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Littérature française
La littérature française au XIXe siècle
La Prose
Aperçu La poésie Le théâtre La prose
De 1800 à 1820

C'est dans la prose qu'il faut chercher l'originalité de cette période. Toute l'oeuvre des encyclopédistes est à terre. Pour Bonald, en qui l'on peut voir le principal représentant de l'école théocratique, l'institution de la société est d'origine divine; le roi est maître absolu sur ses sujets comme Dieu sur le monde; l'humain n'a pas de droits, mais des devoirs. Joseph de Maistre, autrement logique et hardi, bâtit sa société sur l'ultramontanisme (le Pape, 1819). Dans le domaine des idées pures, La Romiguière, Maine de Biran, surtout, se séparent des derniers condillaciens représentés par Destutt de Tracy et acheminent la philosophie vers l'éclectisme spiritualiste de Victor Cousin. Joubert condense cette philosophie en petites formules délicates jusqu'à la préciosité. Deux grands écrivains dominent toute cette période : Chateaubriand et Mme de Staël.

Chateaubriand.
On a pu dire de Chateaubriand qu'il avait ouvert, au début du XIXe siècle, toutes les grandes avenues de la pensée de son temps. Le Génie du Christianisme (1802) ne marque pas seulement qu'un retour de conscience vers une religion tombée dans un discrédit singulier pendant la Révolution; il découvre, fait jaillir la source où ira puiser et se retremper l'inspiration des premiers romantiques. 
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Des églises gothiques, extrait de Chateaubriand

[ Dans le Génie du Christianisme, Chateaubriand précise notamment la poétique du christianisme, en étudiant son action sur les beaux-arts, sur la musique, la peinture, la sculpture et l'architecture. Quelques affirmations sont contestables; d'autres sont intéressantes et neuves, par exemple ces réflexions sur les églises gothiques : ]

« On ne pouvait entrer dans une église gothique sans éprouver une sorte de frissonnement et un sentiment vague de la Divinité. On se trouvait tout à coup reporté à ces temps où les cénobites, après avoir médité dans les bois de leurs monastères, se venaient prosterner à l'autel et chanter les louanges du Seigneur dans le calme et le silence de la nuit. L'ancienne France semblait revivre : on croyait voir ces costumes singuliers, ce peuple si différent de ce qu'il est aujourd'hui; on se rappelait et les révolutions de ce peuple, et ses travaux et ses arts. Plus ces temps étaient éloignés de nous, plus ils nous paraissaient magiques, plus ils nous remplissaient de ces pensées qui finissent toujours par une réflexion sur le néant de l'homme et la rapidité
de la vie.

L'ordre gothique, au milieu de ses proportions barbares, a toutefois une beauté qui lui est particulière.

Les forêts ont été les premiers temples de la Divinité et les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l'architecture. Cet art a donc dû varier selon les climats. Les Grecs ont tourné l'élégante colonne corinthienne avec son chapiteau de feuilles sur le modèle du palmiers. Les énormes piliers du vieux style égyptien représentent le sycomore, le figuier oriental, le bananier et la plupart des arbres gigantesques de l'Afrique et de l'Asie.

Les forêts des Gaules ont passé à leur tour dans les temples de nos pères, et nos bois de chênes ont ainsi maintenu leur origine sacrée. Ces voûtes ciselées en feuillages, ces jambages, qui appuient les murs et finissent brusquement comme des troncs brisés, la fraîcheur des voûtes, les ténèbres du sanctuaire, les ailes obscures, les passages secrets, les portes abaissées, tout retrace les labyrinthes des bois dans l'église gothique; tout en fait sentir la religieuse horreur, les mystères de la divinité. Les deux tours hautaines plantées à l'entrée de l'édifice surmontent les ormes et les ifs du cimetière, et font un effet pittoresque sur l'azur du ciel. Tantôt le jour naissant illumine leurs têtes jumelles, tantôt elles paraissent couronnées d'un chapiteau de nuages, ou grossies dans une atmosphère vaporeuse. Les oiseaux eux-mêmes semblent s'y méprendre et les adopter pour les arbres de leurs forêts : des corneilles voltigent autour de leur faîtes et se perchent sur leurs galeries. Mais tout à coup des rumeurs confuses s'échappent de la cime de ces tours et en chassent les oiseaux effrayés. L'architecte chrétien, non content de bâtir des forêts, a voulu, pour ainsi dire, en imiter les murmures, et au moyen de l'orgue et du bronze suspendu, il a attaché au temple gothique jusqu'au bruit des vents et des tonnerres, qui roulent dans la profondeur des bois. Les siècles, évoqués par ces sons religieux, font sortir leur antique voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique : le sanctuaire mugit comme l'antre de l'ancienne Sibylle; et, tandis que l'airain se. balance avec fracas sur votre tête, les souterrains voûtés de la mort se taisent profondément sous vos pieds. »
 

(Chateaubriand, extrait du Génie du Christianisme, I, 8).

Avec Atala (1804), René (1802), les Natchez (1831), et en même temps que Chateaubriand développe et fortifie en nous le sentiment de la nature, c'est la mélancolie, l'exaltation passionnelle et maladive d'une âme prise entre l'infini de ses rêves et son impuissance à les réaliser, c'est le « moi », son « moi », peut-on dire, qu'il introduit dans la littérature et si impérieusement qu'il en aura pétri tout le lyrisme contemporain.

Madame de Staël.
Mme de Staël fut surtout une intermédiaire entre l'étranger et la France. Delphine (1802) et Corinne (1807) n'eurent qu'une influence médiocre; elle y mit son coeur peut-être, mais c'est par son esprit qu'elle eut une action. Ses livres De la Littérature (1802) et De l'Allemagne (1810), en donnant aux Français la clef des chefs-d'oeuvre étrangers, contribuèrent à leur diffusion au détriment des modèles grecs et latins.

 « Les poésies d'après l'antique, écrivait-elle, sont rarement populaires parce qu'elles ne tiennent dans le temps actuel à rien de national. » 
C'est elle qui prononça la première en France le mot de romantique, l'appliquant à cette poésie « dont les chants des troubadours ont été l'origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme » et dont elle appelait la renaissance de tous ses voeux. On sait assez que l'appel fut entendu.
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Madame de Staël.
Mme de Staël en 1816.

De 1820  à 1848 

Pendant cette période, on voit que le mouvement de renaissance n'a pas été moins fécond dans la prose qu'en poésie. La littérature politique reparaît, après l'Empire, sous la forme du pamphlet. P.-L. Courier, avec sa plaisanterie fine et acérée, son style mordant sous une apparente bonhomie, donne dans le Pamphlet des pamphlets un des modèles de ce genre si français. Cormenin, sous le pseudonyme de Timon, joint souvent l'injure à la malice, mais il parle avec précision la langue des affaires et crée le « pamphlet administratif ». 

Eloquence.
C'est une des conquêtes de la Révolution d'avoir donné la liberté à la parole comme à la plume. L'éloquence politique, longtemps silencieuse, retrouve l'éclat des anciens jours. Sans doute, c'en est fait de la dialectique puissante d'un Mirabeau, ou des éclats de passion d'un Danton, mais la parole gagnera en précision ce qu'elle perdra en véhémence. Développer les lieux communs de la politique; préciser les grandes idées qui, dans les troubles révolutionnaires, avaient été exposées dans un langage plus enflammé que rigoureux; formuler les théories de la monarchie constitutionnelle, telle fut l'oeuvre de Royer-Collard, de Benjamin Constant, du général Foy et des autres orateurs du règne de Charles X. Sous Louis-Philippe, ces lieux communs sont délaissés par de nouveaux orateurs qui, dans l'étude des affaires et des questions à l'ordre du jour, brillent par les qualités les plus diverses : Guizot, par la hautaine assurance de sa parole expérimentée, Dupin aîné par sa verve railleuse, Casimir Périer par la chaleur de ses apostrophes, Lamartine par la couleur et l'émotion entraînante de sa langue harmonieuse, Berryer par son action oratoire qui rappelle à ses auditeurs les plus beaux mouvements de l'éloquence antique. Jamais talents plus variés n'ont honoré la tribune. 

En même temps, l'éloquence religieuse, morte depuis Massillon, renaît et retrouve sa grandeur avec Lacordaire, moins profondément distante qu'autrefois de l'éloquence profane. Pendant que Montalembert défendait le catholicisme à la tribune, l'illustre dominicain entraînait la foule à ses conférences, mêlait à l'enseignement du dogme et de la morale chrétienne l'étude des questions politiques et sociales qui passionnaient les esprits, et faisait revivre avec des accents modernes l'oraison funèbre abandonnée. A leur tour, les théoriciens religieux étudient la religion dans ses rapports avec la société. Lamennais, après s'être institué le défenseur en titre de l'Eglise, rompait brusquement avec elle, et publiait une ardente profession de foi démocratique dans ses Paroles d'un croyant (1834). 

Est-ce quitter enfin l'éloquence que de citer ici Victor Cousin qui, dans le domaine de la philosophie, continue l'oeuvre de réaction contre les tendances matérialistes du XVIIIe siècle? Son éclectisme ne lui a pas survécu, mais, comme Royer-Collard son maître et Jouffroy son disciple, il a fait passer en France un peu de la philosophie écossaise et de la philosophie allemande, et dans son livre Du Vrai, du Beau, du Bien, enseigné avec chaleur les hautes idées de la philosophie morale. Par les qualités d'un style brillant et ferme à la fois, ami de la période, il est le maître des orateurs philosophiques. En dehors de cette philosophie officielle, Edgar Quinet expose, dans le Génie des Religions (1842), son vaste programme révolutionnaire; mais surtout Auguste Comte, magistralement interprété par Littré, devait avoir sur l'avenir une influence considérable. Rejetant les hypothèses métaphysiques, partant de ce principe que l'humain ne peut arriver à la connaissance de la vérité que par l'étude des faits positifs, sans y mêler la recherche des causes finales, il fonde la philosophie dite positive, moins séduisante sans doute, mais plus scientifique que celle de Cousin et d'où est sortie en grande partie la philosophie contemporaine.

Histoire.
Cette précision rigoureuse dans l'étude et l'interprétation des faits renouvelle en même temps l'histoire qui, aidée d'une critique scrupuleuse, nous restitue le passé avec sa vraie physionomie. Des historiens de cette époque, les uns interprètent les faits minutieusement étudiés et y recherchent l'enchaînement des effets et des causes : c'est l'école philosophique. Les autres s'attachent à la vérité du récit et à la couleur locale : c'est l'école descriptive. La plupart enfin joignent l'interprétation philosophique des faits à la vérité des peintures. Guizot, le chef de l'école philosophique, plus attaché à expliquer qu'à raconter ou à peindre, présente l'histoire du passé sous une forme didactique, et dans ses écrits même (Révolution d'Angleterre, 1827; Civilisation en Europe et en France, 1845, etc.), reste un homme d'Etat aux yeux de qui l'histoire est un enseignement pour l'avenir. La Démocratie en Amérique, de Tocqueville, et l'Histoire de la Révolution française, de Mignet, sont des livres inspirés par la même méthode. Au lieu de dégager des idées, l'école descriptive, dont le plus pur représentant est Barante, raconte sans conclure. Si l'autre méthode est froide, celle-ci est incomplète. Aussi les historiens français ont-ils de préférence suivi à la fois les deux méthodes. Augustin Thierry, dans ses Récits des temps mérovingiens (1840), allie avec un rare bonheur le pittoresque à l'exacte appréciation des faits, habile à exprimer ses réflexions personnelles sans interrompre le récit. Thiers, dans son Histoire du Consulat et de l'Empire (1845-1862), donne un modèle d'information précise, d'exposition lumineuse. Mais de tous les historiens de ce temps, le plus hardi, le plus brillant, le plus grand peut-être, et en tous cas le plus émouvant, est Michelet qui fait de l'histoire une véritable « résurrection » : on peut lui reprocher des excès, une imprudence généreuse; soit! nul n'a su comme lui faire palpiter la vie dans les événements racontés. 

Critique.
C'est encore l'histoire appliquée à la littérature qui a produit la critique littéraire du XIXe siècle. Pour comprendre les livres, on les replace dans le milieu où ils ont paru. Déjà Villemain (Littérature du XVIIIe siècle, 1828) ajoute à l'appréciation des beautés et des défauts des aperçus variés sur les caractères des écrivains et sur les moeurs de leur temps, et fait de ses cours de véritables modèles de critique littéraire orale. Dans des cours parallèles, pleins d'érudition et de finesse (La Fontaine et les Fabulistes, Littérature dramatique, etc.), Saint-Marc Girardin se plaît à étudier le coeur humain au théâtre et dans les oeuvres des poètes et des romanciers. En même temps, Sainte-Beuve, le plus fécond et le plus vigoureux de ces esprits, crée dans ses Lundis une critique littéraire tout à fait personnelle et nouvelle, mêlant la biographie et la critique pour reconstituer les talents les plus divers et les expliquer par eux-mêmes. La critique ainsi entendue est une oeuvre de science en même temps qu'une oeuvre d'art. Toutefois, la critique purement dogmatique n'était pas morte : Nisard, dans son Histoire de la littérature française, juge les oeuvres sur un idéal préconçu de raison et de sobriété. Par plus de liberté dans les appréciations, la critique artistique aussi est rajeunie (Théophile Gautier, Delacroix, Alfred de Musset, etc.); les études que l'on a faites des temps passés permettent de juger avec plus de justesse et de largeur d'esprit les diverses manières du moement; le sens de la couleur se développe. Peut-être Diderot, au siècle précédent, pour excellent qu'il soit, était-il trop préoccupé de l'idée dans ses Salons; peut-être le dessin et la couleur arrêtent-ils trop la critique nouvelle.

Roman.
Dans le roman, l'activité de la nouvelle école se manifeste par les oeuvres les plus variées. Alfred de Vigny fonde avec Cinq-Mars (1826) et Stello (1830) le roman historique. Victor Hugo accumule les épopées en prose : Han d'Islande (1823), Notre-Dame de Paris (1831), les Misérables, etc.; Lamartine, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Sainte-Beuve, etc., font alterner la nouvelle, le conte, le roman d'aventure et l'autobiographie romanesque; enfin, Alexandre Dumas et Eugène Sue créent le roman-feuilleton. Mais les vrais maîtres du roman restent encore Balzac et George Sand. L'auteur de la Comédie humaine, avec son réalisme pénétrant, son analyse minutieuse et sûre, garde 

« cette gloire singulière d'avoir complètement renouvelé la matière du roman comme l'avait fait Le Sage cent ans auparavant, d'avoir été, après Molière, le plus grand «-contemplateur-» qui ait paru dans les lettres françaises, et d'avoir laissé en somme quelque chose de lui dans tous les romans qui se sont écrits depuis cinquante ans, dans ceux de ses adversaires, comme dans ceux de ses disciples » (Morillot).
George Sand est, au contraire de Balzac, une pure idéaliste; son oeuvre est très considérable et exclusivement romanesque.
« Chez George Sand, a-t-on dit, tout est roman et pur roman; il n'est pas jusqu'à ses défauts (l'abondance un peu fluide et prolixe) qui ne semblent presque inhérents au genre lui-même. Tout ce qu'il y a de tendre, de poétique, d'attachant, de décevant aussi et de frivole dans le roman français, devait, vers le milieu du siècle, s'incarner dans un auteur et il fallait que cet auteur fuit une femme. »
Idéalisme et réalisme se partagent dès lors le roman au XIXe siècle. Mais, en cherchant les nuances, ne peut-on pas dire que l'égoïste mélancolie de l'Adolphe de Benjamin Constant, la sèche amertume de Stendhal, l'indifférence ironique de Mérimée, d'ailleurs si délicat et si purement artiste dans Colomba (1840) et dans ses nouvelles, n'aient pas séduit et inspiré, presque autant que George Sand et Balzac, tout ou partie des meilleurs écrivains qui ont suivi?

De 1848 à 1900

Roman.
Dans le roman, les deux grands courants d'idéalisme et de réalisme que nous avons signalés dans la précédente période se poursuivent parallèlement, avec des alternatives de vogue et de défaveur marquées. Octave Feuillet, Fromentin, Edmond About, Victor Cherbuliez, Gustave Droz, Ludovic Halévy, André Theuriet, Anatole France, Paul Bourget, Maurice Barrès, Marcel Prévost, etc., relèveraient plutôt de l'idéalisme; Champfleury, les frères de Goncourt, Gustave Flaubert, Emile Zola, Daudet, Hector Malot, Guy de Maupassant, Paul Margueritte, du réalisme. Que de nuances cependant entre ces différents écrivains! Et que le symbolisme de l'un est éloigné du psychologisme de l'autre, autant que l'impressionnisme de celui-ci l'est du naturalisme de celui-là! Si l'on considère, du reste, avec quelque attention, le mouvement général de la fin du XIXe siècle, il apparaît que dans le roman, comme en poésie, comme au théâtre, partout le spectacle se ressemble. 

« Il y a encore des maîtres, des écoles, des systèmes, dit Le Gofiic, et personne pour les suivre. Où va-t-on? On s'interroge, on cherche. Quoi? Nul ne sait au juste. Idéalistes et réalistes, prosateurs et poètes, tous vous diront que les anciennes formules ont fait leur temps et qu'on n'en veut plus. Mais cette belle entente crève en fumée, dès qu'il s'agit de déterminer la formule nouvelle. Et les préfaces succèdent aux manifestes, les théories aux poétiques. C'est, jusqu'à nouvel ordre, le triomphe de l'individualisme, - un méchant mot sans doute, mais le seul propre à caractériser cette fin de siècle, turbulente et confuse, et dont l'avenir déconcerte toute précision. » 
Eloquence.
L'éloquence religieuse nous offre dans cette période les noms de Dupanloup, du P. Hyacinthe, du P. Didon et du P. Monsabré ; l'éloquence politique ceux de Thiers, d'Emile Ollivier, de Dufaure, de Jules Favre, de Gambetta, d'A. de Mun, etc. Dans la presse et sans distinctions de partis on peut citer au premier rang : Emile de Girardin, S. de Sacy, Cuvillier-Fleury, Prévost-Paradol, Edmond About, John Lemoine, Raoul Frary, Ed. Hervé, F. Sarcey, H. Fouquier, etc. Le pamphlet politique et religieux se transforme à son tour avec Louis Veuillot et Henri Bochefort.

Philosophie, histoire, critique.
En philosophie, deux écrivains ont surtout puissamment agi sur la direction des idées  : Renan et Taine.

« Tout ce qui tend à circonscrire les choses d'une manière trop rigoureuse, a dit du premier Paul Janet, lui paraît faux. A ce titre, le matérialisme doit lui être une doctrine fausse; la prétendue clarté de ce système est précisément ce qui lui en répugne; il n'y a de vrai que l'incertain et l'obscur. Par là, M. Renan est conduit à reconnaître l'existence d'un je ne sais quoi dans la nature et dans l'homme. » 
Tout systématique, au contraire, nous apparaît Taine
« Pour lui , dit encore P. Janet, tout ce qui n'est pas phénomène perçu par les sens ou notion abstraite exprimée par des mots n'est rien. »
La connaissance, à ses yeux, se ramène à l'expérience et à l'abstraction. Entre ces deux grands maîtres de la pensée du XIXe siècle, il serait cependant injuste de ne pas rappeler les noms de Ravaisson, Lachelier, Renouvier, Vacherot, Ribot, Janet, Fouillée, Boutroux, etc.

L'histoire revendique comme siens Fustel de Coulanges, Taine, le duc d'Aumale, le duc de Broglie, Sorel, Thureau-Daugin, Lavisse, Chuquet ou encore Welschinger

Pour la critique littéraire et la critique d'art on citera : Paul de Saint-Victor, Schérer, Charles Blanc, Prévost-Paradol, Jules Tellier, Jules Lemaître, Anatole France, Ferdinand Brunetière, Emile Faguet, Desjardins, David-Sauvageot, Maurras, Taine, Mantz, Lafenestre, Gustave Géffroy, etc.; la critique universitaire Boissier, Girard, Martha, Cartault, Larroumet, Gasté, Doumic, Rocheblave, etc. (Ch. Le Goffic).

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