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Thémistocle,
homme d'État athénien, né
vers 525 av. J.-C., mort à Magnésie (Magnésie du Méandre )
en 459. Fils de Néoclès, de la famille noble des Lycomides,
et d'une femme étrangère (Thrace ,
Carienne
ou Acarnane ),
c'était un personnage ambitieux, énergique, orateur remarqué.
Il fut, malgré son origine métisse, élu premier archonte
(493) et devint un chef des démocrates en face des conservateurs
dirigés par Aristide. Comprenant que
la guerre médique
n'était pas finie à Marathon ,
il poussa Athènes vers la mer, entreprit d'en faire la grande puissance
navale de la Grèce ;
il signala l'emplacement du Pirée
et le fit adopter à la place du vieux port de Phalère, puis
il le fit fortifier.
La lutte contre Egine, l'opposition de
ses rivaux Mégaclès, Xantippe, Aristide, retardèrent
son succès ; mais, en 483, l'ostracisme qui frappa Aristide lui
laissa le champ libre; Thémistocle fit décider que le bénéfice
des mines d'argent du Laurium serait affecté à la construction
de vaisseaux; il en fit armer 200 et ce fut ce qui sauva la Grèce
lors de l'invasion de Xerxès ( Les
Guerres Médiques ).
Elu commandant par les Athéniens,
il se dirigea d'abord vers le défilé de Tempé, mais
reconnut qu'il ne pouvait le défendre. Il accepta de servir sous
les ordres du Spartiate Eurybiade, mais le décida à livrer
la bataille navale d'Artemision qui fut indécise. La prise des Thermopyles
amena les Grecs à se replier aux abords de l'isthme de Corinthe .
Thémistocle décida les Athéniens
à se confier aux « murailles de bois » de leurs navires,
mit la population à l'abri à Troezène, Egine et Salamine ;
au conseil de guerre il eut un rôle décisif, retint les Péloponnésiens
dans le détroit de Salamine en les menaçant de la retraite
des Athéniens en Sicile; comme ils revenaient à leur projet
de s'en aller, il en fit aviser Xerxès,
lequel donna l'ordre à la flotte perse d'avancer et de barrer le
détroit; dans cet espace resserré, la flotte moins nombreuse
des Grecs
eut l'avantage et remporta l'éclatante victoire de Salamine (septembre
480). L'honneur en revient à Thémistocle. Il fut à
Sparte même comblé d'honneurs, se vit décerner le prix
de sagesse.
Quand on s'occupa de restaurer Athènes
incendiée par les Barbares, les Spartiates
tentèrent d'empêcher la construction des murailles; Thémistocle
les amusa avec une grande adresse, gagnant du temps et faisant pousser
hâtivement le travail; il fit également terminer les fortifications
du Pirée et préparer les longs murs reliant la ville au port.
Il empêcha l'exclusion de la ligne amphictyonique de ceux des Grecs
qui s'étaient soumis aux Perses et eut une part considérable
à la formation de la confédération navale présidée
par Athènes. Il contrecarrait la politique spartiate, laquelle appuya
contre lui dans sa cité les aristocrates et son rival Aristide.
Enfin, en 470, Thémistocle fut à
son tour banni par l'ostracisme. Il se fixa à Argos
et continua sa lutte contre le parti oligarchique; il négocia avec
le roi de Sparte, Pausanias, et celui-ci ayant
été inculpé d'entente avec Xerxès
et mis à mort, Thémistocle fut à son tour accusé
auprès de ses compatriotes par les Lacédémoniens.
Il s'enfuit à Corcyre
(467), puis auprès d'Admète, roi des Molosses, de là
gagna Pydna, puis Ephèse .
Il se rendit auprès du roi des Perses, Artaxerxès
ler, lequel
l'accueillit bien; Thémistocle apprit la langue perse et reçut
pour, son entretien les revenus de Magnésie, Lampsaque et Myonte
(465). On raconte qu'il se. suicida pour éviter de combattre ses
com patriotes. Sa biographie a été écrite par
Plutarque
et Cornelius Népos. (A.-M.
B.). |
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