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Argenteuil
(Argentogilum, Argentolium). - Ville du Val-d'Oise; 93 900
habitants. Elle doit son origine à un couvent de femmes qui y fut
fondé au VIIe siècle et mis
sous la dépendance de l'abbaye de Saint-Denis ,
bien que cet établissement fût, on le sait, occupé
par des hommes. En 1119, le prieuré d'Argenteuil reçut la
célèbre Héloïse qui en devint bientôt prieure.
Dix ans plus tard, Suger, abbé de Saint-Denis
, jugea utile de disperser les religieuses; la plupart se retirèrent
au Paraclet avec Héloïse en qualité d'abbesse. Il est
prouvé que le retentissement fait autour du nom d'Héloïse
avait été le motif de la mesure prise par Suger. Le couvent
fut; dès lors, desservi par des religieux et demeura en cet état
jusqu'à sa suppression en 1790. Il eut, pendant tout le Moyen âge ,
une grande célébrité, grâce à la relique
qu'on y conservait sous le nom de tunique ou robe sans couture de Jésus-Christ .
La légende prétend que ce vêtement avait été
fait des mains de la mère de Jésus alors qu'il était
tout enfant, et que Charlemagne l'avait donné
au couvent d'Argenteuil où sa fille Théodrade s'était
retirée. Les réserves que des historiens tels que l'abbé
Lebeuf ont faites sur de semblables récits nous suffisent amplement
à leur refuser toute créance. Quoi qu'il en soit de son origine,
la tunique sans couture fut l'objet d'un pèlerinage très
suivi et valut plusieurs fois à Argenteuil les faveurs de la royauté.
L'ancien bourg d'Argenteuil, fortifié
en 1544, fut assiégé pendant les guerres de religion et pris
par les protestants
en 1567. Des murailles, détruites alors, il ne reste aujourd'hui
que d'insignifiants vestiges, sauf la grosse tour située au Nord,
et qui, d'après la tradition, communiquait jadis avec la ville par
un passage souterrain. Argenteuil possède de plus importants débris
de son passé : ce sont les restes d'une des chapelles du prieuré.
Sa construction remonte au XIe siècle,
et l'on peut y lire encore l'épitaphe, datant de cette époque,
du diacre Addalaldus, maître de chapelle du couvent. L'église
a été édifiée en 1866; elle offrirait pourtant
quelque intérêt archéologique si l'en eût pris
soin d'y transporter les inscriptions nombreuses qui couvraient les murs
de l'ancienne église paroissiale. Elles nous ont été
heureusement transmises par Guilhermy (Inscriptions de l'ancien diocèse
de Paris, t. II, pp. 272-289). L'une d'elles a trait au vignoble d'Argenteuil,
qui a toujours eu un grand renom; elle constate que l'abbaye
de Saint-Denis
avait droit de prélever une dîme annuelle de 2 sous 6 deniers
sur chaque arpent de vigne. (F. Bournon). |
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