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Doon de Mayence. - Chanson de geste qui appartient au cycle des romans carolingiens, et qui, sous la forme où nous la possédons, n'a pu être écrite avant la seconde moitié du XIIIe siècle. Elle se compose de deux parties : l'une, qui compte 6036 vers, est consacrée à la jeunesse de Doon; l'autre, qui n'en renferme que 5467, raconte les exploits du héros parvenu à l'âge mûr. La première est de beaucoup la plus intéressante, et l'allure vive et franche du récit permet de supposer que c'est une oeuvre originale : on y remarque surtout le charmant épisode des amours de Doon et de Nicolette. Pour la seconde, l'auteur doit avoir eu sous les yeux une Chanson plus ancienne, à laquelle on trouve une allusion dans le roman de Girart de Viane : il cite, d'ailleurs, un certain nombre d'épopées carolingiennes, même les dernières venues du cycle, et fait des allusions aux légendes bretonnes et aux romans de la Table Ronde, ce qui atteste l'origine relativement récente de sa composition. Le Doon qui a inspiré cette Chanson, dont l'auteur est inconnu, n'est pas le traître qui figure dans Beuve d'Antone, mais le chef de famille de qui descendent les Aymon, les Ogier, les Renaud, les Girart de Roussillon. La chanson de Doon de Mayence, mise en prose à la fin du XVe siècle, fut imprimée en 1501 par Ant. Vérard, sous ce titre : La Fleur des batailles de Doolin de Maïence, etc.; elle ne diffère pas, au fond, du récit poétique, elle est seulement moins développée. Les éditions publiées sans date à Paris par Alain Lotrian et par Nicolas Bonfons, à Rotterdam, en 1604, par Waesbergue, et à Troyes par Nicolas Oudot, ne sont que la reproduction de celle de Vérard, avec de notables rajeunissements de la langue. Le poète allemand Alxinger en a tiré le sujet d'un poème de Doolin de Mayence, publié en 1787. B.


En bibliothèque - On ne connaît que trois manuscrits du Doon de Mayence : le 1er écrit à Douai en 1463, le 2e également du XVe siècle, tous deux conservés à la Bibliothèque nationale de Paris; le 3e, en dialecte picard, plus ancien, moins incorrect, appartenant à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier, a été publié par MM. Guessard et Michelant dans la collection des Anciens poètes de la France, Paris, 1859, in-,16.

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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.