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L'Alma

L'Alma est une rivière de Crimée, arrose la région de Simféropol et se jette dans la mer Noire; la vallée de l'Alma est remarquable par le charme des paysages et par les ruines d'anciennes forteresses. Elle est riche en vergers, notamment en plantations de pommiers (alma en tatar veut dire pomme). Ses bords ont été le théâtre d'une bataille célèbre qui ouvrit (le 14 septembre 1854) la campagne de Crimée. 

Bataille de l'Alma. 
Le 14 septembre 1854, les armées française, anglaise et turque avaient débarqué à Old-Fort, près d'Eupatoria, et s'étaient mises en marche le 19, dans la direction de Sébastopol. Vers midi les armées combinées arrivaient en vue des hauteurs de la rive gauche de l'Alma et, sur l'ordre du maréchal de Saint-Arnaud et de lord Raglan, prenaient leurs dispositions pour bivouaquer jusqu'au lendemain, jour fixé pour l'attaque. La flotte de combat avait suivi le littoral en se maintenant toujours à la hauteur des têtes de colonne de l'armée de terre.
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La bataille de l'Alma.
La bataille de l'Alma, d'après un tableau d'Isidore Pils.

La rivière de l'Alma coule de l'Est à l'Ouest dans un lit encaissé, bordé d'arbres, et traverse les trois villages de Tarkhaular, Bourliouk et Almatamak. Le terrain de la rive droite est une plaine découverte et basse, celui de la rive gauche est un plateau élevé à pentes rapides et escarpées. Au sud de l'embouchure, la côte est formée par des falaises à pentes inaccessibles. La route d'Eupatoria à Sébastopol franchit l'Alma sur le pont de Bourliouk. Le prince Menchikov, occupant la rive gauche de la rivière, disposait de quarante-deux bataillons, seize escadrons, onze sotnias,formant un effectif de 35.000 combattants et quatre-vingt-seize bouches à feu. Considérant Bourliouk comme le point principal de passage, il accumula vingt-quatre bouches à à feu de gros calibre sur le plateau, au-dessus de ce village, et répartit les batteries de campagne en deux masses dont la plus importante fut placée à la droite de la ligne de bataille, au-dessus de Tarkhaular. L'infanterie prit son ordre de combat entre les intervalles, mais en se massant surtout vers la droite et vers le centre. 

Ce dispositif d'ensemble sera compris si l'on se souvient que la gauche de l'armée russe s'appuyait à des falaises et à des escarpements considérés comme inaccessibles; il est aussi à retenir, car cette erreur du prince Menchikov décida du sort de la journée. L'armée alliée comprenait : Français, quarante bataillons, un escadron, soixante-huit bouches à feu de campape, soixante-cinq bouches à feu de siège; soit 30.000 combattants; Anglais, cinq divisions d'infanterie, une division de cavalerie, neuf batteries de campagne; soit 21.000 combattants; Turcs, 6000 combattants. 

Le plan conconcerté entre le maréchal de Saint-Arnaud et lord Raglan consistait à déborder les flancs de l'armée russe et à l'attaquer ensuite de front. II avait été convenu que les corps destinés à tourner la position ennemie devaient se mettre en marche à cinq heures et demie du matin, tous les autres à sept heures. 

« Le lendemain 20 septembre à l'heure dite, la deuxième division française, chargée d'agir contre la gauche des Russes, prenait les armes, au commandement du général Bosquet, et commençait à s'avancer le long de la mer, suivie de la division turque, dérobée aux vues de l'ennemi par un brouillard assez épais. Cependant l'armée anglaise ne s'étant pas trouvée prête, le mouvement général indiqué pour sept heures dut être retardé; les troupes françaises, qui se préparaient à rompre les faisceaux, les laissèrent formés et le général Bosquet fut averti d'avoir à faire halte jusqu'à nouvel ordre. A neuf heures les choses étant dans le même état, dans toutes les divisions françaises on fit le café; enfin, à onze heures et demie les Anglais furent prêts. »
Toute la ligne alliée s'ébranla, les Français s'étendant depuis la mer jusqu'en face de Bourliouk, les Anglais depuis ce point jusqu'à Tarkhaular. Le retard imposé par la lente activité des Anglais aurait pu devenir fort préjudiciable à l'armée angle-française, si l'infériorité numérique de l'armée russe n'avait obligé le prince Menchikov à rester sur la défensive Quoi qu'il en soit, la division Bosquet franchit l'Alma en amont et en aval d'Almatamak, protégée dans son mouvement par les avisos à vapeur de la flotte française, embossée à l'embouchure de la rivière et couvrant de projectiles les quelques postes russes installés de ce côté du plateau. Les batteries divisionnaires furent hissées à bras d'hommes jusqu'à la crête et purent bientôt, soutenues par les zouaves, ouvrir un feu violent contre le centre de l'armée russe. Le prince Menchikof, surpris d'une attaque aussi vive sur son flanc gauche, est contraint d'engager ses réserves dès le début de l'action pour arrêter la marche de la division Bosquet et de chercher à reprendre un terrain qu'il avait cru suffisamment protégé par la rapidité des pentes et par suite inutile d'occuper. Mais la flotte était venue s'embosser au pied du plateau et commençait à couvrir de gros projectiles la route parcourue par les réserves russes. 

En même temps les 2e et 4e divisions françaises avaient rejoint le général Bosquet, se déployaient sur le plateau et l'action combinée de ces trois divisions avec la 3e qui attaquait par Bourliouk permettait au maréchal de Saint-Arnaud de refouler la gauche et le centre russes et de prêter au corps anglais, fort embarrassé d'accomplir la tâche qui lui incombait, le secours de plusieurs bataillons et de quelques batteries. 
Depuis le commencement de l'attaque, en effet, l'armée anglaise n'avait fait aucun progrès en avant, tout en perdant beaucoup de monde. Elle s'était emparée à diverses reprises des batteries russes entre Bourliouk et Tarkhaular, mais, chaque fois, avait été délogée des positions conquises. L'infanterie russe exécutait de terribles retours offensifs, un seul régiment perdait cinquante officiers et treize cents hommes. Enfin le secours opportun d'un détachement français, dont les projectiles prirent d'enfilade la droite de la ligne russe, décida de la retraite générale. 

Le prince Menchikov se dirigea vers Sébastopol. Le maréchal de Saint-Arnaud, miné par une cruelle maladie, s'embarquait presque aussitôt et mourait sur le navire qui le ramenait en France; avant son départ il écrivait à propos de la bataille de l'Alma et pour marquer d'une manière frappante la différence de tempérament des armées alliées : 

«  J'ai couru, les Anglais ont marché. »
 Les pertes alliés de la bataille de l'Alma ont été :
Français : 140 tués -1200 blessés
Anglais : 343 - 1612 
Russes :  1801 - 3908. 
La bataille de l'Alma dans la peinture.
La bataille de l'Alma a inspiré plusieurs peintres. A l'Exposition universelle de 1855, cinq grandes compositions le retraçaient, signées Bellangé, Beaume, Doré, Eugène Lami et Darjou. 

Lami, coloriste agréable, s'était contenté l'indiquer les personnages d'un trait léger. Beaume avait marqué assez distinctement les divers incidents de la bataille, mais sans rendre le tumulte, l'horreur de la mêlée. Bellangé était resté froid aussi, tout en déployant cette facilité habituelle à ses tableaux.

La composition de Gustave Doré, malgré de nombreux défauts, était pleine de mouvement et d'énergie, et donnait au moins une idée de la sauvage poésie de combats.
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Horace Vernet : la bataille de l'Alma (1857).
La bataille de l'Alma, par Horace Vernet.

Horace Vernet exposa, en 1857, une Bataille de l'Alma. conçue dans le genre de ses autres batailles, offrant de ces intéressants épisodes qui constituent à bien prendre le charme de ses tableaux, mais absorbent l'attention au détriment de l'effet d'ensemble.

Enfin, au salon de 1861 Isidore Pils envoya une peinture représeutant, non la bataille à proprement parler, mais la manœuvre hardie du général Bosquet (passage de l'Alma) et qui est un non morceau de peinture militaire (Musée de Versailles). (M.A. V. /L.L./ NLI).

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