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| Jean Picard, 1680 | ||
Picard |
On peut dire que l'astronomie
a pour objet ce qu'il y a de plus grand dans l'univers : aussi a-t-elle
eu toujours l'avantage de trouver accès auprès des plus grands
monarques; et sa majesté a bien voulu faire voire le soin particulier
qu'elle prend pour l'avancement de cette noble science, en faisant bâtir
un observatoire, qui parmi les arcs de triomphe et les trophées
demeurera comme une marque éternelle du règne heureux de
Louis
le grand.
Les observations astronomiques pour lesquelles ce superbe édifice est entièrement destiné, ont pour fin principale d'établir des règles certaines des mouvements célestes : mais pour cela il est nécessaire d'en venir à la comparaison des observations présentes avec celles qui ont été faites dans les siècles passés. On sait qu'après l'ancienne Babylone
Uraniborg au temps de sa splendeur (Atlas de Blaeu, 1663). (Source et copyright : Tycho Brahe Official Website). Cette délibération de l'Académie royale des sciences, ayant été portée à sa majesté, le Voyage d'Uraniborg fut conclu; et je fus choisi pour l'exécution de ce dessein. Je partis de Paris au mois de juillet de l'année 1671 avec un aide nommé Etienne Villiard, que j'avais dressé aux observations; et avec tout ce qui pouvait être nécessaire pour ce que je devais faire à Uraniborg, pendant que le célèbre astronome M. Cassini travaillerait aussi de concert à l'Observatoire royal. |
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| Passant par la Hollande, je
pris l'occasion de vérifier la proportion du pied de Paris à
celui du Rhin, dont l'original est à Leyde; laquelle proportion
me parut être exactement comme de 720 à 696 au lieu de 720
à 695 que j'avais supposée dans la Mesure de la Terre.
Comme j'avais appris que depuis peu M.
Blaeuw
d'Amsterdam avait travaillé aussi bien que moi à la mesure
de la Terre Je sortis d'Amsterdam m'embarquant pour Hambourg le 11 août au soir par un temps assez favorable, mais qui ne dura guère, car à peine étions nous à la vue du Texel, sur le point d'entrer dans la grande Mer, qu'un vent de nord impérieux nous obligea de chercher l'abri derrière l'Ile de Ulieland, où nous demeurâmes presque un jour à l'ancre. Ce retardement me fut heureux, et fut cause
d'une observation que je fis, qui mérite d'être rapportée.
Ce fut le 13 août sur les onze heures du matin, qu'après m'être
désennuyé quelque temps à regarder les îles
voisines avec une lunette d'environ cinq pieds, je m'avisai de la tourner
vers le Soleil |
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| Je fus d'autant plus aise
d'avoir découvert cette tache du Soleil, qu'il y avait dix ans entiers
que je n'en avais pu voir aucune, quelque soin que j'eusse eu d'y prendre
garde de temps en temps.
Peu de jours après nous arrivâmes
à Hambourg, d'où j'écrivis à M. Cassini, lui
donnant avis de la tache que j'avais vue, et qui durait encore. Je passai
ensuite à Lübeck, et m'étant mis sur la mer Baltique,
j'arrivai enfin à Copenhague |
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| J'avais des ordres de Sa majesté pour M. le chevalier de Terlon son ambassadeur, lequel me mena d'abord saluer sa Majesté de Danemark, et ne manqua pas ensuite de me donner tous les secours dont j'avais besoin pour l'exécution de mon dessein, qui était d'aller faire des observations à Uraniborg. | ||
| Le fameux observatoire ainsi
appelé, avait été fait bâtir par le grand astronome
Tycho
Brahé, dans l'Île de Huene (Hven), située au détroit
de Sond, à l'entrée de la mer Baltique, et distante de Copenhague
d'environ six de nos lieues communes. Je n'eusse pas tardé à
passer dans cette île, mais comme elle était depuis quelque
temps sous la domination des Suédois, je fus obligé de faire
écrire auparavant en Suède par M. l'ambassadeur |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.