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Jean
VI, ayant changé le titre de régent pour celui de roi à
la mort de sa mère, en 1816,
fut rappelé en Portugal
par les Cortès constituantes; il laissa au Brésil ses pouvoirs
à son fils aîné, le prince royal dom Pedro. Les Cortès
de Lisbonne
suivirent, à l'égard du Brésil, une politique contraire
à celle que le roi avait suivie; elles votèrent la suppression
des écoles, des tribunaux supérieurs, ordonnèrent
la dissolution du gouvernement central de Rio, le rappel de dom Pedro,
et cherchèrent à rompre l'unité brésilienne
par le rattachement direct de chaque province à la métropole.
Les Brésiliens furent révoltés de ces procédés
: un mouvement éclata en faveur de l'autonomie brésilienne
qu'on pensait d'abord pouvoir concilier avec l'union, moyennant la création
d'un Parlement siégeant à Rio. Le 9 janvier 1822,
dom Pedro répondit à une démarche de la population
de Rio et de São Paulo en déclarant qu'il resterait dans
le pays; il prit José Bonifacio d'Andrada (16 janvier) pour ministre;
bientôt il accepta le titre de défenseur perpétuel
du Brésil (13 mai 1822)
; puis, reconnaissant que l'union était impossible et pressé
par ses conseillers, le ministre d'Andrada, Gonçalves Ledo, Clémente
Pereira, il proclama l'indépendance (7 septembre) et fut acclamé
empereur constitutionnel (12 octobre 1822).
Les troupes portugaises évacuèrent Bahia
(2 juillet 1823)
et capitulèrent à Maranhão (1er
août), à Parà et à Montevideo (29 novembre 1823).
Le ministère
Andrada, qui, par son énergie, avait rendu de grands services à
la cause de l'indépendance, sévit rigoureusement contre tous
ceux qui étaient soupçonnés d'être contraires
à la monarchie et à l'union des provinces, supprima tous
les journaux d'opposition, poursuivit et exila un certain nombre de libéraux,
parmi lesquels Ledo, Clemente Pereira et Cunha-Barbosa. A la Constituante,
qui se réunit à Rio (3 mai 1823),
cette politique fut blâmée par plusieurs députés.
Le 2 juillet le ministère subissait un échec dans l'élection
du bureau de rassemblée, et deux jours après la cour d'appel
de Rio acquittait les inculpés politiques. L'empereur ayant manifesté
l'intention d'arrêter les procès politiques à São
Paulo, les Andrada se retirèrent. Le ministère Carneiro de
Campos (marquis de Caravellas) fut organisé (17 juillet 1823).
Mais la discussion du projet de constitution traînait en longueur,
l'opposition augmentait, et la majorité décida, contre le
vote du ministère, que toutes les lois votées par l'Assemblée
seraient promulguées sans la sanction de l'empereur. La liberté
de la presse ayant été rétablie, plusieurs journaux
de l'opposition commencèrent à exciter les haines de la population
contre les natifs du Portugal ,
qui avaient adhéré à l'indépendance. Les séances
de la Constituante devinrent orageuses, et dom Pedro, formant un nouveau
ministère avec Villela Barbosa (marquis de Paranagué), prononça
la dissolution de la Constituante (12 novembre), mesure déjà
conseillée par Andrada, qui, maintenant dans l'opposition, fut exilé
avec ses frères et quelques-uns de ses partisans. Dom Pedro prépara,
à l'aide de son conseil d'Etat, une constitution dont les municipalités
demandèrent l'adoption, sans qu'une seconde Constituante fût
réunie; en conséquence, le serment d'obéissance à
cette constitution fut prêté le 25 mars 1824.
Une révolution républicaine et fédéraliste
éclata dans les provinces du Nord, de Pernambuco à Cearà
(juillet 1824);
elle fut promptement réprimée (novembre) par le général
F. de Lima e Silva et les partisans de l'union dans ces provinces. Le 29
août de l'année suivante, le Portugal reconnut l'indépendance
du Brésil.
Une autre révolution,
préparée à Buenos Aires, éclata en 1823
dans la Bande Orientale, devenue province cisplatine après la constitution
de l'empire; les Brésiliens, qui n'y avaient laissé qu'un
très faible corps de troupes, furent battus à Sarandy (1825),
et, après l'intervention du gouvernement de Buenos Aires ,
qui déclara cette province incorporée au territoire de la
République, ils furent repoussés, sous le commandement du
marquis de Barbarena, par des forces supérieures, à la bataille
d'Ituzaingo (20 février 1827);
deux expéditions qu'ils firent sur le fleuve Uruguay (commandant
Sena Pereira) et en Patagonie (commandant Shepherd) furent anéanties
à l'île de Juncal et à Carmen de Patagones (1827).
De leur côté, les Argentins
éprouvèrent des revers, notamment à la Colonia (1826),
défendue par le général Rodrigues, et devant Buenos
Aires (30 juillet 1826)
et Monte Santiago (7, 8 avril 1827);
les deux derniers engagements sont des victoires gagnées par l'escadre
brésilienne qui bloquait les côtes de Buenos Aires et qui
était commandée, dans le premier de ces combats, par Norton,
dans le second, par l'amiral Pinto Guedes. La guerre se termina par la
convention du 28 août 1828
conclue sous la médiation de l'Angleterre ;
le Brésil et la République Argentine
renoncèrent à la Bande Orientale qui forma un Etat distinct
( Uruguay )
et que, plus tard, le Brésil défendit contre l'ambition de
Rosas (1851-1852).
Dom Pedro ler
était devenu, par la mort de Jean VI (1826),
roi de Portugal ;
il avait donné une charte constitutionnelle à ce royaume,
puis s'était empressé d'abdiquer en faveur de sa fille dona
Maria, en restant lui-même empereur du Brésil. Les chambres
brésiliennes, créées par la constitution, se réunirent
pour la première fois en 1826,
et pendant tout le règne de dom Pedro l'opposition, composée
de libéraux monarchistes, partisans du parlementarisme anglais,
de quelques fédéralistes et républicains, se trouva
en majorité à la Chambre des députés. On faisait
au Brésil les premiers essais du système représentatif,
et si l'empereur était jeune, inexpérimenté et impétueux,
on peut dire aussi que les partis et la presse avaient encore à
faire leur éducation politique. Le ministère Paranaguà,
qui était au pouvoir depuis 1823,
celui du vicomte de São Leopoldo qui lui succéda (16 janvier
1827),
se composaient seulement de sénateurs ou d'hommes qui n'appartenaient
pas au Parlement. Le 20 novembre 1827
l'empereur forma enfin un ministère parlementaire avec le député
Araujo Lima (marquis d'Olinda); mais dom Pedro avant congédié
son ministre de la guerre à la suite d'une révolte de quelques
régiments étrangers à Rio, qui fut énergiquement
étouffée, les députés membres du ministère
donnèrent leur démission. Deux des membres les plus influents
de la Chambre, Costa Carvalho et Vascon cellos, ayant refusé d'organiser
un nouveau cabinet, cette mission fut confiée au député
Clemente Pereira (15 juin 1828)
que les libéraux abandonnèrent aussitôt.
Ce ministère,
ainsi que celui de Paranagué qui lui succéda (4 décembre
1829)
rencontrèrent une vive opposition à, la Chambre et dans la
presse. Les journaux fédéralistes et républicains
augmentaient en nombre, et aux élections de 1830
ces deux partis firent passer plusieurs de leurs candidats. Tous les ministres,
tous les sénateurs qui se montraient dé voués à
l'empereur étaient présentés comme des partisans de
l'absolutisme. Le 19 mars 1831
don Pedro Ier, dont le plus grand défaut
était d'être né au Portugal ,
et qui avait perdu sa popularité de 1822,
essaya de gouverner avec un ministère libéral (F. Carneiro
de Campos); mais les haines entre Brésiliens et Portugais étaient
trop vives à cette époque pour que la concorde s'établit;
ces derniers ayant fait des manifestations impérialistes, des conflits
sanglants eurent lieu dans les rues. L'empereur forma alors un cabinet
composé seulement de sénateurs (Paranaguà). Un mouvement
populaire, appuyé par la défection d'une partie des troupes,
eut lieu; on réclamait le retour du ministère congédié
(6 avril 1831).
Fatigué de cette opposition, et désireux de venir soutenir
en Europe
les droits de sa fille contre l'usurpateur dom Miguel, dom Pedro, qui,
il y avait quelques jours, avait déjà annoncé à
ses conseillers d'Etat sa résolution d'abdiquer, ne voulut pas céder
devant les révoltés. Il abdiqua donc en faveur de son fils
(7 avril 1831)
et partit pour l'Europe où il parvint, avant de mourir, à
l'âge de trente-sept ans (1834),
à établir le gouvernement constitutionnel et à assurer
le trône de Portugal à sa fille. (Rio Branco). |
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