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Dans
les langues à flexions,
le mot déclinaison désigne l'ensemble des formes que revêtent
les différentes classes de thèmes. Anciennement appliqué
à tous les mots variables, il a été restreint par
l'usage aux substantifs, aux adjectifs et aux pronoms, l'ensemble des flexions
verbales ayant reçu le nom de conjugaison. Primitivement une pour
chaque ordre de thèmes nominaux, la déclinaison s'est considérablement
modifiée dans les langues anciennes, sous l'influence des lois phonétiques
propres à chaque langue, qui souvent ont fondu plusieurs désinences
casuelles en une seule, et de l'analogie, qui a troublé la répartition
originelle des flexions.
La tendance à
conserver à un même radical la même forme extérieure
dans tous ses cas a également empêché les variations
de ce radical exigées par le système primitif de la déclinaison.
Les grammaires appellent déclinaisons les classes de substantifs
établies d'après le système de leurs désinences,
et en comptent plus ou moins selon les différentes langues. La déclinaison
n'a pas disparu dans toutes les langues modernes ; elle existe encore,
par exemple, en allemand; mais en français
c'est par abus qu'on emploie ce terme, la langue actuelle ayant perdu toute
désinence casuelle. L'ancien français, au contraire, possédait
une déclinaison nettement établie, en ce sens que le substantif,
tant au pluriel qu'au singulier, avait deux formes distinctes, l'une pour
le cas sujet, l'autre pour le cas régime,
provenant respectivement du nominatif et de
l'accusatif' latins.
(M. Beaudouin). |
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