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Bar-le-Duc
ou Bar-sur-Ornain est une commune de France ,
dans le département de la Meuse, sur l'Ornain et le canal de la
Marne au Rhin. Population : 17 000 habitants. Il y a une basse ville et
une haute ville : la première, le quartier industriel et commerçant,
est à cheval sur l'Ornain qui la traverse sous plusieurs ponts;
la ville haute, sur la rive gauche, s'élève en amphithéâtre
sur deux collines dont la plus élevée, couronnée par
l'église Saint-Pierre, a une altitude
de 239 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Histoire.
On admet généralement que
la ville de Bar-le-Duc doit son origine au château
que Frédéric d'Ardennes, premier comte de Bar et duc bénéficiaire
de Mosellane, y fit construire en 964 ou 967, et qui, au dire de l'auteur
de la Chronique de l'abbaye de Saint-Mihiel
(Mabillon, Vetera Analecta, t. Il, p. 38), devait servir de barrière
aux fréquentes incursions des Champenois,
quod
Barrum, quasi Barram, nominavit. En effet, c'est à partir de
cette époque que commence l'histoire de Bar, d'une manière
suivie; mais il est probable que la ville est plus ancienne et que bien
antérieurement déjà il existait sur son emplacement
un établissement celtique ou gallo-romain. Lorsqu'on a creusé
le canal de la Marne au Rhin et lors des travaux exécutés
à Bar-le-Duc pour l'agrandissement de l'hôpital, on a découvert
un assez grand nombre de monnaies gauloises,
attribuées par Lelewel aux Leuci, habitants de la contrée,
et à d'autres populations gauloises voisines.
Déjà avant ces découvertes,
Walkenaer avait reconnu dans Bar-le-Duc le Caturiges ou Calurices des anciens.
C'est là en effet qu'il faut placer cette station, marquée
dans les Itinéraires, à
mi-chemin entre Nasium (Naix) et Ariola (le Val), sur la route consulaire
de Metz
à Reims,
à moins qu'on ne préfère la chercher à 3 km
plus à l'Ouest et l'identifier avec l'antique enceinte, appelée
quelquefois le camp de Bar-le-Duc, de 254 m de long, sur 120 à 124
m de large, découverte dans la banlieue de la commune de Fains,
et dans laquelle on a trouvé des monnaies à l'effigie d'empereurs
romains, qui prouvent que si les Romains
ne l'ont pas construite, ils l'ont au moins utilisée (V. Caylus,
Recueil
d'ant. vol. IV, p. 393, pl. XXI). Les dernières traces de cette
station primitive se trouvent encore au commencement de la période
franque : Frédégaire (Hist.
Franç. Epit. ch. XI, éd. Ruinart, p. 553), parle d'un
château dans lequel Childéric,
le père de Clovis, revenant de Thuringe ,
en 464, aurait été si bien reçu par ceux du Barrois
(Barrenses), qu'il les aurait affranchis d'impôts.
Enfin Arbois de Jubainville (Bibliothèque
de l'Ecole des Chartes, 4e série.,
t. IV, 1858, pp. 448-359), a démontré que dans des chartes
des VIIe, VIIIe
et IXe siècles, les environs de
Bar-le-Duc portaient déjà le nom de pagus Barrenses,
et que c'étaient Bar-le-Duc et Bar-sur-Aube ,
et non cette dernière ville et Bar-sur-Seine ,
comme le supposaient Adrien de Valois, Pardessus et Guérard, qui
étaient les chefs-lieux des deux Barrois (utrosque Barrenses),
mentionnés dans les Annales de Saint-Bertin (ad 837), et
par Nithard (liv. I, chap. VI) comme faisant partie de l'héritage,
assigné par Louis le Débonnaire
à son fils Charles le Chauve, dans l'assemblée
d'Aix-la-Chapelle
en 837. Ces conclusions d'Arbois de Jubainville ne sont nullement en contradiction
avec le récit du chroniqueur de Saint-Mihiel qui attribue à
Frédéric, comte de Bar et duc bénéficiaire
de Mosellane, la construction du château de Bar-le-Duc.
A partir du Xe
siècle, la ville de Bar fut la résidence habituelle des seigneurs
du Barrois
et son histoire se confond avec celle de cette province. Elle est désignée
pour la première fois sous le nom de Bar-lou-Duc dans la
Paix et accord entre le duc de Bar et l'évêque de Verdun
de l'année 1242. Au Xe siècle,
les documents portent de préférence Barrivilla. En
1368, la ville basse, alors appelée ville neuve, quoique, de l'avis
de Dom Calmet, elle soit la partie la plus ancienne,
fut entourée de murailles par le duc Robert (1352-1411).
Louis XI, roi
de France, pour empêcher Charles
le Téméraire de pénétrer en Champagne ,
s'empara de la ville, en 1474, en restaura les fortifications, mais la
restitua bientôt après au duc René II.
En 1517, François
Ier visita
la ville pour assister au baptême du fils aîné du duc
Antoine, dont il était le parrain. - Au XVIIe
siècle, assiégée, prise et reprise, successivement
par Louis XIII et par Charles IV duc de Lorraine ,
la ville tomba, en 1670, au pouvoir de Louis XIV
qui ordonna la démolition de l'ancien château,
dont l'intérieur avait déjà beaucoup souffert d'un
incendie arrivé en 1649. Louis XIV fit également raser les
tours, au nombre de dix-sept, à l'exception de la tour de l'Horloge
qui domine encore aujourd'hui la vallée de l'Ornain. L'enceinte
fortifiée fut épargnée, mais depuis elle a disparu
presque totalement. Restituée au duc Léopold de Lorraine,
la ville de Bar-le-Duc fut réunie à la France, ainsi que
le reste du Barrois ,
en 1766, à la mort de Stanislas Leczinsky.
Autrefois Bar-le-duc était compris
dans le diocèse de Toul,
et était, comme capitale du Barrois-mouvant, chef-lieu d'un bailliage
très important, comprenant 163 communes et ressortissant au parlement
de Paris.
Bar-le-Duc a donné naissance au
duc de Guise, dit le Balafré, au capucin
Norbert, célèbre voyageur connu pour son inimitié
contre les jésuites, à Jérôme
Dubois, peintre du XVIe siècle,
à Oudinot, duc de Reggio, et à Excelmans, tous deux maréchaux
de France.
Les armes de la ville sont parti au 1er
d'azur à deux bars adopés d'or, l'écu semé
de croisettes potencées et contre-potencées au pied fiché
d'or, qui sont les armes du duché de Bar, au 2e
d'argent à trois pensées feuillées et tigées
au naturel, qui sont les armes de la ville, et sa devise est : PlVS
PENSER QVE DIRE.
Monuments.
L'Eglise
collégiale de Saint-Pierre, dans la ville haute, date de 1318; mais
le portail principal fut construit par Louis
Xl. Dans une de ses chapelles latérales,
on admire le mausolée du due René de Châlons, prince
d'Orange, tué en 1544 au siège de Saint-Dizier .
Ce monument curieux qui se trouvait primitivement dans l'église
collégiale de Saint-Maxe, supprimée en 1789 et démolie
pendant la Révolution, est l'oeuvre
de Ligier Richier, statuaire lorrain du XVe
siècle, qu'on dit être un élève de Michel-Ange.
Il se compose d'un autel en marbre
noir, sur lequel est debout un squelette, en marbre blanc, tenant un sablier
dans sa main gauche. Dans la ville haute, il y a encore l'église
moderne en style gothique du couvent
des dominicains. Dans la ville basse, l'église
Notre-Dame, au faubourg vigneron de Couchot, l'église Saint-Antoine
et enfin la petite chapelle dédiée à la Vierge
et s'élevant au milieu du pont Notre-Dame, n'offrent rien de remarquable
sous le rapport de l'architecture. Il en est de même du temple protestant,
de date récente. Parmi les édifices civils, il faut citer
l'hôpital, créé en 1385; la justice de paix qui occupe
un corps de bâtiment de l'ancien château,
épargné lors de la démolition au temps de Louis
XIV; l'ancien collège, construit par Gilles de Trèves,
aujourd'hui converti en caserne; le musée, installé dans
un bâtiment de l'époque de la Renaissance ,
qui, au XVIIIe
siècle, servait d'hôtel
de ville; fondé en 1841, il a un cabinet d'histoire
naturelle, une petite galerie de tableaux avec quelques portraits
de personnages célèbres de l'ancien duché de Bar et
du département de la Meuse; il possède en outre quelques
objets d'archéologie, entre autres des sculptures
minimes, trouvées en 1845 dans les fouilles de Nasium (Noix). L'hôtel
et le parc d'Oudinot, devenus propriétés communales, servent
d'hôtel de ville et de promenade publique. Des statues ont été
érigées, aux maréchaux Excelmans et Oudinot; celle
de ce dernier, oeuvre de Jean Debay, a été élevée
en 1850, sur la place de la Municipalité.
Mentionnons encore, en fait de curiosités, la tour de l'Horloge
dont il a été question plus haut; le Pâquis, promenade
de la haute ville, où l'on remarque un tilleul énorme, ayant
au tronc six mètres de circonférence et qui aurait été
planté, dit-on, vers 1570; la place de la Couronne, où se
voient les restes d'une porte ancienne, et enfin la promenade des Saules.
(GE). |
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