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Les écrivains
de l'Antiquité
donnent le nom de Celtibérie à une partie importante
de l'Espagne
centrale, habitée par des tribus où les éléments
celtiques et ibériens
s'étaient fondus.
Il est difficile de préciser les
limites du pays que les Romains appelaient
ainsi avant la conquête de la péninsule, et ce nom ne fut
pas maintenu dans la nomenclature administrative; même chez les auteurs,
il ne demeura que comme une dénomination générale
et un peu vague. Pour Tite-Live (28, 1), la
Celtibérie est sur la ligne de partage entre les versants de l'Océan
Atlantique
et de la Méditerranée ,
au Nord, c.-à-d. dans les régions Cuenca ,
Soria, Burgos,
le sud-ouest de l'Aragon .
Strabon l'étend depuis la limite méridionale
du bassin de l'Ebre
jusqu'aux sources du Douro, du Tage ,
du Guadiana; Polybe prolongeait leur territoire
au Sud jusqu'aux sources du Bétis (Guadalquivir), et à l'Est
jusqu'aux collines voisines de Sagonte .
Enfin, plus d'un auteur paraît s'être servi du mot Celtibérie
pour désigner toute l'Espagne Citérieure.
Parmi les tribus celtibériennes,
nous en connaissons trois par le texte de Polybe, les Arevacae,
les Titti et les Belli; Strabon nous dit que, selon certains
témoignages, on en comptait quatre, et selon d'autres cinq, et il
nomme les Arevacae et les Lusones; Pline, dans un passage assez obscur,
nomme les Arevacae et les Pelendones. Les villes principales de la Celtibérie
étaient la fameuse Numantia
et Bilbilis .
Les Celtibères occupant le centre
même de la péninsule, ou noeud des vallées du Douro,
du Tage et du Guadiana, eurent un rôle important dans l'histoire
de l'Espagne
antique. Ils résistèrent longtemps aux Carthaginois;
plus tard, soutenant ceux-ci contre les Romains,
ils provoquèrent la perte des deux Scipions.
On sait l'héroïque défense de Numance, la part qu'ils
prirent à la révolte de Sertorius;
ce ne fut qu'après la mort de ce dernier qu'ils purent être
soumis.
Leur puissance, dit-on, avait été
jadis très grande et ils avaient eu jusqu'à trois cents villes.
Leur civilisation était relativement avancée, comme en témoignent
surtout les monnaies de leurs villes. Leurs moeurs étaient fort
originales, et les auteurs anciens, notamment Polybe,
Strabon, Diodore de Sicile
et Martial nous en donnent maint détail
curieux. (E. CAT.). |
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