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| Jugement dernier Mais si le Jugement dernier tint tout d'abord une place importante sur les portails des églises abbatiales, c'est sur la porte de la cathédrale d'Autun, porte construite en 1140, que l'on en peut voir un exemple des plus anciens et des plus complets, et c'est sur le tympan de la porte centrale de Notre-Dame de Paris, tympan sculpté de 1210 à 1245 et fort habilement restauré vers 1855, sous la direction de de Viollet-le-Duc, par les sculpteurs Toussaint et Geoffroy Dechaunie, que l'on en peut admirer le type le plus achevé. Au-dessus du linteau de cette porte centrale
dite Porte du Jugement, le tympan se
divise en trois zones celle inférieure consacrée à
la résurrection des morts que l'on voit sortir de leurs sépulcres
entrouverts; celle médiane dans laquelle l'archange saint Michel
pèse les mérites des âmes qui se répartissent
en deux groupes, les élus à droite et les réprouvés
à gauche; et enfin la zone supérieure, qui occupe la partie
aiguë de l'ogive et dans laquelle le Christ est représenté
assis avec, à droite et à gauche, des anges debout tenant
les instruments de la Passion et, un peu en arrière, à droite,
la Vierge et, à gauche, saint Jean l'Evangéliste, ces deux
derniers personnages agenouillés et intercédant pour les
humains. Les proportions différentes des figures, la sobriété
de leur agencement et l'observation des règles du symbolisme font
de cette scène, qui était autrefois peinte et dorée,
un modèle d'iconographie chrétienne en même temps que
de l'art sculptural au Moyen âge.
Tympan du portail du Jugement dernier de la cathédrale d'Amiens. Parmi les oeuvres
d'art qui ont pour sujet le Jugement dernier Le Jugement dernier a souvent été jugé comme un sujet trop sublime et trop terrible pour la peinture; aussi les plus grands artistes, sans en excepter Michel-Ange, y ont échoué, estime-t-on en général. Une scène du Calvaire excitera la plus douloureuse émotion, et il n'est pas très rare que des artistes éminents y aient réussi; mais devant ces tableaux dits du Jugement dernier, on n'est frappé que de l'imagination du peintre : le coeur et l'esprit restent froids, au lieu d'être consternés de respect et de terreur. (C. Dezobry / Charles Lucas).
Le Jugement dernier, linteau du portail de l'église de la Couture, au Mans. |
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