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Apollon .
- Les représentations antiques d'Apollon sont nombreuses et variées.
Primitivement on en fit des images grossières en bois : telles étaient
la statue qu'Erysichton consacra dans l'île de Délos ,
et celle que des archers crétois, selon Pindare
(Pyth., V, 40), offrirent sur le Parnasse. Par les progrès
de l'art et l'idéalisation du type, Apollon devint le modèle
de la beauté juvénile. Son image la plus parfaite est l'Apollon
du Vatican
ou du Belvédère, attribué à Calamis, à
Phyliscus ou à Praxitèle : il fut découvert à
la fin du XVe siècle dans les ruines d'Antium ,
et acheté par le cardinal de La Bovère, qui devint pape sous
le nom de Jules II. Le bras droit et la main gauche manquaient; un élève
de Michel-Ange, Giov.-Angelo Montorsoli, restaura
la statue. Le dieu a la figure ovale, les joues imberbes, le front haut
et voûté autour des sourcils, la chevelure longue, épaisse
et flottant librement; sa poitrine est développée, ses hanches
étroites; une chlamyde, nouée sur l'épaule, lui retombe
derrière le dos; il est représenté au moment où
il vient de triompher de Python et de décocher une flèche
( Feuerbach, Der Vaticanische Apollo,
Nuremberg, 1833, in-8°). L'Apollon Lycien, tel qu'on le voit au
musée du Louvre, est dans l'attitude du repos, le bras appuyé
sur la tête. L'Apollon Sauroctone, c.-à-d. tueur de lézard,
est celui que Praxitèle avait représenté, et dont
les musées de l'Europe ont de nombreuses copies. L'Apollon Delphien,
assis sur un trépied, présente divers symboles, un corbeau,
un serpent, un rameau d'olivier, etc.; c'est ainsi qu'on l'a figuré
sur les médailles de Patara en Lycie.
L'Apollon Musagète,
chef des Muses, est vêtu d'une orthostadias ou longue tunique. L'Apollon
Citharède, dieu de l'harmonie, avait été sculpté
par Timarchidès et Léocharès; il tient une lyre ou
grande phorminx, et est ordinairement couronné de laurier; celui
qu'on voit à la galerie de Munich a la chevelure disposée
en corymbe ,
c.-à-d. attachée par derrière et relevée au
moyen d'un noeud. II y en a un autre à Rome, qu'on a longtemps pris
pour un Néron. L'Apollon Hélios,
identifié avec le Soleil, a le front ceint d'un diadème circulaire,
et parfois d'une couronne de roses; tel est celui du musée Chiaramonti
: sur les médailles de Thyatire en Lydie, il a la tête radiée,
et tient une bipenne. II existe des statues dites Apollines où la
beauté du dieu est moins idéale; on lui a donné une
figure gracieuse, mais efféminée : le musée de Florence
possède une de ces statues. Sur les médailles d'Auréliopolis
en Lydie, Apollon est accompagné d'un griffon, ou traîné
sur un char par des griffons; sur celles d'Alexandrie
de Troade, il est porté par l'un de ces êtres fabuleux. Les
monnaies de Chalcédoine
et de Bithynie
ont remplacé le griffon par le cygne. Le sculpteur Bathyclès
avait représenté Apollon perçant Tityus de ses flèches,
sur le trône consacré au dieu dans la ville d'Amyclée .
Le combat d'Apollon contre Python et beaucoup d'autres actes de son mythe
sont figurés sur des bas-reliefs et des vases peints. Quelques peintures
céramiques donnent une barbe à Apollon.
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L'Apollon
du Belvédère.
Il a existé
dans l'Antiquité plusieurs statues colossales d'Apollon. Celle qui
était à Amycles, ouvrage de Bathyclès, avait une forme
étrange, que cachaient les plis d'une tunique renouvelée
tous les ans : c'était une colonne de bronze, à laquelle
on avait ajouté une tête casquée, des mains, dont l'une
tenait un arc et l'autre une lance, et les extrémités des
pieds. Phidias fit pour l'Acropole
d'Athènes
un Apollon colossal en bronze. Il y en avait un à Tarente, haut
de 18 m environ, ouvrage de Lysippe. L'Apollon Capitolin, que Lucullus
apporta d'Apollonie
(Pont) à Rome, avait 13,86 m de hauteur, et avait coûté
500 talents (2 750 000 F.). Le fameux colosse de Rhodes était aussi
un Apollon. Enfin, devant le temple d'Apollon Palatin, à Rome, il
y eut une statue de ce dieu, haute de 14,8 m.
(B.). |
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