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Albucasis ou Aboûl-Kâsim Ahalaf Ibn Abbâs Az-Zahrawi. - Médecin arabe, né à Zahra, petite ville située non loin de Cordoue et où les califes d'Espagne avaient leur résidence. On ne sait rien des événements de sa vie; on suppose qu'il vécut à la cour d'Abd-ar-Rahman III, qui mourut en 964; cela concorderait assez avec certaines chroniques arabes qui font mourir Albucasis en l'an 404 de l'hégire (en 1013 de l'ère chrétienne). D'après Léon l'Africain, il atteignit l'âge de cent un ans. Quoi qu'il en soit, Albucasis est le plus fameux écrivain arabe en fait de chirurgie et l'un des auteurs les plus distingués du Moyen Âge sur ce sujet.

Son grand ouvrage est intitulé : AI-Tasrîf, soit l'Exposition des matières; c'est un traité de médecine et de chirurgie pratiques. La première partie de l'ouvrage n'a été l'objet que d'une traduction incomplète de Grimm publiée sous le titre : Liber medicinae theoricae necnon practicae Alsaharavii (Augsbourg, 1549, et Strasbourg, 1532) ; c'est une compilation des anciens médecins arabes, particulièrement de Rhazès. La seconde partie, qui comprend la chirurgie, a été publiée d'abord en latin à Bâle, en 1541, in-fol., puis dans le texte original avec traduction latine par Channing (Oxford, 1778, in-4); en traduction française par Leclerc (Paris, 1861, in-8).

Albucasis a copié librement les Grecs, en particulier Paul d'Egine, mais avec un grand discernement. Le traité de chirurgie contient les figures des instruments et est divisé en trois livres, traitant : le premier, de l'usage du cautère actuel; le second, des opérations avec le couteau, de la chirurgie des yeux et des dents, de l'extraction des flèches, des hernies, des accouchements, de l'extraction des calculs; le troisième, exclusivement des fractures et des luxations. Albucasis déplore la décadence de la chirurgie à son époque. Il paraît avoir exercé la médecine militaire, car il décrit un grand nombre de blessures de guerre. Pour l'extraction du foetus, il indique plusieurs forceps, tous dentelés, de sorte que probablement ils n'amenaient pas l'enfant vivant. 

On attribue encore à Albucasis un ouvrage intitulé Liber servatoris, etc., publié d'abord séparément à Venise, en 1471, in-fol., puis comme appendice à la suite de plusieurs éditions des oeuvres pharmaceutiques de Mesué le Jeune. (Dr.L. Hn.).

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Dictionnaire biographique
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