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| Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève,
à Paris
(Ve'
arrondissement).
- Cette rue très ancienne et très escarpée, commence
à la rue Monge et au boulevard Saint-Germain et finit et finit à
la rue de l'Ecole-Polytechnique et à la rue
Descartes. Elle est ainsi appelée parce qu'elle conduisait à
l'abbaye Sainte-Geneviève
située sur une montagne. Elle se nommait anciennement Sainte-Geneviève,
rue Sainte-Geneviève-la-Grande, Sainte-Geneviève du Mont
et des Boucheries. Cette dernière dénomination lui avait
été donnée en raison de plusieurs étaux qu'on
permit d'y établir à la fin du XIIe
siècle et au commencement du suivant. De 1793 à 1805, elle
porta le nom de rue de la Montagne.
Une décision ministérielle du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Une ordonnance royale du 12 janvier 1844 a déclaré d'utilité publique l'acquisition des propriétés n° 59, 61 et 63, afin d'en réunir l'emplacement à l'École Polytechnique. Le collège de Laon avait son entrée
dans cette rue. Guy, chanoine de Laon, trésorier de la Sainte-Chapelle
de Paris, et Raoul de Presles, clerc du roi, s'unirent
en 1314 pour fonder ce collège. Le premier donna mille livres de
rente amortie et les maisons qu'il avait dans la rue Saint-Hilaire (aujourd'hui
rue des Carmes), et dans celle du
clos Bruneau. Le second fit don, pour sa part, de deux cents livres de
rente. Tous deux se réservèrent la disposition et l'administration
de leur collège, qu'ils destinèrent à recevoir les
pauvres écoliers des diocèses de Laon Le collège de Soissons ou de Presles fut établi sur le terrain qui donnait sur la rue Saint-Hilaire (rue des Carmes), à la charge d'une redevance de vingt-quatre livres de rente envers l'autre collège. En 1327, Guy de Laon établit dans le sien un principal, un chapelain et seize boursiers. Douze ans après, en 1339, Gérard de Montaigu, depuis avocat au parlement, légua aux écoliers sa maison appelée l'hôtel du Lion-d'Or, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ils y furent transférés en 1340, et l'on trouve qu'en 1342, Foulques de Chanac permit d'y célébrer l'office divin. En 1773, ces deux établissements furent réunis au collège de Louis-le-Grand. La partie dite collège de Laon devint propriété de l'État, et fut vendue en deux lots le 30 avril 1822, savoir: le premier lot à un particulier moyennant 97,600 F; et le deuxième, 37,700 F à la ville de Paris, qui a fait construire sur cet emplacement une partie du marché des Carmes, aujourd'hui disparu. Au n° 37 était situé
le collège de la Marche. Il fut fondé, en 1420, par Guillaume
de la Marche et par Beuve de Vinville, pour six écoliers, quatre
de la Marche Au n° 52 était situé le séminaire des Trente-Trois. Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, le fonda en 1633. Il y rassembla d'abord cinq écoliers, en l'honneur des cinq plaies de Jésus, puis douze en l'honneur des douze apôtres; enfin trente-trois en mémoire du même nombre d'années que vécut Jésus. La reine Anne d'Autriche donna à ces écoliers 33 livres de pain par jour; ils demeurèrent d'abord dans une salle du collège des Dix-Huit, puis dans six chambres qu'on loua pour eux au collège de Montaigu, enfin le 7 mai 1657, à l'hôtel d'Albiac qu'on avait acheté. Ce séminaire fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu le 14 vendémiaire an IV. Au n° 55 était situé le collège de Navarre. Au n° 83 était la principale entrée du collège de Hubant ou de l'Ave-Maria. Il fut fondé en 1336, par Jean de Hubant, clerc, conseiller du roi, dans une maison qu'il acheta de sa majesté, au mois d'août 1327, moyennant 180 livres, et dans laquelle il établit quatre pauvres étudiants, pu principal et un chapelain. Il donna une de ses propriétés rue des Poirées, et fit l'abandon de la troisième partie du produit des dîmes du territoire de Cormilliers. D'après l'acte de fondation, les boursiers devaient être nés au village de Hubant dans le Nivernais. Cet établissement prit ensuite le nom d'Ave-Maria, parce que le fondateur fit graver sur la porte de ce collège ces deux mots en lettres d'or : Ave-Maria. En 1767, il fut réuni au collège Louis-le-Grand. Devenu propriété de l'État, il fut vendu le 7 septembre 1810. (L.). |
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