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Raoul de Laon
(Radulphus Landunensis), savant mort en 1431, frère d'Anselme
de Laon ,
lui succéda comme écolâtre (en 1417 ?). Il est surtout
connu par un Traité de l'abacus, dont des extraits
ont été publiés par Chasles
(Comptes rendus, XVI) et Woepcke (Journal asiatique, 1863),
et qui parait avoir eu une assez grande vogue. L'usage du jeton circulaire
sans marque, appelé sipos par les abacistes, et que l'on
a regardé comme représentant le zéro, est expliqué
très nettement dans ce traité d'une tout autre façon.
Ce sipos, déplacé successivement dans les colonnes de l'abacus
(abaque), servait à marquer, par exemple, le chiffre du multiplicateur
avec lequel on opérait. L'opuscule de Raoul de Laon a, au reste,
surtout été étudié au point de vue des renseignements
qu'on peut en tirer pour l'origine de l'abaque et des caractères
qu'on y employait, et son témoignage est un de ceux qu'invoquent
les partisans de la tradition romaine. Mais ce témoignage peut être
interprété dans des sens passablement différents.
(T.). |
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Raoul de Presles, écrivain
et jurisconsulte né à Paris
en 1316, mort à Paris le 10 novembre 1383. Il était fils
naturel de Raoul de Presles (appelé aussi Paul de Prayères),
qui fut secrétaire de Philippe
le Bel et que Louis le Hutin fit jeter
en prison à la mort de ce prince, comme complice de son empoisonnement.
Resté de bonne heure orphelin, il embrassa la profession d'avocat,
cultiva en même temps avec quelque succès les belles-lettres,
entra bientôt en faveur auprès de Charles
V et obtint de ce prince la charge de maître des requêtes,
ainsi que des lettres de légitimation. II était, en outre,
conseiller des marchands forains.
On connaît de lui : une traduction,
avec commentaire, de la Cité de Dieu ,
de Saint Augustin (Abbeville,
1486, 2 vol., et Paris, 1531, 2 vol.), la première version française
de cet ouvrage; un Traité de la puissance ecclésiastique
et séculière, sorte d'abrégé
du Songe du Vergier, dont on lui a faussement attribué la
paternité; la Muse ,
pièce de vers en latin.
Un troisième Raoul de Presles, neveu
et héritier du secrétaire de Philippe le Bel, parait avoir
été l'ancêtre de Jeanne de Presle qui devint la maîtresse
de Philippe le Bon. |
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Raoul le Breton
(Radulphus Brito), peut-être proviseur, de 1375 à 1320,
du collège fondé par Robert de Sorbon
(Sorbonne),
auteur de gloses restées manuscrites. Elles portent sur le Traité
de l'âme, sur les Premiers et les seconds Analytiques ,
sur les Topiques
et sur la Physique d'Aristote. L'Inventaire
général des ducs, de Bourgogne
lui attribue encore des commentaires sur la Division de Boèce
et les Six principes de Gilbert de La Porrée.
Le commentaire sur les Premiers Analytiques
fut écrit en 1312 ; les questions sur les Topiques en 1320,
ce qui nous empêche de placer Raoul, comme le voulait Daunou,
au milieu du XIIIe siècle. Hauréau
l'a considéré comme un adversaire de Duns
Scot et un disciple de saint Thomas, pour
qui les universaux sont non des substances,
mais des prédicats-essentiels,
des formes inhérentes aux sujets individuels
et dont la manière d'être est déterminée
par la nature de ceux-ci. Prantl, s'appuyant sur
les extraits donnés par Hauréau, serait plutôt tenté
de rapprocher Raoul de Duns Scot. Il est impossible de choisir sûrement,
d'après ces fragments, entre les deux interprétations. (F.
Picavet). |