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Dynasties des
Song (Soung). - Deux dynasties qui régnèrent en
Chine
portent ce nom, la huitième et la dix-neuvième.
La huitième dynastie, fondée
par Lieou-yu et qui remplaça celle des Tsin
et régna de 420 à 479 de notre ère. Elle comprit huit
empereurs, qui établirent leur capitale à Hang-tchéou,
dans le Tché-Kiang et fut remplacée par la dynastie des Tsi.
La dix-neuvième dynastie chinoise,
qui régna de 960 à 1279 de notre ère est celle dont
il sera question ici. Elle compta dix-huit empereurs, qui établirent
d'abord leur capitale à Pien-liang, puis à Kaï-fong-fou
et gouvernèrent avec sagesse.
Mais Gengis-Khan
s'étant emparé de Pékin
en 1235, les Song se virent cependant obligés de fuir et s'établirent
au sud du Yang-tsé-kiang. La Chine
se trouva alors divisée en deux empires : au Nord, les Toungouses
de la dynastie Kin; au Sud, les Song méridionaux, à Hang-tchéou
(nommé alors Lin-ngan), dans le Tché-Kiang.
Cet état de choses fut bouleversé
par l'invasion des Mongols ,
cantonnés au nord-ouest de la Grande Muraille
: les Kin, qui occupaient la Mandchourie (y compris la province de Kirin),
retournèrent vers le Soungari, et les Song furent également
dépossédés.
L'étude de la civilisation chinoise
à cette époque présente un très grand intérêt
philosophique, littéraire, artistique et même social. A la
fin du XIe siècle, un ministre,
Wang Ngan-che, poursuivit un curieux essai de Communisme, nonobstant l'opposition
des lettrés et des soldats : il fit emmagasiner les récoltes
dans les greniers publics, réglementa la consommation et taxa les
prix des denrées.
Voici la liste des souverains qui régnèrent
pendant cette période :
Les
Song septentrionaux.
Tchao-kouang-in, général
d'une des petites principautés qui existaient alors en Chine
(celle des Heou-Han), avait gagné beaucoup de batailles. Un jour
qu'il partait pour la guerre, le peuple se mit à crier que ce général
était digne d'être élevé sur le trône.
Toute l'armée le proclama empereur. Une fois au pouvoir, Tchao-kouang-in,
connu sous le nom de Tai-tsou (960-976), se montra d'une grande bonté
envers son peuple, afin de se l'attacher et de rendre la paix à
ce grand pays qui avait tant souffert de la guerre civile. Il ordonna que
les portes de son palais fussent toujours ouvertes afin que ses sujets
puissent venir le trouver à toute heure. Ses troupes combattant,
pendant un grand hiver, au Nord les Tartares Lea-tong, il envoya, par compassion,
au général son manteau, en faisant savoir qu'il regrettait
de ne pouvoir en faire autant à tous les soldats. Il entreprit plusieurs
guerres contre tous les petits princes qui divisaient la Chine, désirant
réunir sous le même gouvernement toutes les provinces qui
avaient appartenu aux Tang. Les princes de Chou
et de Nan-Thang se soumirent, il s'empara des Han
méridionaux. La mort le surprit pendant. une expédition contre
les Pe-Han.
Tai-tsong, frère du précédent
(976-997), était un prince d'une grande modération; plusieurs
petits princes chinois vinrent se ranger sous sa loi, leurs territoires
furent réunis à l'empire. Tai-tsong entreprit une guerre
contre les Leao; après des alternatives de succès et de revers,
il abandonna l'idée de conquête pour s'occuper du bien de
son peuple. Il s'intéressa beaucoup aux sciences et aux lettres.
On construisit une sphère céleste avec tous les mouvements
du Soleil
et de la Lune ,
il réunit plus de 80000 livres dans une riche bibliothèque,
il rendit aux descendants de Confucius les
prérogatives dont ils avaient joui autrefois. Le souverain des Leao,
dont la puissance s'agrandissait de jour en jour, étant mort, son
jeune fils lui succéda sous la régence de sa mère
qui changea le nom de Leao contre celui de Khitan .
L'empereur (985) proposa aux Coréens
d'attaquer ensemble les Khitan, cette offre fut acceptée. Les Khitan
furent victorieux. L'empereur renonça à vouloir reprendre
le territoire du Nord de la Chine ,
dont ce peuple s'était emparé. Des mandarins de la province
du Se-tchouan ayant mis un impôt sur la vente des marchandises, le
peuple se révolta (993); ils prirent plusieurs villes. Ces troubles
durèrent près de deux ans. Les Jou-tchen ( Les
Toungouses )
vinrent proposer d'attaquer les Khitan qui leur faisaient continuellement
la guerre. L'empereur refusa cette proposition. Les Jou-tchen se soumirent
aux Khitans. Les Coréens se rendirent leurs tributaires. Tai-tsong
mourut à l'âge de cinquante-neuf ans.
Tchin-tsong (998-1022), troisième
fils de Tai-tsong. Ce nouveau règne commença par la soumission
de Li-ki-tsien, prince de la principauté de Hia, dans le Chen-si,
qui avait été durant le précédent règne
toujours en révolte, mais cette soumission ne fut pas de longue
durée; il recommença ses attaques et ses excursions contre
les Chinois ,
mais, n'étant pas un ennemi redoutable, l'empereur préféra
aller défendre ses frontières que les Khitan
ravageaient. Tchin-tsong revint (1000) après les avoir chassés
de son empire. Pendant ce temps les troubles recommencèrent dans
le Se-tchouan; un officier, Ouang-Kiun, se mit à la tête de
la révolte; se voyant pris, il se pendit pour ne pas tomber entre
les mains des impériaux. Les Khitan, en 1004, recommencèrent
à pénétrer dans l'empire, Tchin-tsong se mit à
la tête de l'armée; après plusieurs succès,
les Khitan demandèrent la paix, mais ils exigeaient tout le territoire
que les Tsin postérieurs leur avaient donné.
Grâce à la fermeté de l'ambassadeur, la Chine ne céda
aucun territoire, mais elle accorda une indemnité de 100000 taëls
d'argent et 200 000 pièces de soie. Un jour, un des favoris de l'empereur
lui rappela qu'un des livres canoniques, les Tchun-tsiou, disait
« qu'il est honteux de jurer une paix au pied des murs d'une ville
», ce qui troubla l'empereur : il fit faire des sacrifices, espérant
que, si le ciel lui envoyait des prodiges, il serait réhabilité
dans l'estime de ses sujets. Il raconta aux grands de la cour qu'il avait
vu en songe
un livre tomber du ciel. Quelques jours après, des imposteurs annoncèrent
que le songe s'était réalisé. L'empereur alla en grande
pompe chercher ce livre. Depuis, il s'adonna de plus en plus à la
superstition
et il adopta officiellement les doctrines des Taoïstes.
Son sage ministre Ouang-tan prit soin des affaires, il dégreva les
impôts trop lourds. On fit, en 1014, le dénombrement des familles
qui payaient tribut, il y avait 21 976 965 individus sans compter l'armée
et les fonctionnaires. Ouang-tan, sur le point de mourir, disait à
son fils qu'il ne se reprochait qu'une seule chose, c'était de n'avoir
pas conseillé à l'empereur de brûler ce pernicieux
livre qu'il avait reçu avec tant de respect. Tchin-tsong mourut
après avoir régné vingt-cinq ans.
Chen-tsong (1023-1063), sixième
fils de Tchin-tsong, avait treize ans lorsqu'il monta sur le trône;
l'empire fut gouverné par sa mère. A sa mort, l'empereur
prit le pouvoir en mains, il était bon pour ses sujets, mais faible;
il répudia l'impératrice son épouse pour des motifs
futiles et se remaria avec Tsao-chi, la fille d'un officier. Chen-tsong
avait la guerre en horreur, il consentit (en 1042) à augmenter les
tributs qu'il payait aux Khitan
et à employer envers eux le terme na pour marquer qu'il leur
offrait ces présents avec respect. Il accorda aussi au prince de
Hia ce qu'il demanda. Celui-ci s'agrandissait toujours du côté
de l'Occident. Chen-tsong rétablit dans tout l'empire des collèges
et mourut à l'âge de cinquante-quatre ans sans laisser de
fils.
Ing-tsong (1064-1067), proche parent
du défunt, empereur d'une nature maladive, ne régna que quatre
ans; il chargea Se-ma Kouang de composer une grande histoire est connue
aujourd'hui sous le nom de Tong-kien-kang-mou.
Chin-tsong (1068-1085), fils aîné
du précédent, appela Ouang-ngan-che comme premier ministre;
celui-ci établit beaucoup de réformes qui mécontentèrent
les grands; malgré cela, l'empereur le garda au pouvoir, le ministre
conseilla à l'empereur de concéder aux Khitan
le territoire qu'ils demandaient pour ne pas soutenir une guerre contre
eux. Ouang-ngan-che, ayant fait un commentaire sur les King ,
obtint de son souverain que son interprétation des King fût
enseignée dans les collèges et suivie par les lettrés.
Les Tartares Kiao-chi pénétrèrent dans la Chine
et ils furent repoussés; ils s'excusèrent, disant qu'ils
avaient voulu venir au secours du peuple chinois qu'ils voyaient si malheureux.
L'empereur ouvrit enfin les yeux sur l'administration de Ouang-ngan-che
qui se retira. Chin-tsong rappela (1076) Se-ma Kouang et les autres mandarins
qui avaient été écartés par le précédent
ministre. On entreprit contre les Hia une guerre qui fut malheureuse. Chin-tsong
mourut après avoir régné dix-huit ans.
Tche-tsong (1086-1100), sixième
fils de Chin-tsong, avait dix ans lorsqu'il monta sur le trône, il
mourut à vingt-cinq ans. L'impératrice, aïeule de ce
prince, gouverna avec beaucoup de sagesse. A sa mort, Tche-tsong eut le
malheur de prendre comme ministre Tchang-tun (1094), qui remit en place
tous les partisans de Ouang-ngan-che; sa haine contre Se-ma Kouang, qui
l'avait précédé dans le ministère, lui fit
demander à l'empereur qu'on jetât son corps à la voirie;
l'empereur s'y opposa, mais il eut la faiblesse d'ôter à Se-ma
Kouang le titre d'honneur que la régente avait donné à
ce grand historien. Les Hia et les Toufan ( L'histoire
du Tibet )
continuèrent à inquiéter les frontières de
l'empire.
Hoei-tsong (1101-1125), frère
du précédent, prit pour ministre Tsai-king, un partisan des
réformes de Ouang-ngan-che; il obtint de l'empereur que ce réformateur
fût placé dans le temple de Confucius.
Tsai-king, pour être seul maître, divertissait Hoei-tsong par
toutes sortes de moyens; il fit venir à la cour deux Taoïstes
adonnés à la magie. Hoei-tsong adopta les idées de
cette secte et voulut que leurs principaux livres fussent regardés
comme canoniques; il éleva un temple à leur principale divinité.
Pendant ce temps, les Jou-tchen ( Les
Toungouses )
se battaient contre les Leao ou Khitan
; ils avaient déjà pris une partie de leur royaume. Les Jou-tchen
(1115) prièrent alors Agouta, leur chef, de prendre le titre d'empereur;
celui-ci donna le nom de Kin à sa dynastie: Les Kin vinrent proposer
à Hoei-tsong de les aider pour combattre les Khitan. L'empereur,
malgré les observations de la cour, prit part à cette guerre.
Les Leao ou Khitan furent battus, le souverain des Kin céda à
Hoei-tsong le territoire de Yen et celui de six départements (1123),
mais deux ans après les Kin entrèrent dans le territoire
de l'empire et s'emparèrent des villes dépendant du Yen-chan-fou.
Hoei-tsong, effrayé, abdiqua en faveur de son fils aîné.
Kin-tsong (1126-1127) ne régna
qu'un an, il vit son empire envahi par les Kin ( Les
Khitan )
qui s'avancèrent jusqu'à la capitale Khai-foung-fou (dans
le Ho-nan) après plusieurs attaques repoussées par les Chinois
qui étaient commandés par de vaillants officiers. Les Kin
prirent la ville et emmenèrent les deux empereurs Hoei-tsong et
Kin-tsong avec leurs familles en Tartarie .
Les Kin assemblèrent les grands pour nommer un empereur qui n'appartint
pas à la famille des Song. Ils désignèrent eux-mêmes
Tchang-pang-tchang, qui avait. été envoyé en otage
chez eux; celui-ci ne prit pas le titre d'empereur. Lin-hao-ouen lui conseilla
d'appeler l'impératrice Mong-chi et de presser le prince Kang-ouang,
frère de Kin-tsong, de prendre possession du trône. Tchang-pang-tchang
suivit cet avis.
Les
Song méridionaux.
Kao-tsong (1127-1162) (prince
Kong-ouang), une fois sur le trône, établit sa cour à
lng-thien-fou (Nankin). Il nomma Tchang-pang-tchang prince de premier ordre.
Les Kin ( Les Khitan )
envahirent la Chine ,
mais ils furent arrêtés par le général Tsong-tse;
cet officier étant mort (1128), les Kin pénétrèrent
dans l'empire et marchèrent sur Yan-tcheou, où s'était
réfugié Kao-tsong. Un eunuque conseilla à l'empereur
de fuir, ils allèrent jusqu'à Hang-tcheou (dans le Tche-kiang).
Là, Miao-fou et plusieurs autres officiers se révoltèrent
contre l'ascendant qu'avaient pris les eunuques et les massacrèrent
; tous les, rebelles furent pris et mis à mort. Les Kin, malgré
les efforts des officiers Ou-Kiai et Yo-fei, s'avancèrent vers le
midi- Kao-tsong se sauva sur mer. Les Kin (1130) instituèrent Liou-yu
(un traître qui, étant gouverneur de Tsi-nan, dans le Chan-tong,
se laissa gagner par le général des Kin) empereur de la Chine.
Il fixa sa résidence à Thai-ming-fou (dans le Pe-tchi-li).
La partie méridionale de la Chine resta sous le gouvernement de
Kao-tsong. Les Chinois repoussèrent les Kin, battirent Liou-yu qui
fut (1137) disgracié par ses protecteurs qui l'emmenèrent
en Tartarie. Le général des Kin, Ou-tchou, fut vaincu (1140)
par Lieou-ki et Yo-fei; ce dernier voulait le poursuivre jusque dans son
pays, lorsque le ministre Tsin-hoei, jaloux de lui, donna l'ordre à
ce général de retourner à Ouo-tcheou et le fit mettre
en prison. Yo-fei y fut assassiné sur l'instigation de Tsin-hoei
(1141). Ce ministre proposa à l'empereur d'accepter une paix défavorable
avec les Kin, leur cédant le territoire au Nord du fleuve Hoai-ho.
Les Kin lui renvoyèrent les corps de l'empereur Hoei-tsong et des
deux impératrices qui étaient morts en Tartarie et lui rendirent
l'impératrice son épouse. Le nouveau souverain des Kin, Ticounai,
qui s'était emparé du pouvoir en assassinant Ho-la (souverain
de ce royaume), entreprit la conquête de la Chine; il s'avança
jusqu'au fleuve Kiang. Là, ses officiers, qui le détestaient
à cause de sa cruauté, se révoltèrent et le
tuèrent (1161). Pendant que Ticounai était en Chine avec
son armée, les Kin avaient nommé un nouveau souverain, lequel
ne fut pas plus porté pour les Chinois; ce qui décida Kao-tsong
à abdiquer en faveur du prince de Kien.
Hiao-tsong (1163-89) (prince
de Kien) était arrière-petit-fils de Tai-tsou à la
septième génération. Les difficultés étaient
toujours pendantes au sujet de la paix avec les Kin ( Les
Khitan );
ceux-ci, étant rentrés dans le Ho-nan, furent battus par
les Chinois. La paix fut signée (1165) entre les deux belligérants,
les Kin renoncèrent au Ho-nan et conservèrent le territoire
jusqu'au fleuve Hoai-ho; le tribut annuel payé par la Chine
fut diminué de 100 000 taëls d'argent. L'empereur de Chine
traitait le souverain des Kin comme son oncle. La Chine fut en paix. La
philosophie et l'étude des King
furent en honneur. Le célèbre Tchou-hi eut beaucoup à
lutter contre son rival Lin-Ii. Hiao-tsong abdiqua en faveur de son troisième
fils, le prince de Kong.
Kouang-tsong (1190-1194) (prince
de Kong) fut un prince malheureux; faible de caractère, il se laissa
dominer par son épouse qui avait une grande aversion contre son
beau-père. Kouang-tsong manqua aux égards dus à son
père, il n'alla pas le voir à son lit de mort et refusa d'assister
aux funérailles (1194). Les grands de la cour se réunirent
pour nommer son deuxième fils, le prince de Kia, au trône
après avoir obtenu que l'empereur abdiquât en sa faveur.
Ning-tsong (1195-1224) (le prince
de Kia) choisit pour ministre Tchao-jou-yu, ami et grand admirateur de
Tchouhi. Han-to-tcheou, ennemi personnel du ministre, réussit par
des intrigues à faire nommer, par l'empereur, Tchao-jou-yu gouverneur
de Fou-tcheou. Depuis quelque temps, il y avait beaucoup de disputes entre
les lettrés au sujet de la doctrine de Tchou-hi. Ning-tsong, suivant
les conseils de son nouveau ministre, éloigna de la cour Tchou-hi
et ses disciples; 59 d'entre eux furent exclus, de toute charge. Tchou-hi
mourut peu de temps après (1200); à ses obsèques le
nombre de ses disciples était si considérable que le gouverneur,
craignant des désordres, prit des mesures en conséquence.
Ning-tsong, sur le conseil de son ministre, déclara la guerre aux
Kin ( Les Khitan )
(1206), sous le prétexte qu'ils s'y préparaient. Les Kin
furent victorieux, la paix fut signée (1208); la Chine ,
outre le payement des tributs annuels, donna 300000 taëls d'argent;
les Kin demandèrent que le ministre fût mis à mort.
Il fut décapité par l'ordre de l'empereur quelques jours
avant le retour de l'ambassadeur. Les Kin eurent ensuite à soutenir
une longue guerre contre les Mongols ,
lesquels leur prirent une grande partie de leur vaste royaume. Les Kin
alors recommencèrent la guerre (1217) contre la Chine pour s'agrandir
au Sud de leur royaume; pendant plusieurs années, il y eut des succès
réciproques. Ning-tsong mourut après trente ans de règne.
Li-tsong (1225-1264), arrière-petit-fils
à la neuvième génération du prince Te-tchao,
second fils de Tai-tsou, était passionné pour la science
et très attaché à la secte des Tao-sse (Taoïstes).
Un riche marchand Pan-gin leva à ses frais des soldats pour mettre
le prince Tchao-hong, fils de Ning-tsong, sur le trône ; il en avait
été écarté par les intrigues des ministres.
L'armée de Pan-gin fut défaite, il fut pris et mis à
mort. Quoique le prince Tchao-houg se fût conduit avec beaucoup de
sagesse dans cette révolte, le ministre le força de s'étrangler.
Les Mongols ,
qui avaient déjà anéanti les Hia, combattaient contre
les Kin; ils demandèrent à passer sur le territoire chinois
pour surprendre leur ennemi, cette permission fut donnée. Les Mongols
firent une alliance avec la Chine
contre les Kin qui furent battus par les troupes alliées. Les Mongols,
au lieu de remettre à la Chine, selon les conventions, tout le Ho-nan,
ne voulurent céder (1234) qu'une partie de cette province, malgré
la signature de la paix. Les princes de la famille Song donnèrent
le conseil à Li-tsong de prendre ce qui avait été
convenu. L'armée chinoise prit Khai-fong-fou. Les Mongols pénétrèrent
en Chine, mais ils furent (1239) mis en déroute par le général
chinois Mong-Kong. Ayant recommencé la guerre avec la Chine, ils
passèrent le fleuve Kiang, mais Kia-sse-tao, général
et ministre chinois, fit la paix (1259) avec eux; le fleuve Kiang fut la
limite des deux empires; les Song donnèrent 200 000 taëls d'argent,
autant de pièces de soie, et l'empereur se reconnut vassal du grand
khan. Kia-sse-tao cacha à Li-tsong certaines clauses de ce traité
défavorable. Li-tsong mourut dans la quarantième année
de son règne.
Tou-tsong (1265-1274) était
le neveu du précédent; il remit toute son autorité
entre les mains de son ministre. Les Mongols
continuèrent à faire la guerre à la Chine ;
ils assiégèrent Fan-tching pendant quatre ans et ne prirent
cette ville qu'à l'aide de nouvelles machines de guerre qui lançaient
des pierres. Ils ne purent s'emparer de Siang-yang; après un siège
de cinq ans, l'officier chinois qui commandait cette place, après
s'être vaillamment conduit jusque-là, se rendit par haine
du général Kao-ta que l'empereur avait envoyé à
son secours. Sur ces entrefaites, Tou-tsong mourut, après avoir
régné dix ans.
Kong-tsong (1275-1276) était
le deuxième fils de Tau-tsong, il était âgé
de quatre ans lorsqu'il monta sur le trône. Sa mère fut régente.
Le khan
Koubilaï
publia un manifeste, dans lequel, en raison de la fourberie des Chinois,
il déclarait être forcé de continuer la guerre. Les
Mongols traversèrent le Kiang, prirent Nankin. L'impératrice
et le jeune empereur résidaient à Lin-ngan (Hang-tcheou,
dans le Tche-Kiang), l'armée des Mongols arriva bientôt devant
cette ville, la prirent et emmenèrent (1276) Kong-tsong et l'impératrice
en Tartarie; quelques officiers chinois voulurent, pendant le trajet, délivrer
leurs souverains. Ils furent mis en déroute.
Toan-tsong (1276-1278). L'impératrice,
quelque temps avant la prise de Lin-ngan, avait envoyé les deux
frères de Kong-tsong dans le Fo-Kien. Lorsque celui-ci fut emmené
en Tartarie, les grands de la cour élurent Tsan-tsong, un des frères
de l'empereur. Les troupes chinoises des provinces du Midi, sous la conduite
de Ouen-tien-siang, se battirent avec courage, mais furent vaincues. Le
nouvel empereur se sauva dans le royaume Tchentching (Cochinchine );
peu de temps après il mourut dans l'île de Kang-tcheou, âgé
de onze ans.
Ti-ping (1278-1279), troisième
fils de Tou-tsong, fut placé sur le trône. La flotte des Song
fut conduite à 80 li au Sud de Sien-hoe-hien. Le vaillant Ouen-tien-siang
réunit le reste de ses troupes. Les Mongols
vinrent par mer et par terre attaquer les Chinois
qui furent vaincus. Liou-siou-fou, qui commandait le vaisseau impérial,
voyant qu'il allait être pris, il jeta à la mer sa femme,
ses enfants et dit à l'empereur qu'il fallait mieux mourir libre
que de tomber entre les mains de l'ennemi. Il prit le jeune prince sur
ses épaules et se précipita avec lui dans la mer. Ainsi finit
la dynastie des Song; elle avait régné trois-cent-vingt ans
et avait lutté quarante ans contre les Mongols, qui après
eux installèrent en Chine la dynastie des Youen.
(Ed.
Specht).
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