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| La découverte de la Terre | ||
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| Les flibustiers ou boucaniers
sont des aventuriers européens établis aux Antilles durant
le XVIIe siècle.
Leurs exploits dans leur lutte contre les Espagnols sont restés
légendaires. L'origine de leurs établissements remonte aux
premières années du XVIIe
siècle.
Les forêts et les savanes des Antilles,
Haïti,
la Guadeloupe Les boucaniers isolés, sans femmes, avaient adopté une discipline remarquable qui fit leur force. Ils s'associaient deux à deux, mettant tout en commun; leur maison ou loge restait ouverte, nul vol n'étant à craindre. Les querelles se réglaient par des duels. Leurs provisions de cuirs ou de viande boucanée étaient portées à la côte par des engagés, réduits à un véritable servage. Les boucaniers prospérèrent surtout au Nord de l'île de Haïti. Là ils se trouvèrent en conflit avec les Espagnols et en rapport avec des aventuriers de la mer, avec lesquels ils se confondirent, les flibustiers. Les flibustiers (freeboters) étaient
des pirates de toute origine qui dévalisaient les vaisseaux de commerce
espagnols. Le premier noyau fut formé de Français établis
dans l'île de Saint-Christophe vers 1625.
Quelques années plus tard, ils se transportèrent sur la côte
Nord-Ouest de Haïti et occupèrent
l'île de la Tortue, rocher formidable, à peu près inaccessible,
qui leur offrit un refuge assuré. Ils s'entendaient à peu
près avec les boucaniers, colons de terre ferme, originaires surtout
de la Normandie Un grand nombre d'aventuriers, au lieu de devenir des colons, préférèrent continuer leur vie batailleuse. Les flibustiers formaient des bandes de 50 à 150 hommes, montés sur des barques où parfois ils avaient à peine la place pour se coucher. Bravant les tempêtes et les intempéries, ils guettaient les navires espagnols. Un des premiers, le Dieppois Legrand se jette avec une barque montée par 29 hommes, armée de quatre petits canons, sur le galion du vice-amiral; son bateau sombre, mais il s'empare de l'autre. Les exploits des flibustiers, l'énorme butin qu'ils conquièrent leur attirent des milliers de recrues. Leurs petites bandes de 25 à 30 hommes, qu'on appelait des matelotages, étaient autonomes; elles grandissaient avec le succès, s'unissaient les unes aux autres pour de grandes expéditions, essaimaient comme des ruches quand elles devenaient trop nombreuses. Les keys, récifs et flots à demi noyés du Sud de la Floride leur fournissaient des repaires impénétrables où ils défiaient toute poursuite. Dans ces flots ou sur les côtes voisines, ils enterraient leurs trésors, et plus d'un y est encore dont les possesseurs ont disparu dans quelque tempête ou dans quelque assaut meurtrier. Dans leurs orgies ou dans les partages de butin s'allumaient de terribles querelles. Nulle organisation d'ensemble ne put être créée par ces redoutables pirates. Cependant ils furent bientôt assez forts pour s'attaquer non seulement à des navires, mais à des villes, aux forteresses des Espagnols. Quelques-unes de ces entreprises, qui ont parfois touché des régions bien au-delà des Antilles, ont eu un grand retentissement. Les flibustiers dont l'histoire a conservé
le nom sont les Français Montbars
l'Exterminateur, Nau
l'Olonnais, Montauband,
François
Gramont ou Grandmont, Michel le Basque;
les Anglais Morgan, Mansfield,
les Hollandais Roe Graff, Van Horn (d'Ostende),
le Portugais Barthélemy, etc. Leurs
plus célèbres hauts faits sont rapportés au nom de
ces étranges héros. Ils commencèrent vers 1660
quand les Frères de la Côte s'organisèrent avec quelque
méthode sous leur étendard noir orné de la tête
de mort et du sablier. Rappelons l'expédition de Montbars, Nau l'Olonais
et Michel le Basque qui, avec 440 hommes, saccagèrent Puerto Cabello,
San Pedro, Gibraltar, Maracaïbo; de Morgan, qui dévasta Portobello La guerre entre la France et l'Angleterre divisant les flibustiers en deux camps contribua beaucoup à les faire disparaître; la colonisation méthodique de Haïti, de la Jamaïque, l'organisation par les Anglais d'une immense contrebande officieuse expliquent qu'au XVIIIe siècle le souvenir seul subsiste des Frères de la Côte. (A19). |
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