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| Le bois de Boulogne,
situé à l'Ouest de Paris
auquel il appartient, depuis qu'il a été détaché
au milieu du XIXe siècle de la ville
de Boulogne-sur-Seine (auj. Boulogne-Billancourt) Un grand nombre de souvenirs historiques
se rattachent à cet endroit : l'Abbaye
de Longchamps (Longchamp), dont il ne reste que quelques ruines et deux
tourelles des bâtiments fondés en 1256 par Isabelle de France,
soeur de saint Louis; la Croix Catelan, élevée
(d'après un récit d'allure légendaire) par Philippe
le Bel à l'endroit où fut assassiné Arnauld de
Catalan, troubadour provençal, messager
de la comtesse de Provence; le château
de Madrid, édifié par François
Il, au retour de sa captivité en Espagne Par une loi du 25 juin 1852, l'Etat fut autorisé à céder le Bois de Boulogne à la ville de Paris, à la charge par elle d'y faire les travaux qui ont complètement changé sa physionomie en le transformant en un vaste parc paysager, et de subvenir à toutes les dépenses de surveillance et d'entretien. Les plans furent tracés, d'après les indications de l'Empereur lui-même, par Varé, architecte paysagiste, et achevés par Barillet-Deschamps, jardinier en chef. Alphand, ingénieur des ponts et chaussées, a dirigé les travaux d'art. Les dépenses faites par la ville se sont élevées à plus de 4 millions de francs. Cette métamorphose, entreprise dès
1853, commença par la création de deux lacs, dont le plus
grand ne mesure pas moins de 19 hectares y compris les deux îles
d'une superficie de 80 000 m². Avec les déblais provenant des
fouilles, on forma la butte Mortemart d'où l'on découvre
l'ensemble du Bois et de jolis points de vue sur les hauteurs qui dominent
Paris.
Pour donner un écoulement aux eaux du grand lac, on creusa le ruisseau
de Longchamps, qui, après avoir serpenté sous bois, va former
la cascade de la Mare aux biches et vient se perdre dans un réservoir
de 8000 m², qui alimente la grande cascade. Un autre ruisseau alimenta
les mares d'Armenonville, de Neuilly Les travaux qui suivirent eurent pour objet de transformer la plupart des allées droites en routes sinueuses, empierrées pour les voitures, sablées pour les cavaliers, et en sentiers sous bois pour les piétons. De nos jours, ces allées sont envahies par des foules de cyclistes chaque dimanche. Enfin après avoir créé de vastes pelouses autour des lacs, on planta en grands arbres et en arbustes de choix les îles du grand lac, les nouvelles entrées du Bois et les abords des routes principales. De plus, pour la commodité des promeneurs, la ville de Paris repoussa jusqu'aux extrémités du Bois les portes d'octroi. Dans ce renouvellement de la plus ancienne
et de la plus fréquentée des grandes promenades de Paris,
on a scrupuleusement respecté les souvenirs historiques qu'elle
renferme : la croix Catelan, la tour et le moulin de Lonchamps qui furent
restaurés avec soin. De gracieuses constructions furent élevées
pour orner les différentes parties du Bois et l'on remarque l'heureux
effet du kiosque et de l'exèdre des îles du grand lac, les
pavillons d'habitation des gardes, les chalets-restaurants et le Pavillon
chinois de l'Exposition universelle de 1878, donné par le maréchal
de Mac-Mahon à la ville de Paris. Divers concessionnaires ont encore
augmenté l'attrait du bois de Boulogne par la création de
l'hippodrome de Longchamp (1854), pour les courses plates et de l'hippodrome
l'Auteuil (1873), pour les courses d'obstacles. Le pré Catelan,
autrefois exploité par une entreprise particulière, devint,
avec son joli parc et ses élégantes constructions, un des
endroits les plus goûtés du public. Les promeneurs se portèrent
également très tôt au Jardin (zoologique) d'acclimation
créé de 1858 à 1861 dans la partie Nord du bois, entre
la porte des Sablons et celle de Neuilly La forme générale de ce jardin, parfaitement appropriée à sa destination qu'on lui faisait, est celle d'un vallon à pentes douces dont le centre est occupé par un petit cours d'eau qui, sur plusieurs points de son parcours, s'élargit en bassins et se perd dans un petit lac d'une forme gracieuse. Enfin, le Cercle des Patineurs, établi sur la pelouse de Madrid en 1865, afin de réunir tous les jeux du sport et présente un fort bel aspect quand la saison permet d'y donner les fêtes pour lesquelles il a été créé. La superficie du bois de Boulogne était, à l'époque de la cession, de 676 hectares, mais par suite d'acquisitions, d'échanges et de ventes de terrains, la surface a été portée au chiffre actuel de 873 hectares. |
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