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Phérécyde
- Sur le trajet de Milet
à Athènes se trouve la petite île de Syros, l'une des
Cyclades. C'est là que naquit, en 598 avant J. C., le maître
de Pythagore. Phérécyde vécut
une dizaine d'années en Égypte ,
sous le règne d'Amasis, et mourut vers
513 ou 512. Il prit la terre (matière) pour principe de toute chose,
et composa un ouvrage Sur les sept compartiments du grand Tout.
Ces compartiments (mucoi) devaient comprendre l'espace infini qui entoure
la sphère céleste ,
le ciel des étoiles
fixes, le ciel des planètes ,
la sphère du Soleil ,
la sphère de la Lune ,
la Terre
et l'Enfer
(le dessous de la Terre). C'étaient là, conformément
à la doctrine égyptienne, les lieux de retraite et les portes
par où passaient et repassaient les âmes.
Diogène
Laërce, dans la Vie de Phérécyde, parle de
l'héliotrope comme d'un instrument propre à mesurer les solstices ,
les tropes (retours) du Soleil. C'était probablement un obélisque
ou gnomon que ce philosophe avait élevé dans l'île
de Syros. Un pareil instrument pouvait, en effet, être très
utile pour déterminer le commencement de l'année grecque,
en le fixant à la première Nouvelle Lune qui suit le solstice
d'été. On sait que tous les quatre ans se renouvelait l'olympiade
ou le retour des fameux jeux olympiques,
où tous les Grecs se rassemblaient dans l'Elide. Mais peut-être
ne s'agit-il, dans tout cela, que d'une fausse interprétation du
passage suivant de l'Odyssée : |
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Il
existe, tu en as sans doute ouï parler, une île nommée
Syros, au-dessus de celle d'Ortygie ( Syracuse ),
où sont les conversions (tropai)
du Soleil [1].
Les mots retours du
Soleil (tropai helioio)
signifient suivant le commentateur Eustathe, tout simplement du côté
du Soleil couchant.
D'après une
légende fort accréditée dans l'Antiquité, Phérécyde
mourut de la phthiriasis (maladie pédiculaire). Cette légende
paraît avoir été inventée par les prêtres
de l'oracle d'Apollon
à Délos ,
dont Phérécyde s'était attiré la haine, pour
s'être exprimé trop librement sur cet oracle et avoir ainsi
diminué les revenus des prêtres déliens.
(Hoefer,
1873). |
[1]
Homère,
Odyssée,
X, 403-406. |