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Le taoïsme

Le taoïsme, qu'on nomme aussi quelquefois taôsséisme ou simplement taôssé (en chinois taô-kiaô, secte du taô) est la religion populaire de la Chine. C'est  un amalgame étrange d'adoration des esprits de la nature et des morts, de culte des astres, de démonolâtrie, de superstitions diverses, de sorcellerie et de magie, avec les doctrines philosophiques de Lao-Tse dénaturées et corrompues par ses disciples qui, au lieu de l'immortalité spirituelle, but de ses efforts, s'appliquèrent à chercher la prolongation de la vie matérielle au moyen de la pierre philosophale, de l'herbe et de l'élixir d'immortalité. Abstraction faite de ce qu'il a ainsi emprunté aux spéculations de Lao-Tse et de ses disciples, le taôisme représente, selon toutes probabilités, la religion primitive que, cinq cents ans avant notre ère, Confucius avait entrepris de réformer et d'épurer.

Le panthéon du taôisme est d'une richesse prodigieuse, car aux anciens dieux de la Chine proto-historique il en a ajouté et en ajoute encore de nouveaux. En première ligne il place naturellement cette entité abstraite que Lao-Tse appelait taô, mais dont, à l'imitation du bouddhisme, il fait une trinité appelée San-Thsing (les trois purs), composée de deux personnes innomées et de Lao-tse qui, selon la légende taôique, s'est incarné trois fois et a été déifié en 666 par l'empereur Kao-Tsoung. Cette triade éternelle, purement méditative, ne s'occupe que de la direction morale du monde. Les fonctions de créateur et de régulateur de l'univers sont dévolues à Yu-Oang-Chang-Ti, l'empereur de jade (le Chang-Ti des classiques), qui réside dans la contrée de pourpre cachée, région située autour du pôle nord. Il est éternel, tout-puissant.

La direction du monde matériel est confiée à une seconde triade nommée San-Koan (les trois directeurs), comprenant le directeur du ciel, Thien-Koan; le directeur de la Terre, Ti-Koan, et le directeur de l'eau, Soui-Koma. Puis viennent le ciel, Thien, ou l'esprit du ciel; Oang-Thien-Chang-Ti, l'esprit de la Terre; Héou-Tou, du Soleil, de la Lune, de la Grande Ourse, les esprits des cinq anciens empereurs Yu, Hiang-Yu, Lou-Pan, Oou-Youen. K'ouhYoeun, devenus dieux des eaux; l'empereur Chin-noung, dieu de la médecine; Confucius, Kouan-Ti, dieu de la guerre, les dieux de l'agriculture, des quatre océans, des quatre grands fleuves, des étoiles, de la fortune, des lettres, du bonheur, etc., et la horde infinie des divinités locales, patrons des villes, des villages, des champs, etc. Presque tous les dieux, à commencer par celui du ciel qui est l'ancêtre primordial des empereurs, sont des esprits de personnages ayant vécu, ou tenus pour tels, et divinisés en reconnaissance des services qu'ils avaient rendus.

Les cérémonies taôistes comportent des processions; les dieux sont portés en grande pompe avec accompagnement de musique, de pétards et surtout des sacrifices.
Quant au culte ancestral, qui est  le fond de la religion des Chinois de toute confession, il est entièrement domestique et se passe en famille dans la salle de chaque maison réservée à l'autel des ancêtres, représentés par leurs tablettes, sauf le jour de la fête de tombeaux, où l'offrande se fait devant le tombeau lui-même.

Le corps sacerdotal du taôisme (les taôssé) reconnaît l'autorité spirituelle du maître du ciel, souverain pontife héréditaire, descendant du saint Tchang-Taô-Linq, déifié et promu au titre de chef suprême de la religion Hoei-Tsoug (1101-1126), empereur de la dynastie Song. Il comprend deux catégories de religieux : les taô-sou (ministres du taô), souvent appelés aussi sien ou sien-jin (hommes des montagnes), qui mènent en solitaires une vie d'austérités, et les saïkoung, prêtres qui vivent de la vie commune dans les villes et les villages. (NLI).


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