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Corbeau.
- Support de pierre, de bois ou de métal, encastré en partie
dans un mur sur la face duquel il fait saillie et destiné à
recevoir soit une assise, une colonnette ou la retombée d'un arc,
soit l'about d'une poutre ou la charpente légère d'un auvent.
Le corbeau diffère généralement du cul-de-lampe
en ce qu'il présente ses deux faces latérales droites et
n'offre de diminution qu'à la partie inférieure de sa face
antérieure, tandis que, sauf les exigences de son ornementation,
le cul-de-lampe présente la même diminution à la partie
inférieure de ses trois faces, celle antérieure et les deux
latérales. En outre, le corbeau en pierre ou en bois est le plus
souvent composé d'un seul morceau et, dans les édifices primitifs
du Moyen âge ,
est toujours plat sur le dessus pour recevoir la charge et arrondi au-dessous,
c. -à-d. coupé suivant une ligne courbe, d'où le nom
de corbeau qui lui vient du vieux mot français corbe. Les
corbeaux semblent un ressouvenir de la construction en bois et rappellent
assez bien la saillie d'un about de poutre se détachant à
l'extérieur du mur dans lequel la poutre est encastrée :
ils furent très employés dans l'architecture
romaine antique, ainsi que dans l'architecture romane ,
et les édifices civils et religieux, appartenant à ces deux
styles, en offrent de curieux exemples; mais l'architecture ogivale
leur préféra les culs-de-lampe, et la Renaissance
remit en honneur les consoles. A l'époque moderne, le corbeau, ramené
à sa véritable destination de support et à une forme
géométrique peu ornée, ne s'emploie guère que
dans les édifices ayant un caractère utilitaire.
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1.
- Corbeau du palais des Thermes, à Paris.
Nous donnons ici (fig. 1 et 2) deux exemples
de corbeaux empruntés à deux édifices, l'un civil
et datant de l'ère gallo-romaine, et l'autre religieux et appartenant
à l'ère romane. Le premier corbeau (fig. 1) est le seul qui
ait survécu des huit corbeaux qui recevaient les retombées
des arcs de la
voûte
du frigidarium ou grande salle du palais des Thermes ,
à Paris .
Il a été sculpté de façon à rappeler
la forme courbe d'une proue de navire et, par cela même, se rapproche
quelque peu d'un cul-de-lampe. Des images
de divinités marines ornent sa partie inférieure où
semble se jouer le mouvement des rames, tandis que des marchandises et
des armes (des boucliers) sont entassées derrière la balustrade
disposée sur le bord du navire. Le second corbeau appartient à
la cathédrale de Poitiers
et date de la fin du XIIe siècle
ou du commencement du XIIIe siècle
: il fait partie d'une série de corbeaux qui supportent la tablette
de la corniche et qui sont décorés
, comme celui reproduit par la fig. 2, de figures religieuses d'un sentiment
singulièrement expressif.
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3.
- Corbeau de la cathédrale de Poitiers..
Dans les constructions en bois, surtout
dans les maisons de l'ouest de la France ,
les corbeaux subsistèrent longtemps pour porter les poutres sur
lesquelles se posaient les étages formant encorbellement, et les
sculptures
naïves et parfois enluminées décorant ces corbeaux ne
faisaient pas le moindre charme de ces habitations aujourd'hui presque
partout empâtées de peintures
et mutilées de leurs ornements. Les supports en métal appelés
corbeaux sont le plus souvent en fer carré ou mouluré et
fixés à scellement dans l'intérieur du mur : ils revêtent
aussi parfois l'aspect d'une petite console ajourée et décorée
d'enroulements. (Charles Lucas). |
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