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| Arrière-plans | ||
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L'émancipation des esclaves |
| Aperçu | Le début de la colonisation | Les XVIIe et XVIIIe siècles |
| Le règne de Pedro I | Le règne de Pedro II | L'émancipation des esclaves |
| Dès
1758 le
père M. Ra Rocha, avocat à Bahia Quelques autres mesures
favorables aux esclaves furent prises à partir de 1864.
Le 23 janvier 1866,
le sénateur Pimenta Bueno, marquis de São Vicente, présenta
à l'empereur des projets d'émancipation graduelle qui furent
examinés par le conseil d'Etat mais que la guerre du Paraguay En 1880 commençait à se former un parti, très peu nombreux encore, de partisans de l'abolition immédiate (les sénateurs Jaguaribe, conservateur, Octaviano et Silveira da Mota, libéraux, le député libéral J. Nabuco, les journalistes Ferreira de Menezes, Gusmão Lobo, Patrocinio, Serra, A. Rebouças, etc.). Deux provinces (Amazonas et Cearà) affranchirent leurs esclaves en 1884 (elles en avaient d'ailleurs peu), et cette même année le ministère Dantas présenta un projet d'abolition graduelle qui échoua devant une coalition de plusieurs libéraux et de presque tous les conservateurs. Mais cette initiative du gouvernement et la discussion engagée dans la presse et dans les Chambres donnèrent une grande impulsion à l'idée d'abolition. Une loi du 28 septembre 1885, due à Saraiva, Cotegipe et A. Prado, compléta la loi de 1871 en déclarant libres les esclaves à partir de l'âge de soixante ans (comme l'avait proposé Dantas), à condition qu'ils serviraient encore trois ans leur maître, et en fixant un tarif de la valeur des esclaves décroissant avec les années, et augmenta certains impôts pour créer un fonds d'encouragement à l'immigration. La question de l'émancipation était alors celle qui passionnait le plus la politique intérieure au Brésil; les abolitionnistes des provinces du Nord, lesquelles avaient peu d'esclaves, et ceux de la province de São Paulo au Sud, qui en avait beaucoup, réclamaient l'abolition graduelle et accélérée, tandis que les représentants d'autres provinces, comme Minas Geraes et surtout Rio de Janeiro, qui en avaient aussi beaucoup, résistaient à toute accélération du mouvement émancipateur. La ville de Rio devint cependant le centre de l'agitation abolitionniste. En 1881, deux des chefs du parti conservateur, les sénateurs Correa de Oliveira et Antonio Prado, se prononçèrent pour la nécessité d'une nouvelle loi. Ce dernier, qui est un grand planteur, libéra aussitôt ses propres esclaves; il eut de nombreux imitateurs dans la province de São Paulo (1887), et le mouvement d'opinion qu'il produisit se propagea dans les provinces voisines, L'assemblée provinciale de São Paulo prit des mesures vigoureuses pour accroître l'immigration européenne, tout en écartant l'idée de faire venir des Chinois, et vota par tête d'esclave un impôt si lourd qu'il équivalait à une prohibition; ce dernier vote ne fut pas ratifié par le président de la province. Dans certaines fermes les esclaves, suivant les conseils d'un abolitionniste intransigeant, A. Bento, partireut en masse sans être affranchis; la proximité des chemins de fer qui se multipliaient dans la province et les dispositions favorables de la population facilitaient leur évasion; des jurisconsultes et des magistrats, de leur côté, soutenaient l'opinion émise par A. Prado que la force publique ne pouvait pas être employée contre les esclaves fugitifs tant qu'ils ne commettaient pas de délit. Cependant aucun désordre grave ne se produisit : l'exemple était encourageant. Le 10 mars 1888, le ministère Cotegipe donna sa démission, et la princesse impériale régente appela aux affaires Correa d'Oliveira et Prado. Ceux-ci comprirent que l'abolition, différée jusqu'en 1889 ou 1890, qu'ils proposaient encore au mois de février avec les abolitionnistes les plus avancés, n'était plus possible et qu'une solution immédiate s'imposait. Rodrigo Silva présenta, au nom du cabinet, et les deux Chambres votèrent presque à l'unanimité, la loi du 13 mai 1888, qui accorde la liberté sans délai et sans aucune restriction à tous les esclaves. Dans le discours du- trône, prononcé le 3 mai 1888 à l'ouverture de la session, la princesse annonçait ce projet : « A l'honneur du Brésil, sous l'influence du sentiment national et des libéralités particulières, l'extinction de l'élément servile a fait de tels progrès que c'est aujourd'hui une aspiration acclamée par toutes les classes avec d'admirables exemples d'abnégation de la part des propriétaires. »A la Chambre des députés, Joaquim Nabuco, le Buxton brésilien, a caractérisé le projet en déclarant qu'il ouvrait une ère nouvelle dans l'histoire du Brésil : « La génération actuelle n'a pas encore connu d'émotion aussi puissante et il faut remonter à celle qu'éprouvèrent nos pères, à la proclamation de notre indépendance. Pour nous, Brésiliens, 1888 est un événement plus considérable que 1789 ne le fut pour la FranceA la suite du vote du Sénat, la princesse donna le même jour, 13 mai, sa sanction en signant avec une plume d'or qui lui avait été offerte à cet effet par souscription populaire. Toute la population de Rio manifesta un enthousiasme chaleureux qui a été partagé par toutes les grandes villes et qui s'est répandu dans la République Argentine et dans l'Amérique entière. La France s'associa à ces manifestations (fête du 10 juillet 1838). Bien qu'elle ait été très tardive, la suppression de l'esclavage a été accomplie pacifiquement au Brésil, sans coûter une goutte de sang. Elle ne s'effectuera pas toutefois sans créer des difficultés économiques que le temps seul a fait peu à peu disparaître. Il fallut remplacer une partie des esclaves par des ouvriers libres : le Brésil chercha à attirer dans ce but des immigrants. Beaucoup de propriétaires se trouvèrent appauvris ou momentanément gênés : le luxe et la large hospitalité des fazendas s'en trouvèrent affectés et, ce qui est plus grave, il y eut des exploitations ruinées. On ne doit pas cependant
s'exagérer les difficultés rencontrées alors par le
Brésil. Lorsqu'on discutait, en 1871,
le projet Rio Branco, ses adversaires prédisaient que la rareté
des bras ruinerait le pays. Or, le nombre des esclaves, qui était
alors de 1800000, s'est trouvé réduit à 600000 environ
en 1888
et cependant la récolte du café a presque triplé durant
cette période. Au Brésil la transition fut plus facile
qu'ailleurs, parce que l'émancipation avait été peu
à peu préparée par les lois de 1850,
de 1874
et de 1885,
que la quantité de bras serviles à remplacer était
beaucoup moindre et que les esclaves, selon le témoignage d'un grand
nombre d'étrangers (Koster, A. de Saint-Hilaire, Couty, etc.) y
étaient beaucoup mieux traités qu'aux Etats-Unis |
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