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Abbon

Abbon est un moine de Saint-Germain des Prés et historien, né vers 850, mort en 923 ou peu après. Abbon assista au siège de Paris par les Vikings (novembre 885 - janvier 887), événement qui lui fournit le sujet d'un poème connu sous le titre de De bello Parisiaco

C'est un document historique de la plus grande importance. Il ce compose de trois livres, mais le livre I et une partie du livre II seulement sont relatifs au siège de Paris. La fin du livre Il rapporte d'autres incursions des Vikings et contient le récit de miracles de saint Germain. Elle s'étend jusqu'en 896. Le livre III est relatif au clergé, il est très court et n'a été ajouté par l'auteur, comme il nous l'apprend lui-même, que pour former le nombre trois, allusion à la Trinité

Le poème est dédié à un personnage nommé Gozlin (qu'il ne faut pas confondre avec l'évêque de Paris, son contemporain), et à Aimoin, moine de Saint-Germain, ancien maître de l'auteur. Abbon prend l'humble titre de cernuus, le prosterné, ce qui l'a fait désigner dans la plupart des biographies par le nom bizarre d'Abbon le Courbe.

Il a été témoin oculaire de la plupart dès faits qu'il rapporte. Il s'attache à faire ressortir la bravoure du roi Eudes. Son style est tellement orné et recherché qu'il est souvent très obscur et l'a été même pour les contemporains de l'auteur. C'est sans doute à cette raison qu'il faut attribuer les gloses interlinéaires ajoutées au texte, peut-être par Abbon lui-même : elles traduisent en un latin plus compréhensible pour le vulgaire les expressions raffinées de l'auteur.

Abbon est également l'auteur de trente-sept sermons dont cinq ont été publiés par d'Achery (Spicilegium, t. IX). (E.-D. Grand).

Abbon (Abbo Floriacensis) est un abbé de Fleury-sur-Loire, né dans l'Orléanais vers 945, mort le 13 août 1004. Il étudia aux écoles de Fleury, puis à celles de Paris et de Reims. Envoyé à l'abbaye de Ramsey en Angleterre pour y relever les études, il revint à Fleury et fut élu abbé en 988.

Il défendit les droits de son monastère contre les prétentions d'Arnoul, évêque d'Orléans; à ce sujet, il adressa aux rois Hugues et Robert son Apologétique, où il justifiait sa conduite. En 991, il prit an concile de Saint-Basle la défense d'Arnoul, archevêque de Reims. Il assista en 995 au concile de Mouson. 

Le roi Robert le chargea d'une mission auprès du pape Grégoire V. S'étant rendu au monastère de la Réole pour le réformer, il fut tué dans une querelle qui s'éleva entre Français et Gascons.

Fulbert disait de lui  :

« Abbon, ce très brillant philosophe.... Ie maître de France le plus versé dans toutes les sciences religieuses et profanes. » 
Dès 1034, le culte de saint Abbon était établi dans plusieurs églises. 

Ses principaux ouvrages sont : Apologeticus adversus Arnulfum episc. Aurel., cum codice canonum a Pithaeis restituto et edito; Paris, 1697, in-f.; Epitome de vitis Romanorum pontificum, Mayence, 1602, in-4 ; - Vita S. Edmundi Anglorum regis, dans Surius, Vitae Sanctorum, 20 nov.; - Prae fatio Abbonis in commento calculi Victorii, dans Martène, Thesaurus anecdotorum, t. I, p. 118, et des Lettres publiées par D. Bouquet, t. X, page 434 et suiv. 

Il avait composé plusieurs pièces de poésie et divers traités astronomiques. (M. Prou).

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