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Encyclopédie
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On
appelle genres les catégories grammaticales qui reproduisent dans
le langage la division des choses en autant de classes
ou d'espèces (genera). Aussi le
nombre des genres est-il variable, suivant les familles de langues,
d'après le nombre des divisions considérées dans les
choses : trois dans les langues indo-européennes,
le masculin, pour les êtres animés du sexe masculin, le féminin,
pour ceux du sexe féminin, le neutre pour les objets inanimés;
deux dans les langues sémitiques;
beaucoup plus dans certaines langues de
l'Afrique, notamment treize en xhosa.
Par contre, il n'y en a pas en chinois
et dans les langues dites isolantes ou agglutinantes. Le genre consiste
dans le changement de forme que subissent les mots suivant que l'objet
qu'ils désignent ou qualifient appartient à telle ou telle
des classes envisagées dans la nature. Il est donc déterminé
par le sens même du mot, si c'est un substantif,
et par celui du terme qualifié, si c'est un adjectif,
et il est marqué par la forme. Il existe même dans le verbe
en hébreu et en éthiopien.
Toutefois, il petit arriver qu'il ne soit pas indiqué par la forme.
L'adjectif a bien en général une forme spéciale pour
chaque genre (bonus, bona, bonum), mais déjà dans
les langues anciennes certaines de ses formes sont communes aux trois genres
(prudens), et en anglais moderne
il est invariable en ce cas il n'a plus de genre. Et quant au substantif
:
1° le sens même du mot ou son emploi quand c'est un pronom personnel ou réfléchi, en indiquent le genre;Aussi, à part quelque substantifs, particulièrement les pronoms démonstratifs, où la distinction des genres au moyen de la forme était indispensable, à cause de l'universalité de leur sens, on peut dire que d'une façon générale le genre d'un substantif n'est pas marqué par sa forme (exemples : pater et mater, quercus, animus et virus, poeta et anima, etc.), et n'est plus que la propriété inhérente à ce substantif de déterminer pour l'accord le choix d'une forme spéciale parmi celles de l'adjectif. Il y a même des substantifs qui, sans changer de forme, sont tantôt d'un genre et tantôt d'un autre. Le genre est en désaccord avec le sens du mot. Ainsi, dans les langues anciennes (grec, latin), certains noms de choses inanimées étaient du masculin ou du féminin. C'est que de très bonne heure, il est arrivé qu'un adjectif en devenant substantif a conservé le genre du mot qu'il qualifiait précédemment. Si ce genre ne correspondait pas au sens du nouveau substantif, il ne pouvait se maintenir qu'on s'attachant à sa forme : ce qui est arrivé et qui explique pourquoi l'analogie de la forme a bien souvent déterminé le genre. Il n'y a pas d'autre raison à l'attribution des anciens neutres latins, tantôt au masculin, tantôt au féminin. Le
féminin.
Dans les adjectifs, le féminin doit être considéré comme une forme spéciale destinée à marquer le rapport. de l'adjectif avec un substantif féminin (bonne à côté de bon, bona à côté de bonus et de bonum). Quand cette forme n'existe pas, l'adjectif n'a pas de féminin, comme en anglais, où l'adjectif, étant invariable, n'a pas de genre, comme en français dans les adjectifs terminés par un e muet, comme en latin dans le nominatif prudens qui sert pour les trois genres, etc. Dans certaines langues le féminin existe même dans les verbes; il faut le définir alors la forme spéciale que prend le verbe pour marquer le rapport à un sujet du féminin. C'est ce qui a lieu dans les langues sémitiques. Ethiopien : gabarca = tu es fort; gabarci = tu es forte; hébreu : k'dlaltern (masc.), k'dlalten (fém.) = vous êtes en train de tuer. Le féminin n'existe pas dans les langues dites isolantes ou agglutinantes, qui n'ont pas de genre du tout. D'autres, au contraire, comme le xhosa, où l'on rencontre jusqu'à dix-sept catégories de substantifs répondant à autant de genres différents, en ont plusieurs pour notre seul féminin. Le
masculin.
Le masculin, considéré dans d'autres mots que les substantifs, est une forme spéciale de ces mots, celle que l'on emploie pour marquer leur rapport à un substantif masculin. Il n'existe donc pas si cette forme spéciale n'existe pas, comme dans l'adjectif français aimable, dans le génitif latin fortis, dans les adjectifs anglais de nature non pronominale, etc. Le masculin est le genre commun des noms de personne; lorsque dans une phrase il y a plusieurs substantifs de genre différent désignant des personnes et qu'on veut exprimer l'accord d'un qualificatif avec l'ensemble de ces noms, la forme qu'on lui donne est celle du masculin. Le
neutre.
Les noms neutres présentent cette particularité qu'une forme unique, la seule par laquelle leur déclinaison diffère des noms masculins, y remplit à la fois les fonctions du nominatif, du vocatif et de l'accusatif. Il est même à noter que dans les noms grecs et latins en on et en uni, la terminaison de cette forme au singulier est précisément la méfie que celle de l'accusatif des noms masculins correspondants en os et en us. De là l'hypothèse, qui a été faite, que la signification primitive de cette forme a été celle d'un accusatif et que, par suite, les noms neutres à l'origine ne s'employaient pas comme sujets. De là aussi la disparition graduelle du neutre, confondu peu à peu avec le masculin, en bas latin et en latin mérovingien. Le neutre a ainsi complètement disparu du français, et si certains mots, tels que, le pronom ce, ou des expressions comme l'honnête, l'utile s'emploient avec la valeur d'un neutre, on n'est pas fondé à dire, comme l'ont fait certains grammairiens, que ce genre existe en français, puisqu'il n'y a dans cette langue aucun système de formes qui serve à exprimer l'idée de chose. (Paul Giqueaux). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.