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Christophe
Colomb longea la côte des Mosquitos
en 1502.
Le premier Européen qui ait parcouru le Nicaragua fut Espinosa,
envoyé en 1519 par Pedro Arias, gouverneur de Panama. En 1522,
Gil Gonzalez de Avila y conduisit une expédition et fit, alliance
avec le cacique Nicaragua, chef des Aztèques de l'isthme de Rivas,
dont le nom est demeuré au pays; il fut ensuite repoussé
par les Dirians. Ceux-ci furent défaits par Hernandez de Cordova,
qui fonda sur leur territoire Granada, puis, sur celui des Nagrandans,
Leon (1523),
et découvrit le San Juan, exploré en 1539
par Calero et Machuca. Les Indiens furent pillés et égorgés,
finalement asservis. Les livres indigènes furent systématiquement
détruits par le clergé catholique .
Les objets archéologiques retrouvés en grand nombre (poteries,
statuettes de basalte, pierres de sacrifice, etc.), se rapprochent de ceux
de la civilisation aztèque du Mexique .
Le Nicaragua fit
partie de la capitainerie générale de Gualemala .
En 1811,
Leon s'insurgea contre les Espagnols, mais
fut vaincu; l'affranchissement n'eut lieu qu'en 1821,
et le Nicaragua forma en 1823
l'un des cinq Etats unis de l'Amérique centrale. Mais l'union se
rompit en 1839
et n'a jamais pu être restaurée. D'incessantes guerres civiles
aggravaient cet état de choses. Le Nicaragua fut en conflit permanent
avec le Costa Rica
pour s'assurer la possession du delta entier du San Juan et du débouché
du canal que l'on envisageait alors de creuser : il s'efforçait
aussi de reprendre le district de Guanacaste et de la presqu'île
de Nicoya, abandonnés en 1825
au Costa Rica. Un gouvernement régulier et stable ne fut organisé
au Nicaragua qu'à partir de 1848.
Les présidents furent : Don Ramirez, puis Pineda (mars 1851),
le général Don Fruto Chamorro (26 février 1853).
Le territoire de la république fut envahi par les Anglais
: profitant du litige entre le Nicaragua et le Costa Rica pour la possession
de San Juan, ils s'emparèrent de la tête de ligne présumée
du futur canal et la dénommèrent Greytown (1er
janvier 1848).
Les Etats-Unis
leur firent alors signer le traité dit de Clayton-Bulwer par lequel
ils garantissaient la neutralité du canal projeté.
En 1851,
un congrès négocia l'union du Honduras, du Nicaragua et de
Costa Rica
sans la réaliser: le 7 mars 1854,
fut signé un traité d'alliance avec le Guatemala .
Mais le parti démocratique s'insurgea sous la direction de Francisco
Castellon et Maximo Jerez; ils prirent Leon (mai 1854)
et bloquèrent dans Managua le président Chamorro qui y mourut
le 12 mars 1855,
mais fut remplacé par Jose Maria Estrada. Castellon eut alors la
malheureuse idée d'appeler à l'aide un redoutable flibustier
nord-américain, le colonel William Walker.
Celui-ci recruta une bande d'aventuriers américains et allemands,
s'empara de Granada (14 octobre 1855)
et se fit reconnaître comme président par l'envoyé
des Etats-Unis .
Il dévalisa le pays, incendiant et massacrant; en deux ans, il fit
périr plus de 40 000 personnes.
Devant le péril
commun, le Salvador ,
le Honduras et le Costa Rica
signèrent une alliance (décembre 1855),
et le 9 mars 1856
le Costa Rica déclara la guerre au flibustier américain;
le Guatemala ,
le Salvador, le Honduras et le président provisoire du Nicaragua,
Patricio Rivas, choisi par Walker lui-même,
s'y associèrent; Walker, qui s'était fait élire président
définitif, ne put se maintenir, malgré sa cruauté,
et le 1er mai 1857
dut capituler à Rivas. Le général Martinez fut élu
président. Walker fit de nouvelles tentatives, débarquant
à San Juan en 1857,
puis au Honduras trois ans après; mais là le général
Alvarez, le fit prisonnier et il fut fusillé le 12 septembre 1860.
La même année,
l'Angleterre
céda son protectorat de la côte des Mosquitos
au Nicaragua moyennant une rente viagère de 5000 dollars au prétendu
roi des Mosquitos. En dehors des tentatives pour reconstituer la fédération
de l'Amérique centrale, le principal incident extérieur fut
le conflit avec l'Allemagne
dont le consul avait été insulté (1877).
Une démonstration navale imposa les satisfactions réclamées
par l'empire (31 mars 1878).
La politique intérieure
du Nicaragua est dominée à l'époque par l'antagonisme
des progressistes ou libéraux, dont le centre est à Granada,
et des conservateurs ou cléricaux, qui dominent à Leon et
Managua. Le gouvernement a été généralement
régulier, moins troublé par des révolutions que dans
les républiques voisines, et la gestion financière plus régulière.
En 1862,
la réélection illégale de Martinez à la présidence
provoqua l'insurrection du général Jerez, appuyé par
Barrios, président du Salvador ;
ils furent vaincus avec l'appui du Guatemala .
En 1867;
Martinez fit élire Fernando Guzman; il régla définitivement
l'affaire de la Mosquitie
avec l'Angleterre
et conclut avec les Etats-Unis
un traité leur concédant le droit de transit interocéanique,
avec port franc à chaque extrémité, moyennant quoi
les Etats-Unis garantirent la neutralité du passage.
Les présidents
suivants furent : P.-J. Chamarra (1875),
J. Zanala (1877),
le Dr A. Cardenas (1883),
Carazo (1887);
mais ce dernier étant mort en octobre 1888
fut remplacé par un clérical de Leon, Sacasa; les libéraux
de Granada protestèrent; l'administration illégale et ruineuse
de Sacasa amena sa chute en 1893.
Il fut remplacé par le libéral Zelaya qui intervint au Honduras
pour y porter à la présidence son ami Bonilla. En 1894,
il fit voter une nouvelle constitution.
Le 27 avril 1895,
le commodore anglais Stephenson débarqua des troupes à Cornito
et prit possession de la ville, parce que le gouvernement de Nicaragua
n'avait pas répondu à un ultimatum de son gouvernement relatif
à des réclamations pécuniaires. Huit jours après,
le Nicaragua s'engageait, par l'entremise des Etats-Unis ,
à payer dans la quinzaine l'indemnité réclamée.
Une révolution
éclata en février 1896
dans la province du Nord-Ouest; le président Zelaya se proclama
dictateur. Le mois suivant, il s'empara de la ville de Mora et de Metapa,
la forteresse des rebelles. Le gouvernement de Honduras lui avait envoyé
un renfort de 2000 hommes.
Une nouvelle révolution
fut tentée en février 1899
par le général Pablo Reyes, ex-gouverneur de la côte
orientale, révoqué par le président Zelaya. Reyes
se rendit, le 15, aux capitaines de la canonnière américaine
et du croiseur anglais mouillés à Bluefields, et le nouveau
gouverneur, le général Torrès, restitua aux commerçants
américains les droits de douane indûment perçus par
son prédécesseur. (A.-M. B. / NLI). |
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