'intervention, des Chinois
en Corée
;
en effet, les Japonais
,
alors gouvernés par le fameux Tai kau Hide vosi, avaient envahi
la péninsule, qui était depuis des siècles tributaire
de l'empire, et voulaient porter la guerre jusqu'en Chine (1592); après
six ans d'une lutte sans issue bien définie, ils se retirèrent,
tant par épuisement que par suite de la mort de Hide yosi. En 1616,
les Mandchous (
Les Toungouses
)
entrèrent dans le Liao tong et établirent leur capitale à
Hing king ou lnden. C'est pendant ce règne que le P.
Ricci débarqua en Chine (1582).
Koang tsong (1620, année
Thai tchhang), fils du précédent, régna moins de trois
mois.
Hi tsong (1621-1627, années
Thien khi), fils de Koang tsong, étant très jeune et
l'impératrice douairière étant morte, le pouvoir tomba
aux mains de la nourrice de l'empereur et d'un eunuque, Oei Tchong hien,
qui déploya autant de luxe et d'orgueil que d'incapacité.
Les Hollandais
s'établirent à Formose (1624). Les Mandchous continuèrent
sans opposition de s'étendre dans le Liao tong, ils transférèrent
leur capitale à Chen yang ou Moukden (1625), envahirent la Corée
(1627) et lui imposèrent la reconnaissance de leur autorité.
Hoai tsong. - Hi tsong étant
mort sans enfants, son frère Tchoang lie ti, ou Yi tsong, ou Hoai
tsong (1628-1644, années Tchhong tcheng), monta sur le trône
et son premier acte fut de bannir Oei Tchong bien. En 1629, le calcul de
l'almanach
fut confié aux jésuites
.
La même année, les Mandchous (
Les
Toungouses
)
s'avancèrent jusqu'aux environs de Thien tsin. Le peuple du Nord,
affamé par la guerre et la rapacité des fonctionnaires, se
révolta sous la direction de Tchang Hien tchong et Li Tseu tchheng;
celui-ci s'empara du Ho nan, du Chan si, du Chan tong et se proclama roi
en 1644. A la troisième lune de cette même année, il
mit le siège devant Pékin
;
la ville n'ayant pu résister, l'empereur se donna la mort. C'est
alors qu'un fonctionnaire militaire, Ooun San koei, appela les Mandchous
qui
promirent de rétablir l'ordre moyennant l'abandon de tout le butin
dont ils s'empareraient; mais leur chef, au lieu de restituer aux Ming
un territoire pacifié, prit le titre d'empereur et transféra
sa capitale à Pékin (octobre 1644). Ce fut le début
de la dynastie Tsing.