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Bartholdi

Frédéric-Auguste' Bartholdi est un statuaire français, né à Colmar (Haut-Rhin) le 2 avril 1834 et mort à Paris le 4 octobre 1904. Ce fut Ary Scheffer qui devina sa vocation artistique et lui ouvrit son atelier, mais il abandonna ses études picturales, à peine commencées, pour devenir l'élève du sculpteur Soitoux. En 1853, il exposa le Bon Samaritain; cette première oeuvre fut bientôt suivie du groupe original des Sept Souabes et de la statue colossale du général Rapp (1855), qui révéla les tendances particulières de son talent.
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Bartholdi.
Auguste Bartholdi (1834-1904).

Il fit ensuite un voyage en Orient avec le peintre Gérôme et peignit, en Egypte surtout, quelques études peu connues du public; de retour à Paris, il envoya au Salon de 1857 la Lyre Berbère, groupe en bronze (au musée de Lyon). Joignant à son talent de sculpteur la science de l'architecte et celle de l'ingénieur, il édifia une Fontaine monumentale ornée de figures, à Bordeaux (1858). En 1861, il exécuta, dans la cour du musée de Colmar, aux frais d'une société de bibliophiles et d'amateurs d'estampes, une autre Fontaine monumentale, surmontée de la statue de son compatriote, Martin Schoengauer, peintre, graveur et orfèvre du XVe siècle. En 1870, il exposa la statue équestre de Vercingétorix (au musée de Clermont).

Après les premiers revers de des troupes françaises, Bartholdi se fit envoyer à Colmar et réorganisa la garde nationale, avec laquelle il essaya d'arrêter l'ennemi; mais, en face de forces écrasantes, il fallut se retirer, après avoir soutenu une terrible fusillade. L'artiste fut délégué ensuite, en qualité de commissaire du gouvernement de la Défense nationale, à l'état-major de Garibaldi et se conduisit vaillamment aux divers combats que livra l'armée des Vosges. La guerre finie, l'Alsace étant occupée par l'ennemi et Paris fermé par la Commune, il partit pour l'Amérique et c'est là, en voyant l'influence de son pays sans cesse attaquée par l'élément germanique, qu'il conçut la première pensée du monument gigantesque que la République française devait offrir à la République des Etats-Unis, comme un gage de fraternité et un souvenir des services rendus.

La Guerre de 1870-1871 eut sur son esprit et sur le caractère de son talent une influence considérable; il trouva dans son coeur de patriote et d'Alsacien les inspirations les plus fortes et les plus élevées. Sa première oeuvre après la guerre fut significative la Malédiction de l'Alsace, groupe en vieil argent, fut fondue (1872) avec le produit d'une souscription recueillie dans les pays, annexés et offerte à celui qui personnifia la résistance, à Gambetta; la même exposition vit les bustes jumeaux d'Erckmann-Chatrian, les deux écrivains chers au chauvinisme français. Une inspiration analogue lui suggéra le Monument des victimes de la Défense de Colmar (S. 1873).

Cependant, il ne perdait pas de vue son idée d'édifier en Amérique une oeuvre qui rehaussât l'honneur de l'art français; il y préluda par la statue de Lafayette, à New York (1873), et la Fontaine monumentale de Washington (1875); à l'Exposition universelle de 1878 parut le modèle, au seizième d'exécution, de la Liberté éclairant le monde. A la même exposition figura aussi le modèle, réduit au tiers, d'une conception véritablement épique, le Lion de Belfort (aujourd'hui sur la place Denfert-Rochereau); voulant immortaliser le souvenir de la défense héroïque de Belfort, l'artiste a tiré parti de l'aspect sombre et imposant du rocher que surmonte son château pour en faire le piédestal et le cadre de son monument; il a taillé à même ce granit tout martelé par les obus prussiens le lion gigantesque qui semble encore défier l'ennemi (terminé en 1880). 

L'oeuvre maîtresse du sculpteur, la statue de la Liberté, fut, après bien des retards, inaugurée solennellement le 28 octobre 1886, sur un petit fort situé au milieu de la rade de New-York. La déesse, sévèrement drapée, est d'un style grandiose; faite de pièces de bronze établies sur une armature d'acier, elle mesure 33 m et son piédestal 34 m; son bras droit élevé soutient un flambeau qui, pourvu la nuit d'un foyer électrique, sert de phare.
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Bartholdi : la statue de la Liberté, à New York.
La Statue de la Liberté, à New York, oeuvre de Bartholdi.

Il faut encore citer, parmi les ouvrages de Bartholdi: les plans du Palais Longchamps à Marseille, dont un arrêt du Conseil d'Etat lui a restitué la paternité; le Génie aux prises avec la misère (S. 1859), groupe de bronze; le Tombeau de Robberechty au
cimetière Montmartre (1862); le Martyr moderne (1864) et le Vigneron alsacien (1869), statues bronze au musée de Colmar; Arrighi, duc de Padoue, statué (1865), en Corse; la Douleur, statue pour le tombeau de G. Nefftzer (1866); Champollion, statue (1867), au Collège de France;  Loisirs de la Paix (1868), groupe bronze, transporté à New-York; l'Alsace, statuette en argent (1871) offerte à Bergmann, de Strasbourg; Vauban, statue (1872) à Avallon; les Quatre étapes de la vie chrétienne, décoration d'un clocher à Boston (1874); Fronton de chapelle à Boissy-Saint-Léger; Fronton du musée de Rouen (1877); Gribeauval, statue (1879) aux Invalides; Monument Verdier en Pologne (1879); Monument funèbre de Gustave Jundt au cimetière Montparnasse (S. 1885), et les bustes du prince Koucheleff (1862); de Laboulaye (1866); de Lorentz, directeur de l'Ecole forestière (1867); de Arbel, sénateur (S. 1879); d'lgn. Chauffour, ancien représentant du peuple (S. 1883); de Ewarts, président du Conseil des ministres aux Etats-Unis (S. 1883) et de Lafayette (S. 1886).

Bartholdi a été décoré en 1865, nommé officier de la légion d'honneur en 1882 et commandeur en 1886. (Ad. Thiers).

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Dictionnaire biographique
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